FFF: Le Graët repart au combat, la campagne est lancée

Le président de la Fédération française de football (FFF), Noël Le Graët, en conférence de presse à Clairefontaine, le 22 juin 2016
Par Jérémy TALBOT / © 2021 AFP

Président depuis 2011, Noël Le Graët entend conserver la barre de la puissante Fédération française de football (FFF) à l’issue des élections de mars pour lesquelles il s’est porté candidat, jeudi, prêt à 79 ans à relever le gant face à Frédéric Thiriez et Michel Moulin.

Le dirigeant breton a dévoilé ses intentions devant les élus du comité exécutif (“Comex”) réuni dans la matinée au siège de l’instance fédérale à Paris, avant de l’officialiser dans un courrier adressé aux clubs amateurs et professionnels, aux ligues et districts, et aux autres acteurs du foot (syndicats, Haute Autorité, etc.).

“Après avoir largement consulté les acteurs du football français ces dernières semaines, et les membres du Comité Exécutif de la FFF ce matin, j’ai décidé de solliciter le renouvellement de votre confiance, en vous présentant ma candidature à la présidence de notre Fédération”, écrit-il dans cette lettre que l’AFP a pu consulter.

Les élus du Comex ont approuvé sa candidature “à l’unanimité” lors d’un tour de table conclu par une “acclamation appuyée”, selon des sources proches de l’instance.

Si l’annonce met fin à un suspense très relatif, elle marque le véritable coup d’envoi de la campagne avant la clôture des candidatures, le 11 février. Parmi les figures connues, seuls l’avocat et ex-dirigeant de la Ligue de football professionnel Frédéric Thiriez, ainsi que l’entrepreneur et conseiller de clubs Michel Moulin, étaient sortis du bois.

Le patron de la riche et étoilée FFF part favori pour un nouveau mandat de quatre ans, devant ses deux principaux challengers, mais la partie n’est pas jouée d’avance avant l’assemblée fédérale du 13 mars, durant laquelle les suffrages du monde amateur (63%) pèseront plus lourd que celles des clubs professionnels.

Discours “sans démagogie”

Le football des villes périurbaines et des campagnes sera-t-il la clé de l’élection? Moulin le voit en tous les cas “en fin de vie” et Thiriez, en passe “d’être asphyxié”.

La liste qu’il compte présenter “tiendra avec moi un discours vrai, honnête, sans démagogie, pragmatique mais aussi résolument constructif et optimiste pour l’avenir du football français”, affirme Le Graët dans le courrier envoyé jeudi.

Les candidats annoncés disposent de moins d’un mois pour fixer leur programme, obtenir les dix parrainages nécessaires auprès des présidents de ligues, districts, clubs pros ou membres de la Haute autorité du foot, et fournir une liste de douze candidats (dont trois femmes) pour siéger au futur Comex fédéral, président inclus.

Dans sa garde rapprochée, Thiriez peut compter sur le soutien de l’ancien international Basile Boli, champion d’Europe en 1993 avec l’OM. Le haut fonctionnaire de 68 ans, connu pour son éloquence et reconnaissable à sa longue moustache, espère aussi rallier à sa cause Luis Fernandez, autre ancienne gloire de l’équipe de France.

A 60 ans, Moulin affiche sur son CV des initiatives plus ou moins réussies dans la presse spécialisée (ParuVendu) et sportive (Le 10 Sport), ainsi qu’une expérience riche mais contrastée de dirigeant et conseiller dans plusieurs clubs comme le Red Star, Istres, Le Mans ou encore brièvement au Paris SG.

L’entrepreneur né dans le Gard, autoproclamé candidat de la “rupture utile”, a réuni un attelage hétéroclite allant de l’ancien judoka et ministre David Douillet à l’ex-patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) Bernard Squarcini, en passant par les anciens footballeurs Pascal Olmeta et Fabien Barthez.

Deschamps, premier soutien

Le Graët sait pouvoir compter sur de nombreux alliés, tant parmi les clubs professionnels qu’au sein de plusieurs ligues et districts, ces instances décentralisées qui peuplent le milieu du football amateur.

L’ancien président de l’En avant Guingamp (1972-1991 et 2002-2011), affaibli par une leucémie en 2018, peut aussi se prévaloir du soutien appuyé de Didier Deschamps, capitaine au Mondial-1998 et sélectionneur au Mondial-2018 remportés par les Bleus.

“Regardez où était la FFF avant son arrivée et où elle est aujourd’hui. On peut toujours faire plus, mais il faut aussi reconnaître le travail effectué. À travers les équipes nationales, le football amateur aussi”, a pointé lundi dans Le Figaro le technicien nommé par Le Graët en 2012, au sortir d’un Euro raté et deux ans après le scandale de Knysna.

Côté sélections, c’est le ciel bleu pour l’actuel patron de la FFF avec ses trois principales équipes de France (masculine, féminine et Espoirs) qualifiées pour le prochain Euro.

En coulisses et dans les médias, la passe d’arme entre la sélectionneuse des Bleues Corinne Diacre et sa capitaine Amandine Henry a cependant un peu écorné l’image de la Fédération. Les concurrents de “NLG” ont déjà saisi cette perche. La campagne est lancée.