Euro: pour la Belgique, le goût et le coût du sacrifice

Kevin De Bruyne le milieu de terrain belge (en rouge) perd l’équilibre après une intervention musclée des Portugais Raphael Guerreiro et Joao Palhinha au stade de La Cartuja de Seville en Espagne, le 27 juin 2021.
Par Benoît NOEL / © 2021 AFP

La Belgique sait aussi gagner sans briller. Elle l’a fait dimanche contre le Portugal (1-0) avec un sens du sacrifice qui a toutefois valu à ses deux meneurs Kevin De Bruyne et Eden Hazard de sortir sur blessure.

Les Diables Rouges ont quitté la moiteur de Séville avec des sentiments ambivalents: le bonheur d’avoir sorti les champions d’Europe en titre et l’angoisse liée aux destins physiques de leurs maîtres à jouer, avant le quart de finale contre l’Italie vendredi à Munich.

“Il faudra attendre 48 heures”, pour connaître la gravité des blessures subies par De Bruyne et Eden Hazard, a expliqué le sélectionneur Roberto Martinez.

Le premier, victime d’un tacle de Joao Palhinha peu avant la pause, a dû céder sa place à la reprise, car il ne pouvait “plus tourner sa cheville”, selon Martinez.

Le meneur de jeu de Manchester City enchaîne les blessures et se remet à peine de fractures au visage subies lors de la finale de la Ligue des champions, perdue le mois dernier face à Chelsea.

Que dire d’Eden Hazard qui semblait retrouver progressivement toutes ses sensations mais a dû quitter ses partenaires à la 87e minute en se tenant l’arrière de la cuisse droite?

C’est sa douzième blessure en moins de deux ans depuis l’arrivée du prodige belge au Real Madrid à l’été 2019.

“L’arbitre devait nous protéger, mais il ne l’a pas fait”, pestait l’ancien Lillois en pointant du doigt l’arbitrage jugé “trop laxiste” de l’Allemand Felix Brych.

En cas de déchirure musculaire, le Madrilène devrait sans doute mettre fin à son tournoi. Mais toute la Belgique espère qu’il ne souffre que d’une pointe d’élongation.

“Il faut vraiment espérer que Kevin et Eden seront aptes à jouer” contre l’Italie, a admis le gardien Thibaut Courtois, une nouvelle fois brillant dimanche.

La défense lève les doutes

Pour les amateurs de foot et observateurs neutres, il serait dommage de ne pas voir Hazard fouler la pelouse munichoise, tant l’ailier semble (enfin) avoir retrouvé ses capacités de percussion.

Lundi matin, la presse espagnole faisait d’ailleurs l’éloge du N.7 du Real, à l’image de Marca, évoquant une “performance exceptionnelle” d’un joueur à nouveau qualifié de “galactique” après avoir été voué aux gémonies par les mêmes médias ces derniers mois.

Si la Belgique devait jouer sans ses deux créateurs face à l’Italie, elle pourrait toutefois se reposer sur quelques certitudes. A commencer par la solidité de sa défense.

Les expérimentés Thomas Vermaelen (35 ans), Toby Alderweireld (32) et Jan Vertonghen (34) ont levé les doutes quant à leur capacité à affronter des attaquants de la classe de Cristiano Ronaldo.

Face aux Belges, le quintuple Ballon d’or a été sevré de ballons et ne s’est créé qu’un seule occasion, sur coup franc.

“Ces trois-là ont élevé la défense au rang d’art”, s’est réjoui Roberto Martinez à propos du trio formé à l’Ajax.

Et comme la Belgique peut aussi compter sur un des meilleurs gardiens de la planète, cette équipe, qui a remporté ses trois matches au premier tour, peut légitimement s’affirmer comme une prétendante au titre.

Ce sera encore plus le cas si Romelu Lukaku retrouve ses jambes de la phase des poules, durant laquelle il avait inscrit trois buts.

L’attaquant de l’Inter a éprouvé des difficultés face au rugueux Pepe, mais il sera extrêmement motivé face aux Italiens, quelques semaines après avoir été sacré champion d’Italie sous le maillot milanais.