Euro: République tchèque-Danemark, une vraie affiche

Séance d’entraînement détendue pour les Tchèques au stade olympique de Bakou, le 1er juillet 2021, à deux jours du match contre le Danemark
Par Emmanuel BARRANGUET / © 2021 AFP

Duel d’outsiders? République tchèque-Danemark, seul quart de finale entre sélections ayant déjà remporté l’Euro, propose une affiche surprise entre deux pays de foot et deux collectifs en acier trempé, samedi (18h00) à Bakou.

Les héritiers. Si les équipes d’aujourd’hui n’ont pasencorede grands noms, elles se rappellent cet été au bon souvenir de la planète football.

“Je pense que c’est un grand match de foot entre deux équipes très compétitives qui ont mérité d’être là. Le football c’est un travail d’équipe, un sport collectif”, assure Kasper Hjumland, le sélectionneur danois, interrogé pour savoir ce qu’il dirait pour assurer la promotion du match.

En outre, un quart de finale entre les deux a déjà eu lieu, en 2004 au Portgual, remporté par les Tchèques (3-0).

Parmi les héritiers, Patrik Schick, deuxième meilleur buteur de la compétition (4 buts) a marqué les esprits avec son lob de 49 m contre l’Écosse, comme le Tchécoslovaque Antonin Panenka l’avait fait jadis avec son penalty en feuille morte qui porte désormais son nom.

En compagnie des Slovaques au sein de la Tchécoslovaquie, jusqu’en 1994, les Tchèques ont remporté l’Euro-1976, joué les demi-finales en 1960 et perdu deux finales de Coupe du monde (1934 et 1962). La République tchèque de Karel Poborsky et Vladimir Smicer a atteint la finale de l’Euro-1996, battue par l’Allemagne au but en or (2-1 b.e.o.), et les demi-finales en 2004.

Les Danois portés par une mystique

Côté danois, l’héritage est encore plus direct: Kasper Schmeichel garde les buts de l’équipe actuelle comme son père Peter guidait la “Danish Dynamite” à une victoire surprise à l’Euro-1992. Les Rouges avaient été invités à la dernière minute, après l’exclusion de la Yougoslavie en guerre, avant de repartir avec le trophée à la surprise générale.

Un autre Kasper, Dolberg, buteur à sang-froid, assure la lointaine succession d’Ole Madsen, 11 buts en qualifications pour atteindre les demi-finales de l’Euro-1964, ou de Preben Elkjaer-Larsen, le “Bison” des demi-finalistes de l’Euro-1984.

Les équipes actuelles de la République tchèque et du Danemark avancent donc fortes d’un passé glorieux, mais aussi d’un collectif redoutable, et leurs individualités se révèlent au fil du tournoi.

Portées par leurs supporters en 8e de finale, elles seront moins soutenues sur les bords de la Mer Caspienne entre la longueur du voyage depuis Prague et plus encore de Copenhague, et les conditions sanitaires d’entrée drastiques pour les supporters.

Pour revenir au terrain, et aux qualités de groupe, les Danois sont également transcendés après que leur équipier Christian Eriksen a survécu à un arrêt cardiaque sous leurs yeux et ceux du monde entier, au premier match.

Force collective

Terrassés par l’angoisse après le malaise de leur meneur de jeu, ils avaient perdu cette rencontre (1-0 contre la Finlande), avant d’être dominés par la redoutable Belgique (2-1) au deuxième match. Mais ils se sont réveillés contre la Russie (4-1) et en ont encore passé quatre aux Gallois (4-0), en 8e de finale.

Si la force est collective, des individualités se sont distinguées, comme le remuant attaquant Mikkel Damsgaard, surnommé “Damsinho” pour ses geste brésiliens, l’arrière droit ultra-offensif Joakim Maehle, ou bien sûr le capitaine au grand cœur Simon Kjaer, de retour après avoir dû sortir en fin de match contre les Gallois, touché à une jambe.

Le bloc tchèque aussi est très solide. Il a par exemple découragé les Pays-Bas. “Nous ne sommes peut-être pas des grandes stars comme les Néerlandais, mais nous avons montré un formidable esprit d’équipe”, soulignait Schick après la victoire (2-0) en 8e de finale.

Organisée autour de ses deux costauds en défense centrale, Ondrej Celustka et Tomas Kalas, l’équipe de Jaroslav Silhavy avance groupée et cherche à allumer la mèche Schick.

Elle peut compter aussi sur son capitaine Vladimir Darida, de retour sur scène après avoir manqué les “Oranje” sur blessure, ou son ailier Lukas Masopust, qui bien qu’homonyme n’est pas de la famille du Ballon d’Or tchécoslovaque de 1962, Josef Masopust. Simplement un autre héritier…