Foot féminin: l’ascension express de Mark Parsons, sélectionneur des Pays-Bas

Mark Parsons le sélectionneur de l’équipe nationale de football féminine des Pays-Bas à la fin d’une séance d’entraînement, le 13 septembre 2021 au KNVB Campus, de Zeist aux Pays-Bas
Par Antoine MAIGNAN / © 2022 AFP

L’Anglais Mark Parsons n’a que 35 ans, mais déjà 18 ans de métier dont huit dans le prestigieux Championnat américain de football féminin (NWSL): le sélectionneur des Néerlandaises mêle jeunesse et expérience, tout comme son équipe championne d’Europe en titre, opposée aux Bleues mardi (21h10).

C’est le Julian Nagelsmann du football féminin. Comme son homologue du Bayern Munich (34 ans), Mark Parsons franchit les étapes à grande vitesse comme technicien à défaut d’avoir percé en tant que joueur.

De sa jeunesse dans le Surrey, dans le sud-est de l’Angleterre, répartie entre petits boulots et job d’entraîneur à temps partiel, jusqu’à sa nomination l’été dernier à la tête des championnes d’Europe néerlandaises, le parcours du sélectionneur est aussi atypique qu’impressionnant.

“J’ai commencé si jeune que parfois, je ne me rends pas compte que j’ai passé beaucoup trop d’heures sur le terrain”, plaisante Mark Parsons dans un entretien à l’AFP, depuis l’hôtel de la sélection néerlandaise au Havre. “Quelle aventure rapide et incroyable!”, s’exclame-t-il.

Cette aventure, elle commence dans la seconde moitié des années 2000, à Chelsea, où l’Anglais entraîne plusieurs équipes de jeunes, puis la réserve féminine.

Guus Hiddink, Carlo Ancelotti, José Mourinho passent sous les yeux du jeune technicien, encore à des années-lumière du premier plan lorsqu’il décide de s’installer, en famille, aux Etats-Unis pour entraîner dans une école de foot en Virginie, puis au sein de la réserve féminine de Washington.

Champion avec Amandine Henry

Son arrivée en Amérique coïncide avec la création en 2012 de la “National Women’s Soccer League”, cette fameuse NWSL qui deviendra quelques années plus tard “le Championnat le plus exigeant du monde”, selon lui.

L’opportunité se présente lorsque la franchise du Washington Spirit limoge son entraîneur principal en pleine saison 2013, confiant à Parsons l’équipe première par intérim. L’Anglais redresse l’équipe, est confirmé comme N.1, emmène le “Spirit” en play-offs lors des deux saisons suivantes et ce tremplin le projette à la tête de Portland, un mastodonte du Championnat.

Dans l’Oregon, il fait venir la Française Amandine Henry, et offre à la franchise son second titre national en 2017, après un exercice 2016 terminé en tête du classement de la saison régulière et auréolé d’un trophée de meilleur entraîneur de l’année.

Cet adepte de la communication, qui cherche en permanence à “établir une connexion avec les joueuses” pour “les pousser à devenir la meilleure version d’elles-mêmes”, se forge une expérience unique aux Etats-Unis.

Sa méthode, Mark Parsons tente désormais de la mettre au service des joueuses des Pays-Bas, championnes d’Europe 2017 et vice-championnes du monde 2019 en plein renouvellement à quatre mois de l’Euro (6-31 juillet).

“Philosophie différente”

“Quand vous atteignez l’apogée du football mondial, comme les Pays-Bas, cinq ans, c’est très long”, dit-il à l’AFP, promettant de reconstruire l’équipe “sans griller les étapes” pour associer les “superbes joueuses d’expérience”, comme les stars Lieke Martens et Vivianne Miedema, et “les jeunes qui tapent à la porte”.

“Il apporte une philosophie différente, une manière de travailler différente, et je pense que cela a un impact positif car nous avions besoin de quelque chose d’autre, d’un changement de direction”, explique Vivianne Miedema à l’AFP, prête à lui donner “du temps et de l’espace pour qu’il fasse son travail”.

Celui qu’elle décrit comme un partisan du “football technique” et de la possession ne dira pas le contraire.

“J’ai toujours su qu’entraîner en équipe nationale m’intéresserait, car il y a plus de temps entre les matches pour établir des connexions, construire la relation avec les joueuses”, assure Mark Parsons. “Je pensais que cela viendrait plus tard, mais quand la fédération néerlandaise vous appelle, vous vous devez de donner suite”.

Pour le globe-trotter Mark Parsons, la suite ressemble à un retour aux sources, avec cet Euro en Angleterre… Mais à domicile, l’entraîneur soutiendra ses Lionnes “Oranje” des Pays-Bas, et non les Lionnes anglaises.