Italie: la Serie A entre suspense et incidents racistes

Cristiano Ronaldo, les bras croisés, après la défaite de la Juve face à la Lazio en finale de la Supercoupe Italienne à Riyad capitale de l’Arabie saoudite le 22 décembre 2019.
Par Stanislas TOUCHOT / © 2019 AFP

Marquée en dehors des terrains par une cascade d’incidents à caractère raciste, la première moitié de saison en Serie A a aussi été celle d’un duel superbe entre l’Inter Milan et la Juventus, poursuivis par des outsiders de valeur.

LES TOPS

. La Juve n’est plus seule

En huit saisons de domination sans partage, la Juventus a croisé des rivaux dangereux, l’AS Rome de Rudi Garcia ou le Naples de Maurizio Sarri. Mais aucun n’avait semblé aussi redoutable que l’Inter d’Antonio Conte.

Après 17 journées et à l’heure de prendre une pause, les deux équipes comptent chacune 42 points. Si elle semble un peu moins richement armée, l’Inter est devant à la différence de buts et sera déchargée de la Ligue des champions à la reprise.

Avec d’un côté l’impitoyable duo Lautaro-Lukaku (20 buts à eux deux) et de l’autre Cristiano Ronaldo revenu au sommet, à l’image de son coup de tête en haute altitude mercredi contre la Sampdoria, le spectacle a été au rendez-vous. La suite est prévue à partir du 6 janvier.

. De beaux poursuivants

Derrière les deux leaders, le championnat a été animé par d’excellents candidats aux places européennes, voire un peu plus.

Troisième avec un match en moins, la Lazio Rome n’est ainsi qu’à six longueurs de l’Inter et de la Juve. Portée par Ciro Immobile, déchaîné (17 buts en 16 matches), et par les talentueux Luis Alberto et Milinkovic Savic, l’équipe de la capitale a séduit.

Sa voisine, l’AS Rome, s’est de son côté joliment reconstruite sous les ordres du Portugais Paulo Fonseca. Solide 4e, le club giallorosso s’est trouvé de nouveaux leaders, Chris Smalling derrière et Lorenzo Pellegrini au milieu, pour accompagner le buteur Edin Dzeko.

L’Atalanta Bergame (5e) est de loin la meilleure attaque du championnat, mais la plus belle surprise a été Cagliari. Radja Nainggolan est redevenu un grand joueur en Sardaigne et malgré un petit coup de mou en décembre, l’équipe de Rolando Maran occupe une belle 6e place.

. Le courage de Mihajlovic

L’entraîneur serbe de Bologne a annoncé en juillet souffrir d’une leucémie. Depuis, il a subi trois cycles de chimiothérapie et une greffe de moelle osseuse.

Mais même hospitalisé, il n’a jamais lâché son équipe (8e), suivant les entraînements à distance et organisant des vidéos-conférence depuis sa chambre stérile.

Quand il a été autorisé à sortir de l’hôpital, Sinisa Mihajlovic a pu diriger quelques séances. Amaigri et une casquette sur la tête, il a même guidé ses troupes lors de cinq matches.

LES FLOPS

. Les cas de racisme

Le premier visé a été Romelu Lukaku, cible de cris de singe à Cagliari. Puis la liste s’est allongée: Juan Jesus, Mario Balotelli, Dalbert…

Même si les choses commencent à bouger, le calcio reste lourdement marqué par des incidents racistes. Qui ne sont pas le fait des seuls supporters puisque des dirigeants comme le président de la Lazio Claudio Lotito ou celui de Brescia Massimo Cellino se sont aussi signalés par des déclarations polémiques.

Les instances ne sont pas en reste. Les débordements ne sont quasiment jamais sanctionnés, ou à peine, et la Ligue a fait scandale en proposant un tableau figurant trois singes pour illustrer une campagne de lutte contre le racisme.

. Ancelotti, triste Napoli

Que restera-t-il du passage de Carlo Ancelotti à Naples ? Une 2e place sans frisson la saison dernière et une qualification cette saison pour les 8e de finale de la Ligue des Champions.

C’est trop peu pour un technicien de ce calibre. Démis de ses fonctions et remplacé par Gennaro Gattuso avant de rebondir à Everton, Ancelotti a laissé Naples à la 7e place et avec une qualité de jeu désolante. La plus grosse déception de la saison italienne, sans aucun doute.

. Ribéry-Balotelli, stars à mi-temps

Ni l’un ni l’autre ne sont à proprement parler des flops, et Franck Ribéry a même illuminé de son talent la toute première partie du championnat.

Mais le Français et Balotelli n’ont pas suffi pour tirer leurs équipes vers le haut. Ribéry s’est blessé et la Fiorentina a plongé, jusqu’à la 15e place.

Quant à Balotelli, malgré quatre buts et une montée en puissance cet hiver, il n’a pas assez pesé et Brescia est relégable (18e).