Italie: Mourinho pas à Rome “en vacances” mais pour “construire sur la durée”

L’entraîneur portugais Jose Mourinho salue d’une voiture après sa présentation à l’AS Rome, à Rome, le 8 juillet 2021
/ © 2021 AFP

Personne n’en doutait au vu du palmarès et de la légendaire exigence de José Mourinho: l’entraîneur portugais a assuré jeudi qu’il ne débarquait pas dans la Ville éternelle pour faire du tourisme mais pour ramener la Roma vers les sommets, sur la “durée”.

Parti d’Italie sur un triplé historique en 2010 avec l’Inter Milan (championnat, Ligue des champions, Coupe d’Italie), le revenant était très attendu. Après les tifosi, qui l’ont accueilli comme une “rock star” vendredi dernier, il a fait salle pleine lors d’une conférence de presse de présentation en grande pompe au Capitole, au coeur de Rome.

Au-delà de ses premières paroles, où il s’est bien gardé de trop en dire sur la façon dont il compte ramener la Roma au premier plan, et avec quels joueurs, Mourinho a surtout affiché sa détermination par son attitude.

Dès la première question, il se lève et va retirer lui-même des bâches plastique posées sur les fenêtres, censées faire de l’ombre qui font surtout trop de bruit en battant dans le vent. Et à la fin, avant même la dernière question au terme d’une mi-temps (45 minutes) de questions-réponses, il se lève en disant qu’il est temps pour lui de partir diriger son premier entraînement.

“Pas toujours un plaisir”

Le message est clair: après quelques jours de quarantaine (obligatoire en Italie pour qui arrive du Royaume Uni), Mourinho veut mettre en pratique ses idées pour dessiner “sa” Roma, avec des joueurs qui doivent être “heureux”.

Sans se fixer d’objectif: “Le mot +temps+ parfois n’existe pas dans le foot, mais ici il existe, et c’est un mot fondamental”.

“Vous parlez de titres, et nous de temps, de projet, de travail. Les titres, ce sont des mots, des promesses faciles. Les titres arriveront. Mais le club ne veut pas de succès isolés, il veut arriver quelque part et y rester”, lance l’entraîneur portugais, polo blanc et veste sombre, avec un petit bracelet jaune et rouge aux couleurs de Roma au poignet.

Son projet dans un club sevré de titre depuis 2008 et seulement 7e l’an dernier en championnat est de “construire” un club “durable”. Pas question de “gagner et puis après de ne pas avoir l’argent pour payer les salaires”, assure-t-il, en pensant à son ex-club, l’Inter, champion d’Italie en grande difficulté financière.

“Il y a un grand travail à mener en interne, et ce ne sera pas forcément toujours un plaisir de travailler avec moi (…). Il y a quelques principes fondamentaux, non négociables. Tout ce qui n’est pas à 100%, ça ne va pas”, dit-il encore.

Oeil sur le mercato

“C’est le premier pas vers un changement de mentalité”, se réjouit à ses côtés le directeur général Tiago Pinto, qui en profite pour rassurer son compatrioteet les tifosisur le mercato: “Il y aura une équipe digne de Mourinho”.

L’entraîneur avait espéré, il y a quelques jours, recevoir quelques “cadeaux” lors du mercato.

Après la grave blessure de l’international italien Leonardo Spinazzola lors de l’Euro, qui devrait le tenir éloigné des terrains jusqu’en 2022, “Mou” en a déjà identifié un: “Désolé directeur, mais nous avons besoin d’un latéral gauche”.

Le Portugais, âgé de 58 ans, s’est engagé début mai pour trois ans, juste après avoir été évincé de Tottenham. L’occasion d’une petite mise au point adressée à ceux qui le voient un peu sur le déclin: “A Manchester United, j’ai gagné trois titres. Une finale de Coupe avec Tottenham (il a été évincé juste avant, ndlr). Ce qui est un désastre pour moi, certains ne l’ont jamais fait…”

A la Roma, il en est certain, dans trois ans, les supporters auront “quelque chose” à “célébrer”.