Foot: les années Gerard Lopez à Lille en cinq dates

Le président du club de football de Lille, le Luxembourgeois Gérard Lopez, lors d’une conférence de presse, le 13 janvier 2017 au centre d’entraînement du club à Camphin-en-Pevele
Par Alexis HONTANG / © 2020 AFP

L’homme d’affaires hispano-luxembourgeois Gérard Lopez, qui a vendu vendredi le club de Lille, aura vécu quatre années animées entre l’épisode Marcelo Bielsa et le retour en Ligue des champions, avec comme fil rouge des doutes persistants sur sa solvabilité.

26 janvier 2017: l’officialisation

Après la signature du protocole d’accord le 22 décembre, le processus de vente du club touche à sa fin: Gérard Lopez devient le 17e président de l’histoire du Losc, après Michel Seydoux. Il a déboursé quelque 80 M EUR (reprise de dettes incluses).

“L’objectif au-delà de 18 mois” sera de “jouer le top 3” du championnat, annonce le repreneur, ancien candidat malheureux au rachat de Marseille.

Une réputation sulfureuse le précède, notamment autour de la question de la provenance de l’argent qui a servi dans l’opération. Ce fan de sport assure l’avoir fait sur ses fonds propres, quand L’Equipe affirme que deux fonds d’investissements américains l’ont aidé.

Au fil des semaines, Lopez redessine l’organigramme du Losc. Marc Ingla, ancien du Barça, arrive comme directeur général, Luis Campos (ex-Monaco) devient son conseiller, et en février, une petite bombe médiatique éclate: l’emblématique Marcelo Bielsa est nommé entraîneur à partir de la saison suivante.

22 novembre 2017: l’échec Bielsa

Pourtant, le passage du “Loco” est un fiasco: malgré un investissement record durant l’été (70 M EUR), la sauce ne prend pas sur le terrain entre l’exigeant technicien et ses joueurs.

Alors que Lille pointe au 19e rang après 13 journées, après un revers cinglant à Amiens (3-0), Lopez décide de suspendre Bielsa qui continuait de clamer son “amour” du projet nordiste quelques jours plus tôt.

Le conflit entre l’Argentin et le Losc se déplace au conseil des prud’hommes, où la procédure est toujours en cours. Sur le banc, Christophe Galtier est nommé en décembre.

12 mai 2018: le maintien

La première saison complète de l’ère Lopez est houleuse, mais se termine bien. A l’avant-dernière journée, Lille bat Dijon (2-1) avec un doublé du Sud-Africain Lebo Mothiba pour assurer son maintien sur le terrain.

Mais sa viabilité économique, déjà, fait planer des doutes sur l’avenir du club en L1. En décembre 2017, le gendarme financier du foot français (DNCG) avait prononcé sa rétrogradation à titre conservatoire.

L’audition de la dernière chance est prévue le 29 mai. Fumée blanche, après que Lopez réussit à lever 150 millions d’euros.

14 avril 2019: la consécration

Lille écrase le Paris SG (5-1), lors d’une démonstration qui symbolise sa saison presque parfaite. Les Nordistes décrochent une deuxième place finale et se qualifient pour la Ligue des champions, qu’ils n’avaient plus jouée depuis 2012-2013.

L’été suivant, le club réalise la plus grosse vente de son histoire, avec Nicolas Pépé, qui part à Arsenal contre 80 millions d’euros. Cette opération consacre la stratégie lilloise de “trading”, l’achat et revente de joueurs avec de fortes plus-values.

16 décembre 2020: la vente

Le projet lillois est lancé. Malgré l’élimination dès la phase de groupes en C1 en 2019, sans aucune victoire au compteur, le Losc termine à la 4e place de la saison interrompue en mars 2020 par la pandémie de coronavirus.

Le transfert à Naples du buteur nigérian Victor Osimhen, en juillet rapporte environ 80 M EUR au club.

Mais en décembre, la situation économique fragile du club rattrape son excellente situation sportive (1er après 14 journées). Des tensions entre Campos et Ingla dans un contexte financier tendu par la crise Mediapro et la situation sanitaire liée au Covid-19, mettent la pression, qui s’accumule autour de Lopez.

Le 16 décembre, l’homme d’affaires, incapable d’honorer la dette empruntée au fonds Elliott (225 M EUR), indique son intention de vendre ses parts. La vente est effective deux jours plus tard.