Italie: Gattuso sur un volcan avant Naples-Juventus

L’entraîneur italien de Naples, Gennaro Gattuso, lors du match de Serie A face à l’Atalanta, à Bergame, le 10 février 2021
Par Anthony LUCAS / © 2021 AFP

Gennaro Gattuso sous forte pression: avec le soutien de ses joueurs à défaut d’un appui très démonstratif de ses dirigeants, l’entraîneur de Naples joue gros samedi (18h00) contre la Juventus Turin d’Andrea Pirlo, un ami dont il a tout intérêt à se méfier.

“Il a pris plus de baffes de ma part que de la part de son père”, s’amusait il y a quelques semaines Gattuso au sujet de Pirlo, comparant le duo qu’ils ont formé sous le maillot de l’AC Milan et de l’équipe d’Italie aux inséparables du cinéma italien Bud Spencer et Terence Hill.

Mais lors de la Supercoupe d’Italie, le 20 janvier, c’est Gattuso qui a dû encaisser le coup après une défaite amère (0-2) ayant plombé l’ambiance au Napoli.

Les nuages s’amoncellent depuis le début de l’année autour du Vésuve. A la Supercoupe perdue se sont ajoutées l’élimination en demi-finale de la Coupe d’Italie contre l’Atalanta Bergame (0-0, 1-3) et deux défaites gênantes en championnat, contre La Spezia (1-2) début janvier, et le Genoa (1-2) le week-end dernier, sans compter un autre faux-pas contre l’Hellas Vérone (1-3).

Naples a déjà perdu sept fois en vingt matches de championnat, ce qui fait beaucoup pour une équipe dont l’objectif prioritaire est l’une des quatre premières places qualificatives pour la Ligue des champions, objectif manqué la saison dernière (7e).

“Pleine confiance”

Tout reste évidemment encore jouable pour ce Napoli, actuellement 6e à seulement trois points de la quatrième place (avec un match de moins). Mais la dynamique actuelle inquiète avant de rencontrer coup sur coup la Juve samedi puis l’Atalanta le 21 février, deux concurrents directs.

S’il n’a pas été aidé par un calendrier démentiel (treizième match samedi en 42 jours) et l’absence de joueurs-clé (Osimhen, qui vient de reprendre, mais aussi Mertens, Koulibaly, Manolas, Ghoulam…), Gattuso est en première ligne.

En janvier, après la défaite contre Vérone, les noms de successeurs éventuels, dont Rafael Benitez, ont circulé. Et il a fallu attendre quelques jours avant que le président Aurelio De Laurentiis ne renouvelle sa “pleine confiance” à Gattuso, le 27 janvier dans un communiqué.

Pas suffisant néanmoins pour ramener la sérénité, Gattuso étant apparu très agacé juste après: il s’était dit las d’être “massacré” et de “prendre des claques tous les jours” malgré un bon classement, visant la presse mais aussi, semble-t-il, ses dirigeants.

“Capitaine du bateau”

Deux défaites et une élimination plus tard, la tension n’est évidemment pas redescendue autour de celui qui avait succédé en décembre 2019 à Carlo Ancelotti.

Et c’est désormais avec un certain fatalisme que Gattuso, 43 ans et déjà une demi-douzaine de clubs comme entraîneur au compteur, accueille les questions de la presse italienne sur son avenir, notamment en cas de revers contre la Juve.

“Je ne sais pas, demandez au club. Je suis le capitaine du bateau, et quand les choses vont mal, c’est normal, c’est le capitaine qu’on débarque”, a répondu mercredi l’entraîneur après la défaite à Bergame en Coupe d’Italie.

“Je ne me dis pas que c’est la dernière étape, ou l’avant-dernière, je dois travailler. Je suis entraîneur, ça peut se comprendre, je ne serai ni le premier, ni le dernier, mais j’ai le devoir d’essayer jusqu’au bout”, a-t-il ajouté.

A défaut d’un soutien très appuyé de son président, avec qui la communication semble réduite au strict minimum, Gattuso a toutefois pu compter cette semaine sur celui du directeur sportif Cristiano Giuntoli: “le club et les joueurs sont tous avec l’entraîneur (…) A la fin de l’année, on tirera des conclusions” de la saison, a-t-il assuré.

Gattuso aura bien compris le message qui, traduit en langage de Bud Spencer ou Terence Hill, ressemble fortement à un “quand faut y aller, faut y aller!”