Foot: la folle valse estivale des entraîneurs européens

Massimiliano Allegri, alors entraîneur de la Juventus Turin, vainqueur du Scudetto (championnat d’Italie), après le match de Série A contre l’Atalanta Bergame, le 19 mai 2019 à Turin
Par Frédéric HAPPE / © 2021 AFP

Si la pause estivale du foot européen est rythmée chaque année par les rumeurs et les transferts de joueurs, la frénésie semble avoir gagné les bancs d’entraîneurs cette année, où un nombre impressionnant d’équipes semblent chercher un souffle nouveau.

Ils ont déjà trouvé

. Massimiliano Allegri (Juventus):

Andrea Pirlo à peine remercié après une seule saison sur le banc, la Juventus a officialisé vendredi le retour de Massimiliano Allegri, deux ans après son départ des Bianconeri.

La grande lessive chez les clubs du haut du tableau en Serie A (8 des 10 premiers de la saison connaîtront un nouveau coach) n’a pas épargné la “Vieille Dame”: la Juve a mis fin après un an seulement à l’expérimentation Andrea Pirlo qui a bien failli lui coûter sa place en C1.

Pour le remplacer, le club turinois a misé sur une valeur sûre en rappelant Massimiliano Allegri, 53 ans, grâce à qui la Juve avait dominé sans partage le championnat de 2014 à 2019 (5 titres), atteignant deux fois la finale de la C1 et remportant également quatre Coupes d’Italie.

. Hansi Flick (Allemagne):

Ancien bras droit de Joachim Löw avec la Mannschaft, Flick a décidé de quitter le Bayern cet été, après avoir gagné deux titres de champion et une Ligue des champions depuis 2019, pour succéder à “Jogi” après l’Euro.

Une progression presque logique pour cet entraîneur longtemps sous-estimé mais qui est très populaire auprès des joueurs et du grand public.

. Julian Nagelsmann (Bayern):

Les Bavarois n’ont pas mis longtemps à remplacer Flick, en débauchant Julian Nagelsmann à Leipzig.

Considéré comme un futur très grand entraîneur, il franchit un pas important dans sa carrière à 33 ans, même si l’arrivée de cet iconoclaste dans un club très attaché à ses traditions pourrait faire des étincelles.

. José Mourinho (Roma):

Tel un phénix renaissant toujours de ses échecs (Manchester United, Chelsea), l’inoxydable José Mourinho n’a mis que deux semaines après son limogeage par Tottenham pour trouver un point de chute avec la Roma.

Un club historique, mais au petit goût de déclassement pour le “Special One” quand même, puisque les Giallorossi, décevants 7e de Serie A, ne disputeront que la nouvelle Ligue Europa Conférence, troisième Coupe d’Europe… que Mourinho, déjà vainqueur de la Ligue des champions et de la Ligue Europa, rêvera sans doute d’accrocher à son palmarès.

Ils sont demandés

. Antonio Conte (Real):

Malgré un premier titre de champion d’Italie depuis 11 ans, Conte et l’Inter ont opté pour une rupture consensuelle et le téléphone de l’ancien sélectionneur italien n’a pas tardé à sonner.

Orphelin de Zinédine Zidane, le Real Madrid serait très intéressé, même si la piste menant à une “solution maison”, Raul, qui dirige la réserve, semble aussi assez chaude.

Tottenham, Barcelone ou le Paris Saint-Germain garderaient aussi un oeil sur celui qui avait conduit la Juventus ou Chelsea à des titres de champions par le passé.

. Christophe Galtier (Lyon ou Nice):

Après avoir décidé de quitter Lille sur un titre de champion de France inattendu, Christophe Galtier est aussi courtisé, essentiellement en Ligue 1.

Il semblait assez proche de Lyon pour remplacer Rudi Garcia, parti en mauvais termes avec l’OL, mais Nice fait le forcing et pourrait bien remporter le morceau.

. Mauricio Pochettino (Tottenham)

Selon la presse britannique, l’entraîneur argentin du Paris SG aurait été recontacté par son ancien club Tottenham (2014-2019), qui l’avait limogé il y a deux ans pour le remplacer par José Mourinho.

Mais après moins de six mois à Paris, où il a remporté la Coupe de France, “Poche” n’est pas libre. Et il n’est pas dit qu’il sera libéré, alors qu’il est sous contrat jusqu’en 2022.

“Il n’y a rien” entre Pochettino et Tottenham, a affirmé vendredi à l’AFP une source proche du PSG.

Ils sont dans le flou

. Zinédine Zidane

Après un deuxième passage au Real un peu moins réussi que le premier, Zidane a choisi de reprendre sa liberté. Et si la presse européenne semble impatiente de le recaser, il n’est pas certain qu’il ait le même empressement.

“ZZ” avait laissé passer une année blanche entre ses deux passages à Madrid, et alors que Didier Deschamps est sous contrat jusqu’au Mondial-2022 avec les Bleus, la France du football rêve d’un passage de témoin entre ces deux monstres sacrés.

. Joachim Löw

Après avoir sans doute fait les années de trop à la tête de l’Allemagne, qu’il avait reprise en 2006, l’avenir de Löw reste incertain.

Sa dernière expérience en club, au Tirol Innsbrück, en Autriche, remonte à presque 20 ans et son absence d’expérience dans un grand club au quotidien, ferait de sa nomination, à 61 ans, un pari risqué.

. Ronald Koeman (Barcelone)

Arrivé l’été dernier dans un Barça secoué par de fortes turbulences, Koeman a certes gagné la Coupe du Roi en avril. Mais entretemps, le président a changé et Joan Laporta, nouveau patron du club, réfléchit ouvertement à l’avenir du Néerlandais, à qui il reste un an de contrat.

“Nous ne croyons pas aux projets ou aux saisons de transition. Nous avons parlé à Koeman et nous continuerons à lui parler la semaine prochaine avant de prendre une décision”, a dit Laporta vendredi, alors que le nom de l’ancien capitaine blaugrana Xavi a été cité comme possible successeur.