L1: à Angers, Angelo Fulgini, “plus libre”, régale et se régale en N.10

Le milieu d’Angers, Angelo Fulgini (g), lors du match de Ligue 1 à domicile face à Lyon, le 22 novembre 2020
Par Fanny CARRIER / © 2020 AFP

Angelo Fulgini, chef d’orchestre d’une équipe d’Angers en pleine progression, affiche détermination et réussite dans sa nouvelle position de N.10, où il explique à l’AFP se sentir “beaucoup plus libre”.

Formé et lancé à Valenciennes, le milieu offensif (24 ans) est arrivé à Angers en 2017 et s’impose désormais comme un rouage essentiel d’une équipe solidaire et bien décidée à poursuivre sur sa lancée vendredi à Saint-Etienne (21h00).

Q: Trois buts et deux passes décisives cette saison, c’est déjà mieux que toute la saison passée. Quel a été le déclic ?

R: “C’est mon placement. Avant on jouait avec deux milieux relayeurs et une sentinelle (Baptiste Santamaria, parti en septembre à Fribourg en Allemagne). Là on a changé, je suis au poste de N.10, je suis plus proche des attaquants et du but. Je me sens encore plus libre parce que je sais que derrière j’ai encore deux milieux récupérateurs. Cela me permet d’aller sur tous les fronts en attaque.”

Q: C’est aussi une question d’efficacité, pas seulement d’opportunité…

R: “L’année dernière, j’ai eu beaucoup d’occasions et je n’en ai mis qu’une ou deux. J’ai travaillé dessus, j’essaie de gagner en lucidité. Marquer un but, ce n’est pas facile. Il faut vraiment être tueur. C’est ce que je me dis depuis le début de saison. J’en ai déjà trois mais je sais que j’ai les capacités d’en mettre plus.”

Q: Vous avez subi 51 fautes cette saison, bien plus que n’importe quel joueur des cinq grands championnats européens…

R: “Cela fait partie de mon jeu. Je prends des risques. Les adversaires ont vu qu’à la récupération les autres essaient de me trouver directement pour lancer les contre-attaques donc ils essaient de les couper au plus vite. C’est surtout des fautes tactiques. A moi de faire attention ! Je n’ai pas un week-end où je reviens à la maison sans avoir une douleur quelque part.”

Q: Angers dit toujours jouer le maintien mais vous êtes à moins de trois points d’une place européenne et à 12 points du barragiste: dans quelle direction regardez-vous ?

R: “On regarde toujours devant, chaque week-end on veut gagner. On a pris beaucoup d’avance sur le 18e (barragiste), on sait que notre objectif c’est le maintien. Maintenant on ne va pas dire qu’on joue l’Europe, on prend match après match. Le championnat est un peu bizarre, très serré, à nous de rester concentrés sur nous et de ne pas commencer à nous voir trop beaux.”

Q: Qu’est-ce que l’équipe a de plus cette saison ?

R: “On a réussi à progresser dans notre jeu, on arrive à garder plus le ballon. Après il faut qu’on arrive à gagner en régularité pour essayer de passer un palier. Chaque fois on arrive à faire un bon match ou deux, et après on retombe dans des travers.”

Q: Vous sentez-vous aussi en train de franchir un palier, après avoir choisi de prolonger jusqu’en 2023 plutôt que de répondre aux sollicitations l’été dernier ?

R: “Je suis resté parce que c’est la saison qu’il me faut pour vraiment partir avec le sac rempli, si je dois partir. Il me manquait encore des choses à accomplir ici et je pense que cette année supplémentaire ne peut être que bénéfique pour la suite. Je suis un compétiteur, je veux jouer au plus haut niveau, en Coupe d’Europe. Après, pourquoi pas avec Angers, on ne sait jamais!”

Q: Cette saison, vous avez marqué contre Brest, Rennes et Lorient… Que des clubs bretons!

R: “C’est une coïncidence, je ne choisis pas mes matches. Je vais essayer de marquer ce weekend (à Saint-Etienne), au moins les Bretons ne pourront pas dire que je marque seulement contre eux”.

Propos recueillis par Fanny CARRIER