Foot: le directeur sportif Juninho confirme son départ de Lyon à la trêve

Le président de l’Olympique lyonnais, Jean-Michel Aulas, à côté de son directeur sportif, le Brésilien Juninho, lors de la présentation officielle du défenseur allemand Jerome Boateng, le 15 octobre 2019 au siège du club à Décines-Charpieu
/ © 2021 AFP

Le Brésilien Juninho, qui avait semé le trouble mi-novembre en annonçant vouloir quitter son poste de directeur sportif de Lyon en fin de saison, a confirmé à l’AFP mercredi qu’il partirait du club dès cet hiver, en janvier, pour laisser l’OL “préparer la suite”.

Moins d’un mois après avoir surpris salariés et cadres de l’OL par son annonce, l’icône du grand Lyon septuple champion de France (2002-2008) a acté l’inévitable, à savoir son départ anticipé de son club de coeur, où il laissera une image mitigée comme dirigeant.

“C’est mieux pour que le club prépare déjà la suite et j’ai aussi besoin d’arrêter”, a-t-il dit à l’AFP, confirmant une information des quotidiens L’Equipe et Le Progrès.

Juninho (46 ans), ancien meneur de jeu de l’OL (2001-2009) lorsque le club rhodanien dominait le football français, était revenu à Lyon en 2019 comme directeur sportif, avec la bénédiction du président Jean-Michel Aulas et sous les acclamations des supporters.

A Lyon, l’ancienne idole de Gerland ne s’est pas fait que des amis, comme en témoigne sa passe d’armes en mai dernier avec l’ex-entraîneur Rudi Garcia.

Au moment de quitter le club, ce dernier avait réglé ses comptes avec le Brésilien, lui reprochant de vouloir s’ingérer dans ses choix sportifs. “Ma façon d’être a gêné Rudi. Il est vraiment froid, il n’a pas de sentiment”, avait rétorqué l’ancien meneur de jeu, perçu à l’inverse comme étant plus instinctif et à fleur de peau.

“Fatigue mentale”

Le rôle de dirigeant semblait d’ailleurs lui peser, comme il l’avait expliqué le 17 novembre sur RMC au moment d’annoncer à la surprise générale son départ prochain du club.

“Dans ma tête c’était pour trois saisons”, avait-il dit. “Pour beaucoup de monde, directeur sportif tu ne fais pas grand-chose. Mais il y a une fatigue mentale énorme (…). J’ai envie de me reposer un peu”, avait poursuivi Juninho, qui pense devenir entraîneur, un poste qu’il ne peut occuper en Europe, faute de diplômes requis.

Après deux ans et demi avec “Juni” comme directeur sportif, ce départ anticipé semble logique: il apparaissait difficile que l’OL prépare la saison prochaine avec un dirigeant sur le départ.

Et le bilan de Juninho, qui à l’origine aurait dû être associé à l’entraîneur Bruno Genesio, parti en juin 2019, est pour l’heure mitigé.

Des réussites, comme les recrutements de Bruno Guimaraes et de Lucas Paqueta pour un total de 40 millions d’euros, aux gros échecs, également comme l’engagement de ses compatriotes Thiago Mendes pour 25 M EUR ou de Henrique, Jean Lucas ou Camilo.

Car dix ans après avoir quitté l’OL comme joueur, Juninho, débutant dans ce rôle, a semblé manquer de relais en Europe et s’est naturellement orienté vers le Brésil pour recruter, y compris pour choisir son premier entraîneur, Sylvinho, limogé dès octobre 2019.

Depuis le départ de Genesio, Lyon ne s’est plus qualifié pour la Ligue des champions, un objectif indispensable à atteindre cette saison pour relancer les finances du club, qui a annoncé une perte historique de 107 M EUR pour l’exercice 2020-2021.