L1: à Angers, retour aux sources pour Boufal le dynamiteur

L’attaquant marocain d’Angers, Sofiane Boufal (d), lors du match de Ligue 1 à domicile face à Metz, le 18 octobre 2020
Par Fanny CARRIER / © 2020 AFP

C’est l’enfant du pays, grandi sous les couleurs du club et parti à la conquête du monde du foot… Cinq ans après, en manque d’affection, Sofiane Boufal est revenu, et Angers brûle de revoir ses coups de génie vendredi à Rennes en Ligue 1.

“Je préviens tout le monde, il n’est pas encore à son meilleur niveau”, avait déclaré Stéphane Moulin, l’entraîneur qui l’a vu grandir, avant ses nouveaux débuts avec Angers la semaine dernière contre Metz (1-1).

Victime de la concurrence et de ses prestations intermittentes à Southampton en Premier League, l’ailier international marocain n’avait joué que 4 minutes depuis le confinement. Aligné pendant une heure face à Metz, le dynamiteur de défense de 27 ans a été à l’origine du penalty transformé par Thomas Mangani (38e), mais il a perdu plus d’une vingtaine de ballons.

“En face, il avait des gars plus en cannes que lui”, a expliqué Moulin. Comme Ibrahim Amadou, ancien coéquipier à Lille avec lequel il était resté très lié et qui est arrivé comme lui en toute fin de mercato. “Ils doivent passer par là et on doit l’accepter. Ce n’est pas en ne les faisant pas jouer que ça va s’améliorer.”

“A cours de rythme”

“Physiquement, je suis à cours de rythme, c’est normal, mais les sensations vont revenir petit à petit, je ne m’en fais pas”, avait assuré Boufal lors de sa présentation à la presse peu après sont arrivée à Angers, saluée par des messages enthousiastes des supporters sur les réseaux sociaux. “Je me sens heureux ici. Et au football, la tête c’est très important”.

Laissé libre par Southampton à un an de la fin de son contrat, il s’est engagé pour 4 ans dans le club où il avait débuté en U11 avant de gravir tous les échelons jusqu’aux professionnels, alors en Ligue 2, et un transfert à Lille en janvier 2015 pour 3 millions d’euros, le plus lucratif de l’histoire du club à l’époque.

En 18 mois à Lille, il a laissé éclater son jeu de dribble et d’instinct, qui en ont fait le meilleur buteur et le meilleur passeur (11 buts et 5 passes décisives) du club lors de la saison 2015/16 et lui ont valu ses premières sélections avec le Maroc et un billet pour la Premier League à l’été 2016.

Mais malgré quelques faits d’armes, il n’a réussi à s’imposer réellement ni à Southampton, ni au Celta Vigo (1re div. espagnole), où il avait été prêté pour la saison 2018/19. “L’expérience à l’étranger, on n’y perd pas. Soit on gagne, soit on apprend. Ça ne s’est pas passé comme je l’aurais voulu mais les fautes sont les miennes aussi”, a-t-il déclaré.

“Je sais qu’on m’aime”

Ce retour, “je ne le prends pas comme une régression mais comme un ressourcement pour revenir encore plus fort”, a-t-il ajouté, assurant qu’il avait pour cela rejeté des offres plus lucratives ou de clubs disputant la Ligue des champions.

“Ici, je sais qu’on m’aime et c’est très important pour moi”, a-t-il expliqué. Certes, le club a évolué depuis son départ. Seuls trois de ses anciens coéquipiers sont encore dans l’effectif. Et surtout, Angers s’est installé dans l’élite.

Lui aussi a mûri pendant ces cinq années. “J’aurai toujours le même jeu mais je suis plus mature, j’ai plus d’expérience, j’ai joué dans trois pays différents, je parle plusieurs langues… Je viens pour apporter ma pierre à l’édifice. Pas en tant que héros pour changer quoi que ce soit”, assure-t-il.

Il est pourtant très attendu pour redonner des couleurs à l’animation offensive, au côté d’autres recrues comme Lois Diony et Jimmy Cabot, qui se sont tous deux montrés intéressants face à Metz.

“Il est devenu un homme (…) Il s’est forgé une expérience qui va lui servir et tirer le groupe vers le haut”, promet Moulin.