Foot: Ada Hegerberg, rétablie, “profite de chaque instant” avec Lyon (à l’AFP)

L’attaquante norvégienne de l’Olympique lyonnais, Ada Hegerberg, lors du match de Ligue des champions contre le BK Haecken à la Bravida Arena de Gothenburg, le 5 octobre 2021.
Par Francois-Jean TIXIER / © 2021 AFP

L’attaquante norvégienne de Lyon Ada Hegerberg, premier Ballon d’Or féminin en 2018, assure dans un entretien à l’AFP “n’avoir jamais douté” de pouvoir revenir après sa grave blessure à un genou et “profite de chaque instant” après son indisponibilité de vingt mois.

Q: Comment avez-vous vécu cette très longue indisponibilité à cause d’une rupture du ligament croisé antérieur du genou droit?

R: “Je n’ai jamais douté de revenir. Le retour, c’est ce qui a été mon moteur pour passer les périodes très difficiles. Bien sûr, c’est quelque chose que j’aurais aimé ne pas vivre, mais cela fait partie de moi maintenant, de mon expérience. Je le transforme comme une force pour le reste de ma carrière.”

Q: Qu’avez-vous ressenti lors de votre reprise début octobre en Ligue des champions contre les Suédoises de Häcken BK?

R: “Forcément, il y avait beaucoup d’émotion. J’attendais cela depuis pas mal de temps. Lors des premiers pas, j’ai vraiment revu tout le film dans ma tête, tous les moments difficiles. J’ai vu comme les filles étaient heureuses pour moi, pour l’équipe mais aussi tous les retours de la part des gens. J’ai vraiment profité de ce moment, car c’était une grande victoire personnelle. Il y a toujours de l’impatience, de montrer les résultats d’un long travail. Mais je profite de chaque instant de mon retour. (…) Avec le temps et le travail, cela va rentrer dans l’ordre. Je suis convaincue de revenir au niveau auquel j’ai envie d’être. Je conserve un esprit positif en regardant devant.”

Q: Quelles sont vos ambitions cette saison?

R: “Quand on joue à l’OL, il faut toujours chercher à gagner tous les trophées. J’ai envie d’aider l’équipe à remonter après la saison dernière, car il est important de rester la meilleure équipe d’Europe, voire du monde. Et c’est pour cela que j’ai hâte de revenir à mon meilleur niveau, enchaîner les matches et, bien sûr, marquer à nouveau des buts, battre tous les records. On recommence un peu la carrière mais je me donne aussi du temps.”

Q: Comment avez-vous vécu les pertes des titres de championnes de France et d’Europe au printemps?

R: “C’est une déception et un échec pour nous. Il faut l’accepter et ne pas se cacher derrière des explications mais analyser les bonnes et moins bonnes choses. Nous n’étions pas au niveau. C’est aussi l’occasion d’opérer quelques changements, repartir avec un nouvel esprit. Cela fait plaisir pour tout le monde de voir Griedge (M’Bock) et moi-même retrouver le groupe. Nous avons vraiment quelque chose à apporter à l’équipe.”

Q: Quelle est votre opinion sur le FC Barcelone, nouveau champion d’Europe?

R: “Plus il y a de la concurrence et mieux c’est. Barcelone a livré une belle saison mais il faut noter que l’OL n’a encore jamais perdu contre le Barça. (…) Je suis sûre que nous aurons l’occasion d’affronter cette équipe. Et nous avons hâte.”

Q: En France, la concurrence avec Paris et d’autres est-elle bonne pour l’OL?

R: “(Le président) Jean-Michel Aulas a toujours eu l’idée de développer à Lyon un projet qui doit inspirer d’autres clubs pour investir sur le long terme sur une section de football féminin. Nous avons aussi besoin de la Fédération pour développer plus de professionnalisme. (…) Nous souhaitons qu’il y ait plus de joueuses professionnelles pour élever le niveau, qu’il y ait de bons terrains pour voir de meilleurs matches.”

Q: On évoque un Mondial masculin tous les deux ans. Ne craignez vous pas pour l’exposition des compétitions internationales de football féminin?

R: “Oui, cela va de soi. Cela pose des problèmes pour le football féminin mais également pour le football masculin. Ajouter des Coupes du monde pour gagner plus d’argent est une idée qui ne va pas avec la situation actuelle. C’est un sport de haut niveau qui demande beaucoup de la part des athlètes. Enchaîner les tournois, c’est très dur physiquement et mentalement. Cela démontre que ceux qui prennent les décisions ne sont pas sur le terrain et n’ont pas de considération pour les joueurs. C’est un monde dans lequel l’argent prend de plus en plus de place et c’est triste. Et l’augmentation du risque de blessures fait également partie des craintes que l’on peut avoir.”

Propos recueillis par François-Jean TIXIER