Foot: comment le Real Madrid pourrait s’offrir Mbappé

Kylian Mbappé à l’échauffement, le 20 août 2021 au stade Francis-Le Blé
Par Patxi VRIGNON-ETXEZAHARRETA / © 2021 AFP

Alors que le Covid-19 a lourdement atteint les portefeuilles des clubs espagnols, le Real Madrid est passé à l’action avec une première offre à 160 millions d’euros pour recruter Kylian Mbappé. Mais comment le Real peut-il se permettre un transfert aussi astronomique en temps de pandémie?

Fin avril, en plein milieu des tractations pour le projet de Super Ligue européenne, le président de la “Maison blanche” Florentino Perez affirmait que les clubs d’Espagne et du continent étaient “tous ruinés”. Qu’est-ce qui a changé depuis?

Cet été, le Real Madrid a considérablement allégé sa masse salariale. Il a empoché 90 millions d’euros d’indemnités des transferts de Raphaël Varane à Manchester United et de Martin Odegaard à Arsenal, et s’est déchargé de leurs salaires, en plus de ceux de Sergio Ramos (parti libre) et des joueurs envoyés en prêt (Brahim Diaz, Takefusa Kubo).

Il faut ajouter à cela les transferts de l’été 2020, ceux d’Achraf Hakimi à l’Inter Milan, de Sergio Reguilon à Tottenham et d’Oscar Rodriguez à Séville, pour lesquels le Real a aussi empoché près de 90 millions d’euros.

La saison passée, la “Maison blanche” a bouclé l’exercice 2020-2021 avec une masse salariale de 448 millions d’euros (au total, en comptant l’ensemble des salariés du club) pour une limite salariale fixée à 473,3 millions d’euros par LaLiga. Soit 25 millions d’euros de marge.

“Le Real Madrid dispose d’environ 290 millions d’euros pour recruter”, estime pour l’AFP Placido Rodriguez Guerrero, professeur à l’université d’Oviedo et président de l’Observatoire économique du sport en Espagne.

“Gagnant-gagnant”

Des chiffres qui pourraient satisfaire les dirigeants parisiens, qui ont refusé la première offre madrilène à 160 millions d’euros pour Mbappé, recruté à Monaco pour 180 millions d’euros en 2018.

Selon cet économiste, le plafond salarial ne devrait pas être un problème pour le Real Madrid: la Liga devrait le réévaluer à la hausse, considérant la plus-value apportée par la venue d’un joueur de cette envergure en Espagne. Et puis, le Real peut toujours se séparer de certains joueurs d’ici au 31 août.

“Le salaire (annuel) de Mbappé au Real Madrid sera d’environ 35 millions nets par an (soit 70 millions bruts). Pour amortir l’investissement, selon moi, le Real proposera un contrat d’au moins six saisons. Avec le montant de l’indemnité de transfert, au total, on s’approchera des 620 millions d’euros d’investissement pour le Real Madrid”, estime Placido Rodriguez Guerrero.

“Ce serait une opération gagnant-gagnant”, affirme-t-il. “Le PSG pourrait gagner environ 225 millions d’euros dès demain, entre l’indemnité de transfert et le salaire du joueur. Si l’opération est repoussée à l’été prochain, le PSG gagnera 0 euro”, résume l’économiste du sport.

Dans le vert

“Et le Real Madrid pousse pour boucler le transfert maintenant, car si l’été prochain, alors que le joueur est libre, un club anglais par exemple propose un salaire à 50 millions d’euros nets par an, le Real Madrid ne pourra pas lutter”, explique Placido Rodriguez Guerrero.

Une urgence qui découle d’une bonne gestion des comptes depuis deux ans, alors que la pandémie a frappé les comptes en banque des clubs de Liga.

Le FC Barcelone n’a pu prolonger Lionel Messi, qui a filé à Paris. Le Real Madrid lui-même a dû laisser partir Zidane, Ramos et Varane. Et pourtant, le Real est en bonne santé financière.

Même si le club merengue estime la perte de revenus liée au Covid-19 à 300 millions d’euros, selon son dernier bilan financier dressé mi-juillet, le Real Madrid dispose d’un patrimoine net de 534 millions d’euros et d’une trésorerie de 122 millions d’euros.

Et en 2020-2021, quand la plupart des autre clubs clôturaient leurs comptes dans le rouge, le Real Madrid est resté dans le vert de 874.000 euros.

Un exploit qui a même valu un compliment du patron de LaLiga: “Le Real Madrid a très bien géré la crise provoquée par la pandémie”.