Foot: le projet de Mondial biennal est “mort-né” selon la Fifpro

Les Français célèbrent leur titre de champions du monde, après avoir battu la Croatie (4-2) en finale, le 15 juillet 2018 à Moscou
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Le Mondial biennal est “un projet mort-né” selon Jonas Baer-Hoffmann, secrétaire général du syndicat mondial des footballeurs Fifpro, qui affirme que la Fifa devrait plutôt promouvoir la Coupe du monde féminine.

La Fifa tiendra un sommet en décembre sous l’impulsion de son président Gianni Infantino, qui espère toujours trouver un consensus pour instaurer le tournoi messieurs tous les deux ans.

Mais le projet, porté par Arsène Wenger, directeur du développement du football mondial à la Fifa, pourrait bien ne jamais voir le jour, devant le refus de plusieurs championnats, joueurs et groupes de supporters.

“Il y a eu une forte opposition, ils (la Fifa, ndlr) l’ont bien compris”, a confié Baer-Hoffmann. “Il est assez clair que si vous essayez de promouvoir le projet contre les intérêts des parties prenantes, et sans leur accord, il est probablement mort-né.”

La Fifpro, qui comprend des membres de 64 fédérations, est l’une des institutions du football ayant exprimé leur mécontentement quant au manque de consultations sur le sujet.

Baer-Hoffmann questionne la viabilité économique du projet. “On a demandé à la Fifa une analyse économique lors de notre première réunion, qu’on n’a pas encore eu. Je ne crois pas qu’une deuxième Coupe du monde impliquerait un doublement des revenus, ce n’est pas comme si on allait multiplier par deux la valeur des sponsors, etc.”

Selon lui, la solution est toute trouvée: “la vérité est qu’il existe déjà deux Coupe du monde tous les quatre ans. Nous devrions faire du tournoi féminin une priorité, elle est là, notre deuxième Coupe du monde.”

Le format du Mondial a déjà été modifié, puisque 48 équipes participeront au tournoi masculin en 2026, et 32 au tournoi féminin en 2023.

La Fifpro a récemment appelé, avec l’association European Leagues, qui regroupe une trentaine de championnat européens, à réformer la gouvernance du foot, à la suite du projet mort-né de Superligue européenne.

“Les facteurs qui ont motivé cette tentative n’ont pas drastiquement changé, a prévenu Baer-Hoffmann. Je crois qu’il faut être réaliste, le projet n’est pas mort, je pense qu’il reviendra et il vaudrait mieux que le football soit prêt à y être confronté à nouveau.”