Euro: l’Espagne première demi-finaliste, en attendant Belgique-Italie

La joie des Espagnols après leur victoire aux tirs au but face à la Suisse (1-1, 3-1 t.a.b.) en quart de finale de l’Euro 2020, le 2 juillet 2021 à Saint-Petersbourg
Par Antoine MAIGNAN, avec Jean DECOTTE à Paris / © 2021 AFP

L’Espagne est de retour! La “Roja” dû attendre les tirs au but pour dompter la Suisse, réduite à dix, vendredi en quarts de l’Euro (1-1 a.p., 3-1 t.a.b.), et obtenir, pour sa première demi-finale depuis 2012, de défier la Belgique ou l’Italie, opposées vendredi (21h00).

A Saint-Pétersbourg, les Espagnols ont dominé en vain et en supériorité numérique après l’exclusion de Remo Freuler (77e), alors que Xherdan Shaqiri (68e) avait répondu à l’ouverture du score espagnole sur un but contre son camp de Denis Zakaria (8e).

Mais alors que le gardien suisse Yann Sommer avait multiplié les parades pour préserver le nul, c’est son homologue espagnol Unai Simon qui a brillé lors de la séance de tirs au but, arrêtant deux frappes adverses avant que la tentative de Mikel Oyarzabal ne qualifie la “Roja”.

C’est un crève-coeur pour les Suisses, qui rêvaient de reproduire l’exploit réussi au tour précédent contre la France championne du monde (3-3 a.p., 5-3 t.a.b.).

Et c’est un retour dans l’élite du football continental pour l’Espagne, qui retrouve le dernier carré d’une grande compétition pour la première fois depuis son historique triple couronne Euro-Mondial-Euro au tournant des années 2010.

Mardi en demi-finale au stade de Wembley, à Londres, les Espagnols pourront rêver de disputer une nouvelle finale de l’Euro, une compétition qu’ils ont déjà remportée à trois reprises (1964, 2008, 2012).

Mais quelle souffrance! A Saint-Pétersbourg, dans un contexte extrasportif obscurci par la flambée des cas de Covid-19 en Russie, l’Espagne a outrageusement dominé (28 tirs à 8) sans trouver la faille, devenant parfois une caricature d’elle-même avec son jeu de passe trop stérile.

Les Suisses éteints

Quant aux Suisses, ils n’avaient plus la même énergie que contre la France, lundi à Bucarest, et se sont lentement éteints.

En l’absence du capitaine Granit Xhaka, suspendu, son remplaçant Denis Zakaria a été malheureux d’ouvrir le score contre son camp en détournant dans sa propre cage une volée de Jordi Alba sur un corner mal repoussé (8e).

L’Espagne a ensuite contrôlé le jeu, faisant tourner le ballon à la manière d’une équipe de handball… jusqu’à une mésentente défensive entre Aymeric Laporte et Pau Torres, qui a permis à Xherdan Shaqiri de punir l’attentisme espagnol (68e).

Un carton rouge direct contre Remo Freuler pour un tacle dangereux sur Gerard Moreno (77e) a certes déséquilibré les débats avant la prolongation… mais Sommer a longtemps retardé l’échéance, jusqu’à la délivrance finale pour les Espagnols.

Voilà donc le premier billet pour le dernier carré attribué et la “Roja” connaîtra son adversaire en soirée, à l’issue du choc de ces quarts de finale entre Belges et Italiens, à Munich (21h00).

A bâbord, il y a la fougue et la jeunesse de l’Italie. A tribord, une Belgique en quête d’un premier sacre en grande compétition après le quart de l’Euro-2016 et la demie du Mondial-2018.

Pour ce choc, les Diables Rouges ont pu titulariser leur meneur de jeu Kevin de Bruyne, remis d’un problème au ligament d’une cheville, mais pas leur capitaine Eden Hazard (cuisse), forfait.

Gros temps en Russie

En face, la “Nazionale” n’a jamais été battue par la Belgique en grand tournoi, et est invaincue depuis 31 matches, un record pour les Azzurri.

Mais alors que l’Euro s’apprête à mettre le cap sur Wembley pour les demi-finales (mardi et mercredi), puis la finale dimanche 11 juillet, le gros temps n’est jamais très loin, notamment à Saint-Pétersbourg.

La Russie a écarté vendredi l’idée d’un confinement pour lutter contre la nouvelle vague meurtrière de l’épidémie de Covid-19 qui frappe durement la Russie, portée par le variant Delta et entraînant des records de décès.

Plusieurs centaines de cas ont été détectés chez des supporters, et même des joueurs, passés par Saint-Pétersbourg, qui a accueilli entre 18.000 et 26.000 spectateurs par match lors de la phase de groupes.

Cela a conduit l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à tirer la sonnette d’alarme, d’autant que l’ultime étape du périple européen, en demies et en finale, se joue à Londres, autre ville touchée par un rebond épidémique dû à ce variant plus contagieux.

“Je me demande vraiment si cela ne fait pas un peu trop”, a déclaré vendredi la chancelière allemande Angela Merkel, “très préoccupée” par le nombre de spectateurs autorisés pour les derniers matches à Wembley (plus de 60.000), à l’issue d’une réunion avec le Premier ministre britannique Boris Johnson.