JO-2020: Pia Sundhage, référence du foot, s’offre un nouveau défi avec le Brésil

La sélectionneuse du Brésil, Pia Sundhage, avant un match amical contre l’Argentine, à Sao Paulo, le 29 août 2019
Par Rodrigo ALMONACID / © 2021 AFP

Son tour du monde du football a conduit Pia Sundhage au Brésil: la Suédoise, considérée comme l’une des meilleures entraîneures de l’histoire, a déjà deux titres olympiques à son palmarès et rêve d’en décrocher un troisième à Tokyo avec les Brésiliennes, dont la star Marta, au crépuscule de sa carrière.

À 61 ans, Sundhage participera à ses cinquièmes JO, les quatrièmes en tant qu’entraîneure, après avoir été attaquante de la Suède lors du premier tournoi olympique de football féminin, à Atlanta en 1996.

Après son fabuleux doublé avec les Américaines (2008, 2012), la Suédoise est montée une nouvelle fois sur le podium en 2016 à Rio, avec la Suède (2e).

A Tokyo, elle rêve d’ajouter une quatrième médaille à sa collection, même si elle sait que les Brésiliennes ne sont pas les plus cotées.

“Les favorites sont les Américaines, on parle aussi du Japon et d’équipes européennes comme les Pays-Bas ou la Suède. Mais on va tout faire pour arriver au moins en quarts de finale, et à partir de là, toutes les équipes ont une chance d’aller chercher l’or”, explique-t-elle à l’AFP.

Son bilan à la tête du Brésil lui donne des raisons d’espérer avant sa première grande compétition: en 18 matches sous sa direction, son équipe affiche un bilan de 11 victoires, cinq nuls et deux défaites.

Entraînements en anglais

Deux ans après avoir pris les rênes d’une Seleçao fraîchement éliminée par la France en huitièmes de finale du Mondial-2019, Sundhage profite pleinement de cette nouvelle expérience au pays où le football est roi.

“C’est vraiment fantastique. J’ai entraîné dans de nombreux pays, mais je me rends compte que le Brésil est vraiment une nation de football. Je sens qu’il y a beaucoup d’attentes”, confie-t-elle.

“On parle de finale, de médaille d’or, mais pour moi, c’est avant tout une aventure, je dois en profiter à fond”, insiste la Suédoise, élue entraîneure de l’année par la Fifa en 2012.

Et elle n’hésite pas à partager cette “aventure” avec les internautes, en publiant des vidéos décalées sur les réseaux sociaux.

Sur une de ces vidéos, devenue virale, on peut la voir, guitare à la main, chanter avec son fort accent “Anunciaçao”, chanson emblématique d’Alceu Valença, icône de la musique du nord-est brésilien.

Lors des entraînements, la Suédoise s’exprime en anglais et se sert des joueuses qui maîtrisent cette langue pour faire se comprendre.

Elle compte sur le talent de Marta, quintuple ballon d’or, qui rêve à 35 ans de remporter enfin le titre olympique, après les deux finales perdues de 2004 et 2008, la seconde contre les Américaines entraînées par… Pia Sundhage.

“Marta est une joueuse fantastique, mais elle a besoin d’une équipe”, tempère la Suédoise.

“Pia arrive à extraire ce qu’il y a de meilleur dans chacune d’entre nous”, a confié à TV Globo l’attaquante Bia Zaneratto, sélectionnée au détriment de Cristiane, 36 ans, pourtant meilleure buteuse de l’histoire du Brésil aux JO, avec 14 réalisations en quatre participations.

Pancarte contre le harcèlement

La sélectionneuse n’a pas voulu non plus se passer de l’expérience de Formiga qui, à 43 ans, rentrera dans l’histoire à Tokyo en disputant ses septièmes JO, elle qui a pris part à toutes les éditions du tournoi féminin olympique.

La préparation a été tronquée à cause de la pandémie de Covid-19 et Sundhage reconnaît que les Brésiliennes sont moins rodées que les Américaines ou les Suédoises.

“On a eu quelques rassemblements, on a essayé de faire au mieux”, explique-elle, tout en assurant comprendre la “préoccupation” des Japonnais à l’idée d’accueillir les JO en pleine pandémie.

La préparation a également été marquée par l’entrée des joueuses avec une pancarte contre le harcèlement sexuel avant un match amical, en juin.

Quelques jours plus tôt, le président de la Confédération brésilienne de football (CBF), Rogerio Caboclo, avait été accusé de harcèlement par une employée, avant d’être mis à pied à titre conservatoire.

Ce mouvement de protestation “aurait pris encore plus d’importance si des hommes avaient fait de même, il faut savoir dans quelle société on veut vivre”, conclut Sundhage.