Italie: Conte et l’Inter, l’histoire continue

L’entraîneur de l’Inter Milan, Antonio Conte, passe devant le trophée de la Ligue Europa après la défaite de son équipe en finale face à Séville, à Cologne, le 21 août 2020
/ © 2020 AFP

Antonio Conte à l’Inter Milan, c’est reparti: au terme d’une saison sportivement réussie mais ponctuée de tensions récurrentes avec ses dirigeants, l’entraîneur star au caractère volcanique, donné sur le départ, reste finalement chez les Nerazzurri.

Il suffisait simplement de s’asseoir à une table. Mardi, au sortir d’une “réunion constructive axée sur la continuité et la stratégie”, la direction de l’Inter et son entraîneur se sont mis d’accord pour continuer l’aventure.

“Les deux parties ont posé les bases pour continuer à travailler ensemble”, a déclaré l’Inter, 2e de la dernière saison en Italie. Une décision qui évite quelque gymnastique financière sur la séparation, l’ex-sélectionneur italien, sous contrat jusqu’en 2022, percevant un salaire hors norme en Italie, estimé à quelque 11 millions d’euros par saison.

Le club milanais n’imite donc pas la Juventus, qui l’a dépassé d’un petit point en haut du classement de Serie A mais a changé d’entraîneur en nommant Andrea Pirlo à la place de Maurizio Sarri.

C’est un revirement. Car Antonio Conte, 51 ans, avait prévenu vendredi dernier, après la finale de Ligue Europa perdue face à Séville (2-3), qu’il refuserait de vivre “une autre année comme ça”. “Si on peut améliorer les choses, on le fera, sinon on verra”, avait-il ajouté.

“Avec ou sans moi”

Apparu amer, il semblait alors avoir pris sa décision, évoquant “l’avenir de l’Inter avec ou sans” lui, au terme d’une saison réussie mais mouchetée de brouilles à répétition avec ses dirigeants.

Début août, après l’ultime match de championnat à Bergame, l’ancien entraîneur de Chelsea et de la Juve, connu pour son franc-parler et ses coups de sang, avait frontalement attaqué ses dirigeants: il les avait accusés de n’avoir “jamais protégé” ni lui ni les joueurs, quand ils étaient critiqués et recevaient “des paquets de merde”.

Tout en promettant, agacé, des “discussions avec le président, mais il est en Chine”.

Pendant la saison, il avait déjà critiqué ouvertement certains choix de ses dirigeants sur le recrutement, notamment début novembre après une défaite cruelle à Dortmund (2-3), qui a plombé son parcours en Ligue des champions.

Le parcours réussi en C3 cet été et le retour en Europe du jeune président chinois Steven Zhang (28 ans) pour assister aux deux derniers matches européens en Allemagne ont sans doute été le premier pas vers l’apaisement général. Malgré la finale perdue, le président avait même salué le “beau travail” de Conte et qualifié le bilan de la saison de “très positif”.

L’administrateur délégué Giuseppe Marotta, dont les relations avec Conte sont loin d’être au beau fixe selon la presse italienne, avait aussi assuré il y a une semaine (17 août) que “tout était oublié” des déclarations brûlantes de l’entraîneur.

Malgré les dissensions, Conte a réussi à bâtir une équipe compétitive et à l’âme retrouvée en fin de saison, alliant la puissance (Romelo LukakuLautaro Martinez en attaque), la jeunesse (Alessandro Bastoni, Nicolò Barella) et l’expérience (Diego Godin, Samir Handanovic, Ashley Young). Un effectif sur lequel il pourra continuer à bâtir.