Foot: une carrière de hauts et de bas pour l’arbitre accusé de racisme

L’arbitre assistant roumain Sebastian Coltescu lors du match de groupes de la Ligue des champions entre l’Istanbul Basaksehir et le Paris-SG, au Parc des Princes, le 8 décembre 2020
Par Mihaela RODINA / © 2020 AFP

L’arbitre roumain Sebastian Coltescu, au coeur d’un énorme scandale après des propos jugés racistes ayant abouti au report du match de Ligue des champions entre le Paris SG et Basaksehir mardi, a eu un parcours mouvementé, marqué par plusieurs sanctions.

“C’est le Noir ici, va voir et identifie-le”: ces propos, adressés par Coltescu, quatrième arbitre, à son compatriote Ovidiu Hategan, arbitre principal, ont déclenché une tempête qui risque de mettre un terme à sa carrière internationale.

Cet ingénieur de formation né en 1977 à Craiova (sud) a brièvement évolué en tant que milieu de terrain de l’équipe locale Electroputere (2e division), avant de faire ses débuts comme arbitre en 1996.

“J’ai senti que je n’aurais pas fait un bon footballeur”, avait-il expliqué pour justifier son changement de carrière, selon le quotidien Gazeta Sporturilor.

En 2003, il est inscrit sur la liste d’arbitres de 1re division et trois ans plus tard obtient son écusson d’arbitre FIFA.

“Je pense que je ne pourrai jamais rendre à l’arbitrage même 10% de tout ce que j’en ai reçu”, confiait-il à l’époque aux médias, citant notamment la possibilité de voyager à l’étranger.

En 2007, il est toutefois relégué en 2e division après de “graves erreurs” commises lors d’un match en championnat roumain. D’après la presse, il aurait notamment refusé deux pénaltys à l’une des équipes, tout en se montrant trop clément envers les joueurs adverses.

“Résister à la pression”

Affecté par cette sanction, Sebastian Coltescu aurait tenté de se suicider un an plus tard, avaient affirmé à l’époque les médias, tandis que plusieurs confrères estimaient qu’il était “victime” d’un système l’ayant “poussé au bord du désespoir”.

“Je crains que sa carrière d’arbitre ne se brise brusquement”, avait notamment déclaré l’arbitre Adrian Porumboiu, avant d’ajouter: “Quand tu deviens arbitre, tu dois être capable de résister à la pression.”

Sebastian Coltescu est revenu malgré tout sur le terrain, avant d’écoper d’une nouvelle suspension de la 1re division en 2015, pour plusieurs “bavures”, dont le refus de trois buts au Steaua Bucarest.

La Commission centrale des arbitres (CCA) a toutefois rapidement levé cette sanction, car l’UEFA l’avait choisi pour arbitrer un match international de juniors.

Malgré ces hauts et ces bas, il figure aujourd’hui en troisième position parmi les arbitres roumains ayant le plus grand nombre de matches à leur actif, soit 309.

Mais son avenir après l’incident de mardi est incertain.

“C’est la page la plus honteuse de l’histoire de l’arbitrage roumain”: Ion Craciunescu, 70 ans, l’un des plus grands sifflets roumains aujourd’hui à la retraite, ne mâche pas ses mots à l’adresse de son confrère plus jeune.

Celui-là même qu’il avait décrit il y a quelques années comme “l’un des arbitres les plus talentueux” de la nouvelle génération.