Incidents à l’OM: les responsables des supporters réfutent avoir attisé les violences

Le chef du groupe des “Ultras” marseillais Christophe Bourguignon (au centre) et Rachid Zeroual (béquilles) des “South winners” avant leur procès à Marseille, le 22 mars 2021
Par Estelle EMONET / © 2021 AFP

“J’essaye d’en faire un groupe de supporters, pas un gang”, s’est défendu Rachid Zeroual, poursuivi lundi avec cinq autres “cadres” d’associations de supporters de l’Olympique de Marseille pour leur responsabilité présumée dans les incidents survenus fin janvier au centre d’entraînement du club.

Jugés pour “participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences” les six prévenus, responsables de clubs de supporters ou encore “capo” chargé de mettre l’ambiance dans les stades, avaient pris soin d’éviter tout signe visible de soutien au club bleu azur de la cité phocéenne en revêtant jeans et sweat-shirts.

Trois d’entre eux étaient également poursuivis pour des dégradations et des “violences avec usage ou menace d’une arme”.

A la barre, Rachid Zeroual, leader des South Winners, déjà condamné pour des “violences aggravées en réunion”, a nié avoir attisé la colère des supporters expliquant au contraire avoir “insisté” lors d’une réunion “pour que ça se passe pacifiquement”.

“Je me suis senti trahi”, a expliqué le quinquagénaire qui se déplace avec des béquilles, reconnaissant auprès de la présidente du tribunal Nathalie Marty que le “rôle d’un président est de montrer l’exemple”.

Le leader des South Winners évoque “l’effet Covid” et l’interdiction des supporters dans les stades pour raison sanitaire comme explication aux violences et fustige “la fermeture des grilles” du centre d’entraînement.

“Tout a été organisé pour que ça déborde”, dénonce M. Zeroual, assurant que les responsables du club étaient au courant de leur venue

ce qu’a confirmé l’avocat de l’OM.

Le 30 janvier, quelque 300 supporters, échauffés par une succession de résultats sportifs décevants, s’étaient massés devant les grilles du centre d’entraînement de La Commanderie pour notamment demander le départ du président du club de l’époque, Jacques-Henri Eyraud, évincé depuis.

“J’ai fait l’idiot”

Des pétards, feux d’artifice et fumigènes avaient été lancés dans l’enceinte et une partie des supporters avaient pénétré dans le centre jusqu’aux vestiaires. Des vitres avaient été brisées et des voitures avaient également été dégradées, a rappelé la présidente Nathalie Marty.

Le coût des dégradations a été estimé par le club à “au moins 87.000 euros”.

Christophe Bourguignon, 49 ans, président des Ultras (CU84) qui était également poursuivi a tenté lundi de minimiser son rôle. Président? “C’est juste sur le papier”, réplique-t-il à la barre. L’homme qui s’est fait tatouer “Ultra” dans le cou, a reconnu être présent devant la Commanderie mais a nié avoir pénétré à l’intérieur.

“C’est vrai que j’ai fait l’idiot”, dit à son tour, embarrassé, le “capo” des Marseille trop puissant (MTP), un autre club de supporters. “Vous semblez avoir une certaine influence au sein du groupe”, relève la présidente du tribunal en évoquant des images le montrant le jour des faits lever les bras pour demander à des supporters de se taire.

Le secrétaire chargé de la communication des South Winners, employé en CDD à la métropole Aix-Marseille-Provence dans un service de lutte contre les dégradations a également reconnu être présent. Il avait été vu véhément sur les caméras installées au abords du centre d’entraînement du club.

Les prévenus qui comparaissaient ce lundi avaient été interpellés une dizaine de jours après ces incidents.

Le 24 février, onze supporters arrêtés au moment des faits avaient été condamnés à six mois de prison avec sursis, et un douzième, déjà connu de la justice pour des vols, à trois mois ferme. Deux relaxes avaient également été prononcées.