Italie: la Juventus joue son standing, Cristiano Ronaldo son avenir

L’attaquant portugais de la Juventus, Cristiano Ronaldo, brandit le trophée de la Coupe d’Italie remportée par son club face à l’Atalanta Bergame, à à Reggio d’Emilie, le 19 mai 2021
/ © 2021 AFP

Personne n’imagine la Juventus sans la Ligue des champions, et encore moins Cristiano Ronaldo et son salaire hors normes en Ligue Europa. Les Bianconeri et leur star n’ont plus que 90 minutes, dimanche soir, pour tenter d’échapper à l’accident industriel.

“Fino alla fine” (“Jusqu’au bout”): rarement la devise de la Juventus, avec laquelle Cristiano Ronaldo conclut tous ses messages sur Instagram, aura été autant d’actualité.

Pour décrocher in extremis un billet en C1, la Juventus doit gagner à Bologne (11e) dimanche lors de la dernière journée de Serie A. Tout autre résultat serait synonyme de 5e place et donc de prochaine saison sans Ligue des champions, une première depuis 2012.

Mais cela ne suffira pas: Ronaldo, Chiellini and co doivent aussi espérer un faux pas de Milan (3e) ou Naples (4e), contre la redoutable Atalanta (2e) pour les Rossoneri, ou contre l’Hellas Vérone pour les “Partenopei”.

Au-delà de la déchéance sportive, après neuf titres de champions consécutifs, manquer le rendez-vous de la Ligue des champions remettrait sérieusement en question le modèle économique de la “Vieille dame”.

Pour un club comme la Juventus, lancé dans une expansion globale depuis 2010 par Andrea Agnelli, les revenus de la C1 (80 millions d’euros par saison en moyenne) sont une donnée de base pour établir le budget. Cette perte ne serait que modestement compensée par la Ligue Europa.

Voitures de luxe

Se poserait d’abord la question du faramineux salaire de Cristiano Ronaldo: 31 millions d’euros nets par saison, qui pèsent pour environ 60 millions d’euros sur les finances du club.

Un salaire inimaginable sans la C1. Car CR7 a été recruté en 2018 d’abord pour cela: aider la Juve à franchir le cap en C1, après les finales perdues de 2015 et 2017. Une compétition dont il est meilleur buteur historique (134) et le deuxième joueur comptant le plus de matches (176), à une longueur du recordman Iker Casillas (177).

L’hypothèse d’un départ redeviendrait donc brûlante dès dimanche soir si la Juve rate la marche.

Le déménagement de certaines de ses voitures de luxe a d’ailleurs déjà alimenté de nouvelles rumeurs en début de semaine, même si la presse italienne a rappelé que ce genre de mouvements devant le garage de la star n’étaient pas rares avant les vacances.

Restera quand même à trouver un club capable de s’aligner sur le salaire du joueur de 36 ans.

Un retour au Real Madrid (2009-18) a été évoqué mais le président Florentino Perez ne semble pas très chaud à l’idée de rouvrir la porte de la “Maison blanche” à la star partie il y a trois ans.

“Personnage planétaire”

La piste menant au Paris SG s’est elle refroidie depuis la prolongation jusqu’en 2025 de la star maison Neymar. Son autre ex-club, Manchester United (2003-09), est également régulièrement cité comme destination possible.

La mère de Cristiano Ronaldo a elle fait part de son rêve de voir son fils revenir à son club d’origine, le Sporting Portugal, mais cela semble prématuré pour la star, qui n’a jamais renoncé à rejoindre Lionel Messi et ses six Ballons d’or.

CR7, d’autre part, bénéficie en Italie de conditions fiscales sur mesure qu’il ne retrouvera probablement pas ailleurs, rappelait récemment la Gazzetta dello Sport en faisant le pari que le Portugais, sous contrat jusqu’en 2022, ne quitterait pas Turin.

“Je le vois toujours sous le maillot bianconero et concentré”, a assuré samedi l’entraîneur du club Andrea Pirlo. “Il l’a encore prouvé l’autre jour en se sacrifiant pour gagner la Coupe d’Italie.”

“Il est concentré pour demain (dimanche), ensuite on aura le temps de discuter du reste”, a-t-il ajouté.

Les dirigeants de la Juve, eux, assurent aussi depuis des mois que Ronaldo ne partira pas, en rappelant l’importance du joueur, non seulement sur le terrain (il vient de passer les 100 buts avec la Juve), mais aussi dans la stratégie commerciale globale.

“Ronaldo, c’est un discours à part, qui s’applique à quelques sportifs, des personnages planétaires, qui sont au-delà d’une logique du sport”, soulignait en avril le directeur sportif Fabio Paratici.

Un joueur, qui, avant de réfléchir à la suite, a encore un défi à relever dimanche: devenir le premier joueur à finir meilleur buteur dans trois championnats majeurs (Angleterre, Espagne, Italie). Même si, une fois n’est pas coutume, c’est bien le classement de son équipe qu’il regardera d’abord.