Foot: Ancelotti, Blanc, Tuchel… Le PSG de QSI, lessiveuse d’entraîneurs

Le président du PSG Nasser Al-Khelaifi (g) et l’entraîneur allemand Thomas Tuchel lors de sa présentation officielle, le 20 mai 2018 au Parc des Princes
Par Adrien VICENTE / © 2020 AFP

Kombouaré pas assez glamour, Ancelotti parti pour le Real Madrid, Blanc incapable d’atteindre le dernier carré européen, Emery plombé par la “remontada” barcelonaise…

Avant Thomas Tuchel, dont le limogeage a été annoncé par plusieurs médias, le Paris SG version qatarie a usé quatre autres entraîneurs, dont aucun n’aura duré plus de trois saisons.

Kombouaré, le monde d’avant

Il est celui qui a vécu le rachat du PSG à l’été 2011 par le fonds qatari QSI, et la transition du club vers une autre dimension.

Antoine Kombouaré, en place depuis deux ans, était un bon entraîneur pour la Ligue 1. Mais pas pour prétendre au gotha européen, selon les nouveaux propriétaires dont l’objectif premier est la Ligue des champions.

Le directeur sportif Leonardo le débarque après une demi-saison, pour faire venir Carlo Ancelotti, au CV bien plus garni. Ironie du sort, alors que les Parisiens sont en tête du championnat au moment du limogeage de Kombouaré, ils finiront la saison deuxièmes, dauphins de Montpellier.

Ancelotti, l’éphémère

C’est bien Ancelotti qui a le premier incarné le PSG nouvelle version. Deux fois vainqueur de la Ligue des champions avec Milan, l’Italien obtient à l’été 2012 deux premiers renforts de classe mondiale: Thiago Silva et Zlatan Ibrahimovic.

Le club confirme sa mue en un grand d’Europe, en marchant sur le Championnat de France. En C1, le parcours s’arrête en quart de finale contre le FC Barcelone.

Mais preuve que Paris ne fait toujours pas partie des tout meilleurs clubs, “Carletto” ne reste qu’une saison et demie dans la capitale, cédant à l’été 2013 aux sirènes du tout-puissant Real Madrid, où il remportera en 2014 une troisième C1.

Blanc, la stagnation

Pour pallier le départ d’Ancelotti, le PSG, désireux d’internationaliser son image, cherchait un entraîneur européen vedette… mais se rabat sur le très franco-français Laurent Blanc.

Champion de France 2009 avec Bordeaux, Blanc sort d’une expérience mitigée sur le banc de l’équipe de France, encore marquée par le désastre du Mondial-2010.

Il se montre pourtant largement à la hauteur, asseyant l’hégémonie du PSG sur la France avec onze titres nationaux glanés sur douze possibles. Ce qui lui vaut d’être le premier entraîneur de l’ère QSI à être prolongé, en février 2016.

Las, c’est son échec un mois plus tard en quarts de finale de la Ligue des champions contre Manchester City, le troisième consécutif à ce stade après Barcelone en 2015 et Chelsea en 2014, qui justifie son départ à la fin de la saison avec une mirobolante indemnité de départ, dans une ambiance de fin de règne.

Emery, l’humiliation

Avec Unai Emery, triple vainqueur de la Ligue Europa sur le banc de Séville, le PSG croit tenir l’entraîneur étranger qui le rapprochera d’une victoire en C1.

Pari perdu. Sous la houlette du Basque, le club régresse même, avec 2017 en annus horribilis. Privé du titre en Ligue 1 par Monaco, le PSG subit surtout la pire humiliation de son histoire en C1, la fameuse “remontada” contre le Barça en huitièmes de finale (4-0, 1-6), plus grand retournement de situation jamais vu en Coupe d’Europe.

La spectaculaire arrivée de Neymar et Kylian Mbappé en 2017, pour l’astronomique somme de 400 millions d’euros, n’y remédie pas. Encore éliminé au stade des huitièmes par le Real Madrid, futur vainqueur, Emery est remercié à l’été 2018.

Tuchel, le mal-aimé

Il a enfin crevé le plafond de verre mais n’en a jamais ressenti la reconnaissance: Thomas Tuchel a amené le PSG pour la première fois en finale de C1, seulement battu par l’intouchable Bayern Munich (1-0).

Sportivement, l’Allemand imprime son +spirit+ à l’équipe. Les joueurs qui s’étaient si souvent écroulés mentalement en Europe retournent désormais des situations compromises, contre Dortmund, l’Atalanta Bergame puis en phase de groupes de l’édition 2020-2021.

Mais la greffe n’a jamais vraiment pris. Peu charismatique, il ne s’entend ni avec les supporters ni avec les dirigeants, qu’il égratigne parfois publiquement.

“Nous n’avons jamais eu le sentiment que nous avions convaincu les gens et qu’ils reconnaissaient notre performance. Parfois, cela vous rend un peu triste ou fâché”, disait-il dans une interview au site allemand Sport1 publiée cette semaine.