Foot: semaine cruciale pour Gérard Lopez et les Girondins de Bordeaux

Gérard Lopez, alors président du club de Lille, le 22 juin 2021 à Londres
Par Laurie VEYRIER / © 2021 AFP

Le probable repreneur de Bordeaux Gérard Lopez a affiché lundi son optimisme à l’entrée d’une semaine décisive pour les Girondins, après être allé défendre son dossier devant le gendarme financier du football français qui le menace d’une rétrogradation administrative.

“C’était une réunion typique de travail, on a présenté notre dossier on attendra maintenant le résultat, c’était un bon échange”, a déclaré l’homme d’affaires hispano-luxembourgeois après une heure et demie devant la DNCG de la LFP (Ligue de football professionnel), en présence de la direction actuelle des Girondins et notamment du président Frédéric Longuépée.

Le 2 juillet, les Girondins ont annoncé avoir été rétrogradés à titre conservatoire en Ligue 2 en raison du désengagement de l’actionnaire majoritaire King Street après une première audition devant la Direction nationale de contrôle et de gestion (DNCG). Le club avait fait appel.

A sa sortie lundi, Gérard Lopez n’a pas dévoilé les grandes lignes de son projet mais l’ancien propriétaire de Lille se dit “toujours” optimiste après ce rendez-vous.

“On sait qu’on a un bon dossier mais je ne vais pas commencer à parler de ce que va dire la DNCG”, a conclu Gérard Lopez, qui attend une réponse mardi, après une autre audition à la Fédération Française de Football en fin d’après-midi.

L’expérience lilloise

L’opération séduction continue pour l’ancien patron de l’écurie automobile Lotus. Gérard Lopez avait déjà dû convaincre les élus de Bordeaux Métropole, propriétaire du stade Matmut Atlantique vendredi.

Ces derniers ont approuvé les garanties apportées par l’homme d’affaires de 49 ans pour le paiement du loyer du stade. Une autre étape cruciale dans le rachat du club au scapulaire.

A l’exception du groupe communiste et de Philippe Poutou (NPA), tous les élus ont voté pour que la société Jogo Bonito Group, propriété de M. Lopez, se substitue à King Street pour le paiement de ce loyer d’un montant annuel de 4,9 millions d’euros.

“Cette substitution restera conditionnée notamment à la finalisation du processus de reprise (validation par la DNCG puis le tribunal de commerce entre autres)”, avait prévenu Bordeaux Métropole.

“La dernière ligne droite? C’est peut-être, à l’inverse, le début de beaucoup de travail”, a déclaré Gérard Lopez.

Beaucoup de travail pour un club et des supporters qui attendent avec impatience l’après King Street.

Alors que la menace d’un redressement judiciaire pesait fin juin, l’accord trouvé avec Lopez avait soulagé les amoureux des Girondins, malgré son passage mitigé à Lille entre janvier 2017 et décembre 2020.

Son modèle économiqueemprunter beaucoup et à taux élevé pour acheter le club, faire du “trading” de joueurs acquis jeunes et/ou sans indemnité de transfert avant d’être revendus pour financer l’empruntl’avait alors conduit à céder le Losc en décembre 2020, malgré de bons résultats sportifs: il était incapable d’honorer la dette empruntée au fonds d’investissement Elliott Management (225 M EUR).

Gérard Lopez a néanmoins répondu en juin aux attentes de la banque d’affaires Rothschild, chargée de la vente du club, avec ses moyens personnels (7 millions d’euros) et l’aide du Club Scapulaire, une association de 250 entrepreneurs ayant apporté autour de 5 millions d’euros.

Le FCGB version Lopez se dessine alors dès le 27 juin, cinq jours après l’annonce de reprise, lorsqu’il fait nommer Admar Lopes directeur technique.

Car après l’aspect administratif et financier, Lopez sera aussi attendu du côté sportif après une saison compliquée, terminée à la 12e place.

De nombreux départs ont déjà été actés: Youssouf Sabaly, Jean-Michaël Seri, Vukasin Jovanovic, Hatem Ben Arfa, Nicolas de Préville et Maxime Poundjé.

Côté arrivées, la seule signature définitive est celle du milieu Issouf Sissokho, tandis que Davy Rouyard, Malcom Bokele, Tidiane Malkec ont signé leur premier contrat professionnel.

Lundi, un autre club de Ligue 1, le Sco d’Angers, s’est présenté devant la DNCG pour éviter de descendre à l’étage inférieur.