Football amateur: à l’US Ronchin, la vie reprend sous pass sanitaire

La présentation d’un pass sanitaire est obligatoire pour accéder à certains services, comme ici avant d’embarquer dans un train à Paris, le 9 août 2021
Par Florian CHAMBON / © 2021 AFP

“Retrouver du public, ça fait vraiment du bien”: après deux années blanches qui ont notamment fait chuter le nombre d’adhérents, les clubs de foot amateurs comme les Nordistes de l’US Ronchin regoûtent aux joies d’une pratique presque normale, malgré les contraintes du pass sanitaire.

Dimanche dernier, 40 minutes avant le coup d’envoi du 3e tour de Coupe de France contre l’US Noyelles, (Départementale 1), les premiers supporters de l’US Ronchin (Départementale 2) arrivent sous le soleil aux portes du stade Léo-Lagrange.

Pour cette rencontre, le club de la banlieue de Lille (Nord) attend une centaine de spectateurs, dont une trentaine de supporters adverses. “Il va y avoir pas mal de monde, c’est bien, très bien”, se réjouit auprès de l’AFP Michael Marlaire, le vice-président. “On est revenu à la normale”, complète Didier Thooris, le président.

Ou presque: plusieurs parents de licenciés attendent une éventuelle levée du pass sanitaire en novembre pour envisager une nouvelle adhésion, d’après le vice-président. Conséquence des deux saisons interrompues et des craintes sanitaires, “on est passé d’environ 360 licenciés en septembre dernier à 230 aujourd’hui”, déplore le président.

Ce recul affecte les finances du club, qui attend, après le don par la Fédération française de football (FFF) d’un bon d’achat de plus de 2.000 euros, un geste de la Ligue des Hauts-de-France, qui n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP. “On n’a rien eu”, affirme M. Thooris. M. Marlaire est plus compréhensif: “La Ligue aussi a des problèmes financiers, il ne faut pas l’oublier.”

Le défi logistique du pass sanitaire

Au-delà de ces soucis financiers, les contraintes sanitaires, et notamment le contrôle du pass, obligent les uns et les autres à multiplier les casquettes: un vice-président qui joue les agents d’accueil, la scène est devenue récurrente à Ronchin. “Au niveau humain, on n’a pas ce qu’il faut”, constate M. Thooris.

“Pour chaque match, le président demande qui est disponible. Ce ne sont jamais les mêmes personnes”, détaille Mélanie Kazmierczak, secrétaire générale. Face aux nombreux spectateurs attendus, Michael Marlaire prévoit “d’adapter le dispositif de contrôle” et d’aller lui-même “prêter main forte s’il le faut”.

Après ce contrôle, dans l’enceinte du stade, seuls quelques masques rappellent le contexte sanitaire. “Le pass ne résout pas tous les problèmes mais il constitue une bonne avancée, il facilite grandement les choses en termes d’organisation”, reconnaît le vice-président.

Sur le terrain, les joueurs ronchinois s’échauffent. Comme le public, ils ont tous dû présenter leur pass à l’entrée. Une contrainte qui ne pose pas vraiment problème. “Sur 20 joueurs, je n’en ai que trois qui ne se sont pas fait vacciner, dont un qui a pris rendez-vous”, détaille à l’AFP Grégory Détailleur, l’entraîneur.

“Si c’est une porte ouverte vers la pratique, on s’y soumet. Quand on a la passion, on accepte les règles”, affirme Rabah Bouramoula, milieu de terrain de l’équipe première. “Ça nous permet de revenir dans les stades et nous, on veut juste rejouer.”

Les jeunes plus réticents

“La classe 12-16 ans est la plus réfractaire au pass sanitaire. C’est la catégorie où l’on constate la plus grosse baisse de licenciés”, ajoute M. Marlaire.

Malgré cela, le club se refuse à militer pour la vaccination. “On reste une association, on respecte les positions de chacun, on n’a pas à se substituer au gouvernement”, poursuit-il.

“On va ouvrir les inscriptions plus longtemps, on les accueillera volontiers en novembre”, conclut le dirigeant, qui se félicite que les adhésions repartent à la hausse ces dernières semaines et qui espère “dépasser les 300 licenciés” cette saison.

Ronchin s’inclinera finalement 2-1 contre Noyelles. Après la rencontre, tout le monde s’est réunit au club house. Des scènes de partage de nouveau permises depuis quelques mois, pour le plus grand bonheur du président Didier Thooris: “Un club amateur sans club house, ce n’est pas possible !”