Euro: objectif huitièmes pour la France et le Portugal, avant les retrouvailles

Paul Pogba écoute les consignes de Didier Deschamps lors de l’entraînement de l’équipe de France à Budapest le 18 juin 2021
Par Antoine MAIGNAN et Jérémy TALBOT / © 2021 AFP

Sous la chaleur de Budapest, la France défie samedi (15h00) la Hongrie et ses fervents supporters en espérant valider son billet pour les huitièmes de l’Euro, objectif partagé avec son futur adversaire portugais qui, à Munich (18h00), peut placer l’Allemagne en grand danger.

Les retrouvailles entre Karim Benzema et son ex-équipier au Real Madrid Cristiano Ronaldo, programmées mercredi soir en Hongrie, seront plus légères si les champions du monde et les champions d’Europe sont déjà qualifiés pour le tour final.

Pour les Portugais et les Français, cela passe par une deuxième victoire consécutive samedi dans la poule F, considérée comme le “groupe de la mort”: lors de la première journée, pendant que la Seleçao venait à bout de la Hongrie (3-0), les Bleus ont frappé un grand coup à l’Allianz Arena de Munich contre la Mannschaft, solidement écartée (1-0).

Samedi (15h00) dans la Puskas-Arena, seule enceinte de l’Euro remplie à 100%, les données vont néanmoins changer par rapport au premier match.

“Equipe solidaire”

L’adversité s’annonce moins coriace face à la 37e nation mondiale, mais il faudra dompter les plus de 30 degrés de l’après-midi hongroise et faire abstraction d’un public hostile et bruyant, avec jusqu’à 60.500 spectateurs annoncés en format Euro, dont plusieurs milliers seront des ultras de la véhémente Carpathian Brigade ’09.

La Hongrie “est une équipe solidaire, bien organisée, qui évoluera devant son public, ce qui lui donnera un peu plus d’énergie dans les moments importants”, a prédit le capitaine Hugo Lloris.

Pour les Tricolores, habitués aux coups d’envoi programmés à 21h00 et aux séances d’entraînement en début de soirée depuis le début de la préparation, fin mai, l’adaptation au “chaudron magyar” sera cruciale.

L’animation offensive, surtout, doit donner sa pleine mesure, après une entrée en lice placée sous le signe de la défense de fer.

Kylian Mbappé rêve d’inscrire son nom au palmarès des buteurs de l’Euro avant de retrouver le leader historique de ce classement, son idole Ronaldo (11 buts en 5 participations, série en cours).

Benzema, revenu pour l’Euro d’une mise à l’écart de cinq ans et sept mois, serait sans doute plus apaisé après avoir retrouvé le chemin des filets.

Et Antoine Griezmann, “tacleur” en chef à Munich, se verrait bien reprendre ses habits de leader et buteur dans la capitale hongroise.

Mannschaft dos au mur

Le cadre, en tout cas, est propice aux célébrations décomplexées, dans un stade flambant neuf inauguré en 2019 à l’est de la capitale, infrastructure née de la fièvre bâtisseuse du Premier ministre souverainiste Viktor Orban.

Pour le sélectionneur Didier Deschamps, la réflexion reposera surtout sur un dilemme: garder le même onze de départ que contre l’Allemagne, quitte à éreinter son équipe-type ? Ou octroyer du repos à certains cadres, au risque de laisser quelques brèches au Petit Poucet du groupe ?

“Je ne prépare pas le deuxième match en pensant au troisième”, répond Deschamps, conscient que Corentin Tolisso, Ousmane Dembélé, Lucas Digne voire Jules Koundé sont prêts à en découdre si nécessaire.

A l’Allianz Arena de Munich (18h00), il n’y aura pas de place pour la moindre minute de repos: le deuxième choc du groupe F oppose l’Allemagne au Portugal et l’enjeu est de taille.

Les champions d’Europe, emmenés par un “CR7” (36 ans) en pleine forme depuis son doublé de Budapest, peuvent monter en puissance en décrochant leur qualification avant de retrouver la France.

L’Allemagne est déjà dos au mur puisqu’une deuxième défaite obligerait les hommes de Joachim Löw à battre la Hongrie lors de la dernière journée, en espérant que cela suffise pour terminer dans les quatre meilleurs troisièmes de groupe.

La Seleçao n’hésitera pas à condamner la Mannschaft à ce scénario catastrophe, mais “il faut garder les pieds sur terre”, a affirmé le défenseur Ruben Dias, qui s’attend à “de nouvelles difficultés” contre un autre “candidat” au titre européen.

Quant à l’Espagne, qui reçoit la Pologne en soirée à Séville (21h00), elle doit enfin marquer après sa domination stérile contre la Suède (0-0) si elle veut se rapprocher des huitièmes. Mais gare au buteur polonais Robert Lewandowski, meilleur joueur Fifa de 2020…

Ce super-samedi de foot, avec ses stars à foison et ses enjeux brûlants, s’annonce dans tous les cas très chaud!