Euro: les Bleus sous “bulle”, un huis clos à rallonge

Le sélectionneur de l’équipe de France, Didier Deschamps, roule en compagnie de son adjoint Guy Stéphan et de ses joueurs, parmi lesquels Raphaël Varane (2d g) et Karim Benzéma (2e d), lors d’une sortie en VTT, le 26 mai 2021 à Clairefontaine-en-Yvelines
Par Jérémy TALBOT et Antoine MAIGNAN / © 2021 AFP

Avant le début de son Euro mi-juin, l’équipe de France aborde trois semaines en vase (presque) clos à Clairefontaine, centre d’entraînement aménagé pour tenir le Covid-19 à distance. Une vie sous bulle “très stricte” que l’encadrement va s’efforcer de “dédramatiser”.

La “maison” des Bleus, cernée par les bois de Clairefontaine-en-Yvelines, n’aura sans doute jamais parue aussi isolée qu’en cette fin de mois de mai. Exit les foules de supporters aux couleurs bleu-blanc-rouge, les autographes qu’on s’arrache et les selfies avec Griezmann et Mbappé: les Français préparent en petit comité leur Euro (11 juin-11 juillet).

“Il y a une bulle sanitaire préconisée et à partir de là, les contacts avec l’extérieur sont interdits. On l’a fait pendant dix jours, là on est censé le faire beaucoup plus longtemps”, a expliqué mercredi le sélectionneur Didier Deschamps lors d’une visio-conférence de presse.

“Quand on enlève des libertés, ce n’est jamais agréable pour personne. Il faudra qu’on s’adapte et que ça n’impacte pas le moral et l’objectif qui est le nôtre”, a-t-il fait valoir.

Jusqu’au 14 juin, date de leur départ pour l’Allemagne, les Bleus ne sortiront du camp de base qu’à de très rares occasions: une balade en forêt à vélo, comme mercredi soir, et deux déplacements, à Nice du 1er au 3 juin pour affronter le pays de Galles, puis à Enghien-les-Bains (Val-d’Oise) les 7 et 8 juin, pour le second match de préparation contre la Bulgarie à Saint-Denis.

“Prévoir l’imprévisible”

Pour le reste, le décor quasi unique sera celui de Clairefontaine, son château, son centre de soins et ses terrains d’entraînement.

Derrière ses portes quasi closes, l’écrin des Yvelines ne laissera entrer que peu de monde. Car en ces temps de pandémie, l’ombre du coronavirus plane toujours au-dessus des joueurs et du staff technique.

“On peut tout imaginer: un livreur qui va toucher une poignée, on la touche ensuite et ça y est, le virus est transmis. On doit tout prévoir, même l’imprévisible”, expliquait ainsi Guy Stéphan, l’adjoint du sélectionneur Didier Deschamps, début mai dans un entretien à l’AFP.

Comme lui, l’ensemble de l’encadrement a cependant été vacciné, une précaution également prise par certains joueurs. Kylian Mbappé, testé positif en septembre en plein rassemblement international, a par exemple diffusé la nouvelle mardi sur ses réseaux sociaux, photo à l’appui.

“Cela ne nous amène pas 100% de garantie mais on est dans une bulle sanitaire très stricte où tout est réduit”, a commenté Deschamps, rappelant qu’il n’était pas question de “laisser tomber les gestes barrières”. Et d’insister: “On va faire en sorte d’être le plus vigilant possible, comme on l’a fait sur les derniers rassemblements”.

Le risque zéro n’existe pas pour les Bleus, comme pour les autres sélections qui sont, à chaque stage depuis près d’un an, suspendues aux résultats des tests pratiqués plusieurs fois par semaine.

Médias invités

“Ça peut être un peu stressant pour les joueurs et pour le staff. Les tests ont lieu le matin et on a les résultats le soir. Il faut gérer l’attente. S’ils sont négatifs, tout va bien. S’ils sont positifs, c’est là que les problèmes commencent…”, explique Stéphan.

Malgré cette épée de Damoclès, “il faut dédramatiser tout ce contexte, s’entraîner, garder le sourire. C’est une œuvre globale, tous les membres du staff y participent”, dit-il.

Dans la “bulle” de Clairefontaine, où se trouvent également les Espoirs, rares sont les personnes autorisées à pénétrer dans le sanctuaire.

Les médias font partie de ces “happy few”, invités quasi quotidiennement pour participer aux points presse organisés avec les joueurs et assister aux séances d’entraînements depuis les tribunes du stade Pierre-Pibarot.

Soixante journalistes par jour sont autorisés au maximum dans l’amphithéâtre dédié aux points presse. De même, seuls les photographes et certains journalistes reporters d’image ont accès à la main courante située au bord du terrain d’entraînement.

Aux précautions humaines s’ajoutent par ailleurs des gadgets technologiques. Le camp de base a par exemple été équipé de “LOD”, des lampes utilisant des rayons dits de lumière ultraviolette censées désinfecter l’air de tout virus ou bactérie. Une trentaine de ces lampes ont été déployées sur l’ensemble du site, selon l’entreprise lyonnaise à l’origine du dispositif.