JO-2020 – Foot: Paul Bernardoni, flamme olympique

Le gardien français Paul Bernardoni après avoir encaissé un but lors du match contre le Mexique, aux JO de Tokyo
Par Julie DEMARCY / © 2021 AFP

Il est allé chercher le ballon quatre fois au fond de ses filets lors de la défaite inaugurale des Bleus contre le Mexique (4-1), mais malgré ces débuts compliqués, le gardien Paul Bernardoni, féru de sport, est arrivé à Tokyo avec des souvenirs et des rêves de JO plein la tête.

“On savait que le Mexique était une grosse équipe, Dédé (Gignac) nous en avait beaucoup parlé. On a eu du mal et on s’est fait punir d’entrée”, a constaté le gardien de l’équipe de France olympique et d’Angers après la déroute contre les Mexicains jeudi.

La victoire est désormais impérative dimanche face aux Sud-Africains, deuxièmes adversaires des Français dans le groupe A, où figurent également les Japonais, qu’ils affronteront le 28 juillet.

“Il reste deux matches, si on veut passer il faut gagner les deux, c’est pas fini. Quand on est champion d’Europe U19 (en 2016), on perd le premier match. Faut vite passer à autre chose”, a expliqué Bernardoni, 24 ans, l’un des rares cadres d’un effectif sans vécu commun.

“Il ne faut surtout pas que ça entache la bonne humeur car c’est ça qui nous fera aller loin”, a-t-il estimé.

Il en faudrait plus pour entamer l’enthousiasme du gardien, sûrement celui qui a attendu le plus impatiemment ces Jeux parmi les Bleus.

“Les JO, c’est l’essence même du sport. Rien que de penser au village olympique, gamin, j’imaginais que c’était tellement génial. Y être, c’est vraiment top !”, confiait-il avant les Jeux.

“Froome, il court !”

Après la qualification pour les Jeux en 2019, il se projetait déjà à Tokyo en convoquant ses souvenirs d’enfant. “Moi, ça me parle. Rentrer dans le stade, la cérémonie d’ouverture… Quand j’étais petit, je regardais à la télé, c’est ce qui m’a donné envie de faire du sport”.

Deux ans plus tard, son rêve est devenu concret: “gamin, je suivais à fond le classement des médailles pour voir où on en était par rapport aux autres pays. Pouvoir contribuer à ça, c’est un sentiment unique, dingue”.

Alors que de nombreux joueurs n’ont pas été libérés par leurs clubs pour les Jeux, Bernardoni, lui, avait annoncé la couleur en signant à Angers en 2020. “C’était une des conditions. J’avais dit que je voulais aller aux JO”.

S’il dit avoir vibré devant les performances d’Usain Bolt, Yohann Diniz ou Teddy Riner, le cyclisme reste son sport de prédilection.

En 2016, dans un documentaire de L’Equipe Explore intitulé “Petits frères des Bleus”, consacré à l’épopée victorieuse des U19 à l’Euro, on le voit se passionner pour une étape mémorable du Tour de France au Mont Ventoux.

“Froome, il court ! Froome, il court !” s’écrie-t-il en regardant la course sur un téléphone portable lorsque le maillot jaune Chris Froome parcourt plusieurs centaines de mètres à pied, en attendant un nouveau vélo qui n’arrive pas.

Vintage

“Thomas Voekler, c’est lui qui m’a fait aimer le vélo”, explique Bernardoni, intarissable sur le sujet et qui envisage de suivre le Tour de France en camping-car après sa carrière.

Sa maturité, sa calvitie précoce et ses goûts musicaux vintage (il adore les tubes des années 80) font souvent oublier son jeune âge.

Il est le premier à s’en amuser, à l’image de ce tweet où il commente une photo du joueur allemand Henning Matriciani, 21 ans et un front déjà bien dégarni. “Je crois que j’ai de la concurrence, non ?”, écrit-il, hilare.

Actif sur les réseaux sociaux, il partage régulièrement des photos et vidéos avec ses coéquipiers d’Angers et de l’équipe olympique.

“Je reçois des messages du SCO (d’Angers) tous les jours. Ils veulent des photos, certains auraient rêvé d’être à ma place (aux Jeux). Je suis missionné pour un message, une photo !”, raconte-t-il, conscient de sa chance d’être aux Jeux.