Carlo Ancelotti, dĂ©mis de ses fonctions d’entraĂ®neur de Naples, Ă  la fin du match contre Genk en C1 Ă  San Paolo, le 10 dĂ©cembre 2019
Par Stanislas TOUCHOT / © 2019 AFP

Du maĂ®tre Ă  l’Ă©lève: Carlo Ancelotti, dĂ©mis mardi de ses fonctions d’entraĂ®neur de Naples, devrait passer le tĂ©moin Ă  Gennaro Gattuso, son ami et ancien joueur Ă  l’AC Milan, qui devra redonner un sens Ă  la saison d’un club Ă  l’identitĂ© dĂ©sormais assez floue.

. L’Ă©chec d’Ancelotti

Naples va donc passer en 18 mois du football lĂ©chĂ© de Maurizio Sarri Ă  une mission “sauve-qui-peut” incarnĂ©e par Gattuso, entraĂ®neur encore jeune et sans grandes rĂ©fĂ©rences.

Le constat est brutal mais il rĂ©vèle qu’Ancelotti a Ă©chouĂ©, pour la deuxième fois de suite après le Bayern Munich, ce qui ne lui ressemble pas. L’ancien coach du Real Madrid et du Paris SG pourra tout de mĂŞme rajouter une curiositĂ© sur son CV sans Ă©quivalent: virĂ© après une victoire 4-0 en Ligue des champions.

Juste après ce succès contre Genk et quelques heures avant le tweet glacial du Napoli qui a validĂ© son dĂ©part, Ancelotti avait prĂ©venu qu’il ne dĂ©missionnerait jamais. La victoire n’a finalement rien changĂ© et le prĂ©sident du club Aurelio De Laurentiis a actĂ© la rupture entre son coach et l’effectif.

Car Naples est en crise et le bilan d’Ancelotti n’est pas bon. Avant Genk, le club restait sur neuf matches d’affilĂ©e sans victoire et une première pĂ©riode embarrassante de faiblesse samedi chez l’Udinese (1-1), qui a sans doute scellĂ© le sort de “Carletto”.

Ancelotti avait pris la suite de Sarri avec l’objectif de faire, enfin, gagner le Napoli. Naples a jouĂ© moins bien qu’avec Sarri, c’Ă©tait prĂ©vu. Mais il a aussi obtenu de moins bons rĂ©sultats avec une deuxième place sans passion la saison dernière, loin de la Juventus, et le nĂ©ant de cette annĂ©e, sanctionnĂ© par une navrante 7e position, Ă  huit points du Top 4, après 15 journĂ©es.

Naples et Ancelotti n’ont trouvĂ© un peu de lumière cette saison qu’en Ligue des champions, avec un impeccable 2-0 contre Liverpool et une qualification maĂ®trisĂ©e. L’Italien n’a donc pas totalement perdu la main et les mĂ©dias locaux lui imaginent un avenir Ă  Arsenal.

. La chance de Gattuso

Parti de Milan en fin de saison dernière sans avoir pu qualifier son club pour la C1, Gattuso, qui devrait selon les médias italiens diriger son premier entraînement dès cet après-midi, va donc retrouver la compétition reine en 8e de finale, avec Naples.

L’ancien milieu de terrain international attendait une belle proposition mais regrettera peut-ĂŞtre qu’elle soit venue de l’Ă©chec d’Ancelotti, son ancien coach au Milan, devenu un ami proche.

“Maintenant que je te vois sur le banc du Milan, Ă  t’agiter comme un fou, Ă  hurler, Ă  pousser tes joueurs, je me dis que tu es la bonne personne au bon endroit”, Ă©crivait Ancelotti dans une lettre publiĂ©e par la Gazzetta dello Sport en janvier 2018, pour les 40 ans de Gattuso.

“Il y a besoin de ta passion, de ton caractère, de ton esprit de sacrifice, pour surmonter les obstacles”, Ă©crivait encore Ancelotti, des mots qui restent valables deux ans plus tard.

Car “Rino” va devoir donner une vraie secousse au Napoli. Son bilan milanais avait Ă©tĂ© sur le moment jugĂ© dĂ©cevant. Il doit ĂŞtre revu Ă  la lumière de ce qui a suivi et qui a Ă©tĂ© pire, Marco Giampaolo Ă©tant remerciĂ© après sept journĂ©es.

. Les responsabilités de Naples

L’Ă©chec d’Ancelotti est aussi celui du prĂ©sident De Laurentiis, qui a laissĂ© la situation s’envenimer après la “mutinerie” des joueurs contre la mise au vert dĂ©crĂ©tĂ©e dĂ©but novembre.

Sa dĂ©cision d’infliger Ă  l’effectif de lourdes retenues sur salaires n’a pas allĂ©gĂ© l’ambiance et sa façon de faire avec Ancelottiun tweet de trois lignes Ă  minuit après une victoirea fait parler en Italie.

Plus gĂ©nĂ©ralement, son club est Ă  un carrefour. La Juventus joue dans une autre division, l’Inter Milan est boostĂ©e Ă©conomiquement par ses propriĂ©taires chinois et l’AS Rome, voire l’AC Milan, semblent plus modernes et attractifs pour des joueurs de valeur que Naples et ses installations d’une autre Ă©poque.

Avec Sarri puis Ancelotti et deux 2e places en championnat, Naples semblait solidement installĂ©. Il a suffi d’un mois pour que sa fragilitĂ© soit exposĂ©e.