Foot: Lionel Messi, la “Puce” devenue plus grande que Barcelone

Lionel Messi avec le Barça, lors du dernier clasico contre le Real Madrid disputé au stade Santiago Bernabeu, le 1er mars 2020
/ © 2021 AFP

Meilleur buteur de l’histoire du club, capitaine aux 35 trophées et aux multiples records, l’Argentin Lionel Messi a incarné Barcelone pendant deux décennies. Mais le petit attaquant aux six Ballons d’Or était presque devenu trop grand pour le Barça, qui a officialisé jeudi son départ.

Arrivé à 13 ans au centre de formation catalan, la “Puce”, joueur virevoltant au format de poche (1,69 m), restera en Catalogne comme une fierté locale autant qu’un symbole planétaire.

“Le mariage de Messi avec le Barça a apporté beaucoup aux deux (au club et au joueur), beaucoup de joie aux supporters”, reconnaissait l’an dernier le directeur sportif barcelonais Ramon Planes. “Il faut avoir un respect énorme pour ce qu’est Messi et pour son histoire.”

Seul peut-être le Néerlandais Johan Cruyff, autre Ballon d’Or, a cumulé une telle aura mondiale et un enracinement catalan. Mais avant de revenir à Barcelone comme technicien à succès, le Néerlandais n’avait pas achevé sa carrière de joueur sous le maillot bleu et grenat.

A 34 ans, Messi n’a peut-être plus l’activité de jeune chien fou qui lui faisait passer les défenseurs en revue comme des plots sur tous les terrains d’Espagne et d’Europe, à l’image de son slalom contre Getafe le 18 avril 2007 élu il y a deux ans plus beau but de l’histoire du club par les socios.

Le petit attaquant reste néanmoins une machine à dribbles, buts et records, et attirait les touristes du monde entier dans la ville.

‘Plus qu’un joueur’

Il reste, de loin, le meilleur buteur de l’histoire du Barça (672 buts en 778 matches), le meilleur buteur de l’histoire de la Liga, le meilleur marqueur du football professionnel sur une année civile (91 en 2012) ou encore le joueur ayant remporté le plus de trophées avec Barcelone, 35 en tout, dont quatre Ligues des champions (2006, 2009, 2011, 2015).

Le lutin a aussi collectionné six Ballons d’Or, mieux que Cristiano Ronaldo (5), Cruyff, Michel Platini, Marco Van Basten (3).

Au-delà des chiffres, l’Argentin a laissé des souvenirs impérissables aux supporters catalans, notamment lors des clasicos contre le Real Madrid, de son triplé de 2007 au 6-2 infligé au rival madrilène sur ses terres en 2009 en passant par la “manita” (5-0) réussie l’année suivante au Camp Nou.

C’est dire si à Barcelone, depuis les débuts professionnels de “Leo” en 2004, on s’est souvent reposé entièrement sur le petit prodige arrivé en 2000 de Rosario.

Et au fil des années, le FC Barcelone, qui se réclame “plus qu’un club”, s’est heurté au poids de cet attaquant devenu “plus qu’un joueur”. Un mal qui a un nom en Catalogne: la “Messi-dépendance”.

Poids dans le vestiaire

Par la force des choses, ce joueur aux prises de paroles rares et à l’expression convenue a aussi pris du poids dans le vestiaire, devenant capitaine en 2018, puis influent dans les arcanes du club.

Certaines de ses sorties publiques ont fissuré l’image lisse du petit Argentin connu pour son goût immodéré du beau jeu, sa timidité touchante et son sourire enfantin. Des traits qui lui avaient valu une image beaucoup moins “bling-bling” que celle de son grand rival Cristiano Ronaldo.

Quand la planète football a découvert Messi, elle s’était émue du destin de ce gamin qui, selon l’histoire consacrée, avait quitté Rosario à 13 ans pour trouver à Barcelone un club qui finance son traitement médical pour régler ses problèmes de croissance.

Cette image positive n’a pas changé, malgré sa condamnation à 21 mois de prison (qu’il n’a pas eu à purger) et 2,1 millions d’euros d’amende en 2017 pour fraude fiscale, quelques semaines avant son mariage avec Antonella, son amie d’enfance, mère de ses trois garçons (Thiago, Mateo et Ciro).

Vivant à Castelldefels, dans une banlieue huppée de Barcelone, Messi semblait avoir trouvé un équilibre familial et professionnel en Catalogne, mais c’est désormais sous un autre maillot qu’il tentera de prolonger sa légende.