Italie: la Juve, revancharde, à l’assaut d’une Inter fragilisée

L’attaquant portugais de la Juventus Turin Cristiano Ronaldo (g) félicité par l’attaquant argentin Paulo Dybala, après son but marqué contre Udinese, lors de leur match de Serie A, le 3 janvier 2021 à Turin
/ © 2021 AFP

L’Inter Milan entame samedi la défense de son scudetto dans la peau d’un champion fragilisé, contraint de se réinventer sans Antonio Conte ni Romelu Lukaku pour espérer résister à la soif de revanche de la Juventus Turin.

Pour la réouverture des stades italiens au public (dans une jauge limitée pour l’instant à 50%), les Nerazzurri peuvent s’attendre à retrouver des tifosi inquiets, voire frondeurs, samedi à San Siro contre le Genoa, lors de la 1re journée de la saison 2021/22.

La joie suscitée par le 19e scudetto intériste en mai n’a pas duré bien longtemps.

Quelques jours après la fin du championnat, Antonio Conte a officialisé son départ. Grand artisan du retour au premier plan des Nerazzurri, l’exigeant entraîneur a estimé qu’il n’avait plus les moyens de faire grandir cette Inter face aux restrictions budgétaires imposées par le propriétaire, le groupe chinois Suning.

Côté joueurs, ce n’est certes pas l’hémorragie redoutée, mais l’Inter a perdu du lourd avec son attaquant vedette Romelu Lukaku, retourné à Chelsea, et son détonateur Achraf Hakimi, parti au Paris SG.

A ces deux départs s’ajoute l’absence d’un autre titulaire de l’équipe du titre, le Danois Christian Eriksen, dont l’avenir s’écrit en pointillés après son malaise cardiaque lors de l’Euro.

La tâche s’annonce donc immense pour le nouvel entraîneur Simone Inzaghi. Il s’appuiera sur l’ossature de la saison dernière (Lautaro Martinez, Barella, Brozovic, Skriniar, De Vrij) et sur quelques renforts bienvenus (Dzeko, Dumfries, Calhanoglu).

“Allegri sait comment gagner”

La Juventus, attendue dimanche sur la pelouse de l’Udinese, a conservé une équipe quasiment inchangée, dont le carburant principal sera son envie d’effacer une saison 2020-21 conclue à une 4e place aux allures d’échec, après les neuf titres précédents (2012-2020).

Le président Andrea Agnelli a soldé l’expérimentation Pirlo et il est revenu aux fondamentaux avec le retour sur le banc du pragmatique Massimiliano Allegri: son premier passage à Turin s’était accompagné de cinq titres de champion et quatre coupes d’Italie en cinq saisons (2014-2019).

La recette ne devrait pas beaucoup changer: on attend une Juve solide autour de ses champions d’Europe Bonucci et Chiellini, et reposant en attaque sur la qualité technique de ses individualités. De Cristiano Ronaldoencore à Turin malgré des rumeurs de transfert toujours vivacesà Paulo Dybala en passant par Alvaro Morata et Federico Chiesa.

Pour l’ex-entraîneur Arrigo Sacchi, la Juve est favorite: “Allegri sait comment gagner. La Juve n’a pas toujours été convaincante mais en Italie c’est surtout le résultat qui compte, et Allegri sait comment l’obtenir”, a-t-il assuré dans la Gazzetta dello Sport.

Mais d’autres espèrent bien se mêler à la lutte et perturber la reconquête annoncée de la “Vieille dame”: l’AC Milan, 2e la saison dernière, mais aussi la Roma, en quête de renouveau avec José Mourinho, l’Atalanta Bergame, Naples, voire la Lazio.

S’ils semblent un peu en retrait des Bianconeri et des Nerazzurri en termes d’expérience et d’effectif, tous sont candidats au Top 4.

“Effet Mou” à la Roma?

Comme l’Atalanta, avec l’inamovible Gian Piero Gasperini, le Milan d’Olivier Giroud et Mike Maignanles deux recrues françaises chargées de faire oublier les départs de Hakan Calhanoglu et Gianluigi Donnarummaa misé sur la continuité sur le banc avec Stefano Pioli. Les huit autres membres du Top 10 ont eux renouvelé leur banc.

A la Roma, on compte principalement sur un “effet Mou”, car le retour du coach portugais en Serie A est très attendu, onze ans après avoir emmené l’Inter à un triplé historique (championnat-Ligue des champions-Coupe d’Italie).

La Lazio et Naples, autres grands déçus de la saison dernière, ont aussi changé de technicien pour espérer retrouver la lumière, avec l’adepte du beau jeu Maurizio Sarri pour les “Laziali” et l’expérimenté Luciano Spalletti pour les “Partenopei”.

A Rome comme à Naples, on espère ainsi ramener le sourire sur les visages des tifosi dont l’absence s’est fait particulièrement sentir depuis 18 mois dans les travées de l’Olimpico comme du stade Diego-Maradona.

Le stade de Naples va accueillir dimanche soir, contre le promu Venise, son premier match avec du public depuis qu’il a été rebaptisé en l’honneur de la légende argentine, disparue en novembre. Ce retour du public va ramener un peu de couleurs à la Serie A et surtout des revenus bienvenus pour des clubs financièrement secoués par plus d’un an de compétitions à huis clos.