Euro: une marée rouge à Budapest et un stade plein pour Hongrie-Portugal

Scène de camaraderie entre supporters hongrois et portugais aux abords de la Puskas Arena à quelques heures du match entre leurs équipes, le 15 juin 2021
Par Pablo MELIAN et Peter MURPHY / © 2021 AFP

Pour ses grands débuts dans l’Euro, Budapest s’est vêtue de rouge. Dans la capitale hongroise, la seule dont le stade sera plein à craquer en temps de pandémie, les supporters hongrois sont sortis très tôt pour accueillir les Portugais champions d’Europe mardi.

Pour son premier match dans le Championnat d’Europe des nations (18h00, 16h00 GMT), la Hongrie reçoit Cristiano Ronaldo et compagnie à la Puskas Arena, devant 65.000 spectateurs, du jamais vu dans un stade hongrois, selon le quotidien Nemzeti Sport, depuis 35 ans et un match contre le Brésil avant le Mondial-1986

Un monde parallèle. Là où les dix autres stades à travers l’Europe à accueillir la compétition ont établi une jauge maximale, par précautions sanitaires contre le Covid-19, l’enceinte de Budapest sera la première depuis les confinements de mars 2020 à 100% de sa capacité.

“A l’Euro-2016, c’était une fête dans la rue, et maintenant c’est encore plus l’euphorie. Après le Covid, les confinements et l’éloignement des gens, on est vaccinés et on pense que ça suffit”, confie Rajmund Javori, venu spécialement pour le match de Pecs, dans le sud de la Hongrie.

Sur la monumentale Place des Héros, le soleil est radieux et la température avoisine les 30 degrés. La fan-zone, prévue pour 11.000 personnes, commence déjà à se remplir de maillots rouges aux couleurs de la sélection magyare.

“Pas de problème avec le Covid”

“Je n’ai pas peur du tout du Covid. Ca fait plus de deux ans que j’attends d’aller au stade et d’y mettre l’ambiance. On va faire trembler les jambes des joueurs portugais”, promet Bence, un ultra hongrois de 24 ans.

“Nous sommes prêts, nous avons des masques et du gel hydroalcoolique”, renchérit Sandor Arpad, 56 ans. “La Hongrie est l’un des pays d’Europe avec le plus fort taux de vaccination, c’est pourquoi il n’y aura pas de problème avec le Covid-19”.

Des animations en direct, des DJ et de la bière coulant à flots aident les supporters à tuer le temps en attendant le match.

Parmi eux, quelques Portugais, même si la plupart des 8.000 venus pour l’occasion ont préféré visiter la ville.

Transporté par “Bohemian Rhapsody” de Queen, Henrique Dornseifer pianote sur sa table. Il est venu de Berlin pour soutenir la Seleçao.

Avec son cousin Manuel Monteiro et son ami d’enfance Francisco Silva, ils suivent leur équipe dans toutes les grandes compétitions depuis l’Euro-2004 à domicile. “Comme Ronaldo”, soulignent-ils.

“L’ambiance est particulière. Je suis vacciné, donc je n’ai pas peur d’un stade plein. Même si ça ne me semble pas équitable pour les autres équipes”, dit Henrique, de mère portugaise et de père allemand. Samedi, il sera à Munich pour le choc Allemagne-Portugal entre ses deux équipes de coeur.

“On devrait jouer la finale ici”

“On devrait jouer la finale de l’Euro ici, avec le stade plein. Même si les supporters ne sont pas les plus sympas”, ajoute Manuel Monteiro, craignant que l’ambiance ne vienne à se dégrader à mesure que les bières seront englouties.

Depuis son inauguration en novembre 2019, le stade censé symboliser la renaissance du foot hongrois n’avait pas pu montrer sa splendeur.

La pandémie, et le ballon

la Hongrie ayant décroché sa qualification de justesse, contre l’Islande

avaient menacé de priver les Hongrois de leur rêve: jouer l’Euro à domicile.

Comme mesure sanitaire, tous les spectateurs qui pénètrent dans le stade doivent porter un bracelet jaune, récupéré à l’extérieur en échange d’une preuve de vaccination, ou d’un test PCR négatif pour les étrangers.

“L’ambiance d’un grand match, ça m’avait manqué. Un jour, il faudra bien revenir à la normale. Statistiquement, j’ai plus peur d’avoir un accident de vélo”, affirme le Portugais Eduardo Lopes, rencontré en centre-ville avec son fils Guilherme.