Foot: le président du SCO d’Angers mis en examen pour agressions sexuelles, le club fragilisé

Le président du SCO d’Angers, Saïd Chabane, le 1er février 2020 à Angers
/ © 2020 AFP

Le président du SCO d’Angers Saïd Chabane a mis en examen mercredi pour “agressions sexuelles aggravées” suite à des accusations au sein du club de football classé 13e de Ligue 1, en plein scandale de violences sexuelles dans l’univers du patinage artistique.

Saïd Chabane, 55 ans, discret président du club depuis 2011, avait été placé en garde à vue mercredi un peu avant 8H00, suite aux plaintes d’une salariée et de deux ex-salariées.

Il est sorti du palais de justice d’Angers en fin de journée, avec une mise en examen pour agressions sexuelles aggravées par “une personne ayant abusé de l’autorité que lui confère sa fonction”, a indiqué à l’AFP le procureur de la République d’Angers, Eric Bouillard.

Dans la journée, une quatrième femme, déjà identifiée par les enquêteurs a porté plainte contre lui pour des faits similaires. Une enquête préliminaire avait été ouverte le 7 janvier après la plainte d’une salariée du club, en arrêt maladie depuis les faits qu’elle dénonce.

D’autres “victimes présumées” ont alors été découvertes, qui ont également déposé plainte, selon le procureur. “Il existe des charges relativement sérieuses”, a estimé le magistrat.

Les quatre plaignantes, parmi lesquelles une hôtesse, une secrétaire et une chargée de clientèle, avaient entre 20 et 25 ans au moment des faits, qui s’étalent de 2014 à 2019. Le magistrat a évoqué des “caresses très appuyées sur les parties intimes”. “On n’a pas affaire à des viols”, a-t-il dit.

Les plaintes “concordent sur le mode opératoire utilisé par l’auteur. Il s’agit tout simplement de l’usage de la surprise et d’une certaine contrainte parce que c’est quelqu’un qui inspire un certain respect (…) qui va surprendre ses victimes pour leur toucher les parties intimes”, a détaillé le magistrat à la presse dans l’après-midi.

Les faits, qui ne sont pas reconnus par M. Chabane, seraient intervenus “à des moments où elles sont seules en présence de l’auteur” lors de déplacements, en marge de réunion ou de match de foot.

“M. Chabane continue de nier les faits”, a souligné le magistrat, qui a indiqué que la peine maximale encourue était de sept ans de prison.

Accusations contestées

“Saïd Chabane conteste formellement toutes les allégations portées contre lui”, a déclaré de son côté le club dans un communiqué.

“Il apportera à la justice tous les éléments permettant de rétablir la vérité et de préserver son honneur. Déterminé à voir reconnaître son innocence, il est confiant dans l’issue de l’enquête à laquelle il coopère totalement”, poursuit le texte.

Saïd Chabane, qui possède la nationalité française et algérienne, est également fondateur de Cosnelle, un groupe de charcuterie sarthois spécialisé notamment dans la production de rillettes.

L’affaire intervient en plein scandale de violences sexuelles dans le patinage français, après les accusations de viols et d’agressions sexuelles de plusieurs ex-patineuses à l’encontre de leurs entraîneurs.

Saïd Chabane est l’un des principaux protagonistes du retour du SCO au premier plan sportif ces dernières années. Il forme avec le directeur sportif Olivier Pickeu et l’entraîneur Stéphane Moulin un triumvirat gage d’une stabilité qui a souvent manqué au club lors des dernières décennies.

Cette mise en examen met donc à mal le socle sur lequel Angers s’est rebâti et pourrait avoir des conséquences sportives.

D’autant que la période est un peu plus délicate pour l’équipe qui, après une première moitié de saison très réussie, fait du surplace au classement et pointe désormais à la 13e place provisoire de L1, en attendant la fin de la 23e journée de championnat mercredi soir.

Le SCO reste sur deux défaites, samedi à domicile contre Reims (4-1) et mardi à Monaco (1-0). Il recevra donc Lille, en lutte pour une qualification en Ligue des champions, dans un lourd contexte, vendredi.

“Pour nous ça change pas grand-chose, pour les joueurs, on se concentre plus sur le terrain, c’est le plus important”, a réagi mercredi Sada Thioub, joueur du SCO d’Angers, avant l’annonce de la mise en examen.

Élu “dirigeant de l’année” par France Football en 2019, le discret président déclarait au magazine en décembre : “Je suis obligé de mettre une carapace et d’être rigide sur pas mal de choses. Si on se laisse aller, ça peut avoir des conséquences dramatiques”.

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