Euro: sur les traces de la “machine à buts” Robert Lewandowski à Varsovie

L’attaquant polonais Robert Lewandowski exulte après un but lors d’un match de qualification pour la Coupe du monde 2022 contre la Hongrie, à Budapest, le 25 mars 2021
Par Stanislaw WASZAK / © 2021 AFP

Avant de devenir l’un des meilleurs buteurs de la planète et la star incontestée du football polonais, Robert Lewandowski a fait ses gammes dans un petit club de Varsovie, puis au prestigieux Legia qui l’a brutalement écarté, car il le jugeait “trop faible et trop fragile”.

Longtemps avant d’être “The Body”, surnom que lui ont donné ses coéquipiers du Bayern Munich en référence à son corps musculeux d’athlète, “Robert était menu, mince, le plus petit du groupe”, racontait à l’AFP Krzysztof Sikorski, son premier entraîneur au Varsovia, juste avant son décès en 2018.

“Mais (il avait) le cœur le plus gros et le plus grand talent, (il était) le plus malin de tous”, ajoutait l’entraîneur de ce petit club pour enfants et adolescents de Varsovie, disposant alors d’infrastructures plus que rudimentaires, avec terre battue et sable en guise de terrains.

A 17 ans, Lewandowski qui est déjà un buteur redoutable, rejoint un autre club de Varsovie, le Delta, avant d’intégrer la même année le plus célèbre club de la capitale, le Legia.

Mais son rêve est vite brisé.

Jugé “trop faible, trop fragile” par les responsables du Legia, il en est écarté après une grave blessure et c’est au bord de la dépression qu’il débarque en 2006 au Znicz Pruszkow, un club de 3e division, en grande banlieue de Varsovie.

“Il était psychiquement abattu”, se rappelle Sylwiusz Mucha-Orlinski, alors président du Znicz, en racontant à l’AFP ce jour où, accompagné de sa mère, le jeune attaquant est venu s’y inscrire.

“Modeste et consciencieux”

“Il faut remercier sa mère”, sourit l’ancien haltérophile que tout le monde au Znicz appelle toujours “le Patron”.

A Pruszkow, Lewandowski retrouve sa confiance et son efficacité.

“Les premières cinq rencontres, il les a passées sur les bancs de touche, mais il a bien bossé et peu après, c’est souvent lui qui nous offrait les points de la victoire (…) On savait qu’avec lui, on pouvait battre même les plus forts”, s’enthousiasme toujours Daniel Kokosinski, ancien défenseur et coéquipier de Lewandowski, aujourd’hui entraîneur au Znicz.

Sa première saison, “Lewy” la termine avec le titre de meilleur buteur de troisième division, avant de rééditer le même exploit l’année suivante, en division supérieure, et de frôler même, avec le Znicz, l’accession à l’élite polonaise.

Il a toujours été “posé, modeste et consciencieux (…), très concentré sur le foot”, se souvient Daniel Kokosinski.

“Quand on allait faire un peu la fête, il nous y a rarement suivis”, reconnaît-il.

Sylwiusz Mucha-Orlinski a gardé l’image de Lewandowski “seul sur le terrain d’entraînement, en train d’affiner ses tirs, ses frappes”.

“Le succès n’est pas tombé du ciel”, souligne-t-il, “il l’a bien mérité”.

Envol en Allemagne

Au bout de deux saisons, “les trois quarts des équipes de la première division se battaient pour l’avoir”, rappelle fièrement “le Patron”.

Sa carrière prend définitivement son envol en 2008 lorsqu’il rejoint le Lech Poznan, avant de filer en Allemagne en 2010, à Dortmund d’abord et depuis 2014 au Bayern Munich.

Lewandowski s’est fait un nom en Europe le 24 avril 2013 en réussissant un quadruplé contre le Real Madrid de Cristiano Ronaldo, impuissant, en demi-finale aller de Ligue des champions (4-1), sous le maillot de Dortmund.

Avec le Bayern, il collectionne les titres (7 sacres en Championnat d’Allemagne et 1 Ligue des champions), les trophées de meilleur buteur de Bundesliga, celui aussi de joueur Fifa 2020, ou encore les records.

Le mois dernier, il bat ainsi en inscrivant son 41e but de la saison en Bundesliga le vieux record du légendaire Gerd Müller, datant d’il y près d’un demi-siècle.

Avec 458 buts en clubs et 66 en sélection, celui qui est surnommé “LewanGOALski” totalise 524 buts depuis ses débuts professionnels.

Mais, rappelle Sylwiusz Mucha-Orlinski, l’un de ses anciens entraîneurs, “le succès n’est pas tombé du ciel (…) il l’a bien mérité”.