Euro: Morata, attaquant mal-aimé devenu sauveur de l’Espagne

Alvaro Morata buteur pour l’Espagne contre la Croatie à l’Euro à Copenhague, le 28 juin 2021
Par Terence DALEY, avec Nicolas BLASQUEZ / © 2021 AFP

Très critiqué pour sa maladresse, cible d’insultes et même de menaces sur les réseaux sociaux, l’attaquant Alvaro Morata s’est mué en sauveur de l’Espagne lundi contre la Croatie (5-3 a.p.) lors d’un huitième de l’Euro où sa demi-volée d’anthologie a qualifié la “Roja”.

Symbole d’une sélection espagnole maladroite durant la première phase, achevée à la deuxième place du groupe E, le joueur de la Juventus Turin, soutenu par son sélectionneur Luis Enrique et ses partenaires, a gardé le cap dans la tempête et a été récompensé.

A Copenhague, où l’Espagne a gâché une avance de deux buts pour laisser la Croatie arracher la prolongation, le Madrilène a délivré l’Espagne en marquant d’un geste instinctif digne des meilleurs finisseurs… lui, l’avant-centre raillé pour ses inexplicables ratés !

Enchaînement parfait

Sur un service de Dani Olmo dans la surface, le joueur de 28 ans a réalisé un enchaînement parfait avec un contrôle du droit et une frappe puissante du gauche sous la barre transversale, relançant ainsi la “Roja”, qui était au bord du gouffre (4-3, 100e).

Trois minutes plus tard, Mikel Oyarzabal a scellé le succès espagnol sur un nouveau service d’Olmo, tandis que Morata a failli s’offrir un doublé à la 114e minute après s’être échappé côté gauche, mais son tir en bout de course est venu mourir dans le petit filet croate.

Avec son activité, notamment après la mi-temps, et son but salvateur, l’attaquant formé au Real Madrid a répondu de la plus belle des manières au torrent de critiques qu’il a reçues après son début de tournoi… malgré un but au premier tour face à la Pologne (1-1).

Jeudi dernier, il avait révélé avoir été victime de “menaces” envers lui et sa famille après les deux premières rencontres de la “Roja”.

“Après le match contre la Pologne, je suis resté neuf heures sans pouvoir dormir. J’ai reçu des menaces, des insultes envers ma famille, des messages qui souhaitaient la mort de mes enfants… Mais je vais bien, peut-être qu’il y a quelques années j’aurais été mal en point. Mais j’ai passé quelques jours isolé de tout”, a confié l’attaquant de la “Roja” dans l’émission “El Partidazo” de la radio espagnole Cadena Cope, jeudi soir.

“Délit grave”

Dimanche lors de la conférence de presse de veille de match, le sélectionneur espagnol Luis Enrique et le milieu Koke avaient apporté leur soutien à leur buteur.

“La situation a un tel degré de gravité qu’elle doit être mise entre les mains de la police. Insulter et menacer de mort qui que ce soit, et encore plus des membres de la famille et des enfants est un délit, un délit grave”, avait déclaré le technicien espagnol.

Nous les footballeurs “sommes exposés à tous types de critiques, nous les acceptons, mais les menaces envers un joueur, un membre de sa famille ou un enfant, nous ne les acceptons pas”, avait ajouté Koke, son ancien coéquipier à l’Atletico Madrid. “Chacun est responsable de ses actes et doit être conscient de ce qu’il fait. Je n’arrive pas à croire que des gens puissent faire de tels commentaires très blessants sur les réseaux sociaux.”

Lundi, Morata a reconquis les supporters espagnols et fait taire ses détracteurs de la meilleure des manières. Sur le terrain, en buteur.