Injures racistes en ligne après la défaite anglaise à l’Euro: 11 arrestations au Royaume-Uni

Le sélectionneur anglais Gareth Southgate tente de consoler son joueur Bukayo Saka qui vient de manquer son tir au but contre l’Italie en finale de l’Euro, le 11 juillet 2021 au stade de Wembley à Londres
/ © 2021 AFP

Onze personnes ont été arrêtées par les forces de l’ordre, accusées d’avoir contribué au torrent d’injures racistes sur les réseaux sociaux à l’encontre de joueurs noirs de l’équipe d’Angleterre après la finale perdue de l’Euro de football le 11 juillet, a annoncé jeudi la police britannique.

Dans son enquête, la police a identifié 207 messages comme étant pénalement répréhensibles, dont 123 proviennent de comptes en dehors du Royaume-Uni.

Pour l’heure, 34 comptes basés au Royaume-Uni ont été identifiés et 11 personnes ont été arrêtées, selon un communiqué de la police.

“Certains croient qu’ils peuvent se cacher derrière un profil sur les réseaux sociaux et s’en tirer en publiant des propos aussi odieux”, a déclaré dans un communiqué l’un des responsables de la police chargé de cette affaire, Mark Roberts. “Ils doivent bien y réfléchir, nous avons des enquêteurs qui mènent les investigations de manière proactive pour débusquer les propos injurieux en lien avec le match et, s’ils relèvent de la loi pénale, ceux qui les ont postés seront arrêtés”, a-t-il averti.

Après la défaite de l’équipe d’Angleterre face à l’Italie, les joueurs Jadon Sancho, Bukayo Saka et Marcus Rashford avaient été la cible d’une avalanche d’attaques racistes sur les réseaux sociaux, unanimement condamnée, du gouvernement aux instances sportives.

Entrés en fin de rencontre dimanche à Wembley, les trois joueurs avaient raté leur tir au but, scellant la défaite de l’Angleterre face à l’Italie (1-1 a.p., 3-2 t.a.b.) et brisant ainsi le rêve de tout un pays qui espérait décrocher un deuxième titre majeur, 55 ans après son succès à domicile durant la Coupe du monde 1966.

Ces attaques, ainsi que les incidents au stade de Wembley ou des spectateurs sans billets avaient réussi à entrer, avaient réveillé les vieux démons du foot anglais.

Le Premier ministre Boris Johnson avait annoncé qu’il voulait que les auteurs d’attaques racistes en ligne contre des joueurs soient interdits de stade.

Ses détracteurs l’avaient accusé d’hypocrisie, mettant en avant le fait qu’il n’avait pas soutenu les joueurs sifflés par le public anglais lorsqu’ils mettaient un genou à terre contre le racisme avant les matches.