Euro: le Portugal porté par des nerfs d’acier et un buteur en or

Les joueurs du Portugal autour de Cristiano Ronaldo buteur sur penalty contre la France dans le groupe F de l’Euro à Budapest, le 23 juin 2021
Par Bruno CRAVO / © 2021 AFP

Le Portugal est passé par toutes les émotions lors de la phase de poules de l’Euro, mais le champion d’Europe a rallié les huitièmes de finale grâce à son expérience et à son “serial-buteur” Cristiano Ronaldo, et peut toujours espérer conserver son titre.

Une victoire contre la Hongrie (3-0), une défaite face à l’Allemagne (4-2) et un nul (2-2) face aux champions du monde français pour un total de quatre points synonymes de qualification parmi les meilleurs troisièmes, comme en 2016, avant un choc face à la Belgique, l’une des candidates au titre, dimanche à Séville.

Opposé mercredi aux Bleus dans la chaleur de la Puskas Arena de Budapest, le champion d’Europe a bien réagi après la gifle allemande, en faisant preuve d’une attitude conquérante, loin de l’apathie vue contre la “Mannschaft” quatre jours plus tôt.

“Nous étions très forts et constants aujourd’hui. Les joueurs se sont entraidés, on avait la possession, on a réussi à bien monter nos actions (…) on s’est amélioré par rapport au match contre l’Allemagne”, s’est félicité le sélectionneur Fernando Santos à l’issue de la rencontre.

L’entraîneur de 66 ans a répondu aux critiques en revenant à son 4-3-3 des deux dernières années et en modifiant quelque peu son onze de départ.

Le dynamisme de Renato Sanches

William Carvalho et Bruno Fernandes, deux cadres décevants depuis le début du tournoi, ont cédé leur place au jeune Renato Sanches et au vétéran Joao Moutinho, qui ont tous les deux réalisé une bonne performance face aux champions du monde français.

Grâce au dynamisme du milieu de Lille et à la science du jeu de celui de Wolverhampton, le Portugal a retrouvé sa “matrice” et a été égal à lui-même, comme l’avait réclamé Santos à la veille du match.

Bien organisée, solidaire, mordante dans les duels, dangereuse au moment de passer à l’attaque, mentalement solide et sûre de ses forces: la “Seleçao” a montré face à la France les ingrédients de ses sacres à l’Euro-2016 et à la Ligue des nations 2019.

De bon augure pour défier la “génération dorée” belge qui arrive lancée après sa phase de groupes parfaite (trois victoires) et une association Kevin De Bruyne-Romelu Lukaku très efficace.

Autre point positif, la forme étincelante de sa star Cristiano Ronaldo qui, à 36 ans, enchaîne les buts et les records depuis le début du tournoi.

Les records de Ronaldo

En convertissant ses deux penalties face à l’équipe de France, adversaire contre lequel il n’avait jamais marqué en six confrontations, le quintuple Ballon d’or comptabilise cinq buts dans cet Euro, après un doublé contre la Hongrie et une réalisation lors de la déroute en Allemagne.

“CR7” n’a jamais autant marqué lors du tournoi continental, se contentant de trouver le chemin des filets à deux reprises en 2004, une en 2008 et trois fois en 2012 et 2016.

L’attaquant de la Juventus Turin a effacé dès la première rencontre face aux Magyars le vieux record du Français Michel Platini, en marquant ses 10e et 11e buts dans la compétition, dépassant les neuf réalisations du milieu tricolore lors de la seule édition 1984, pour devenir le meilleur buteur de l’histoire de l’Euro.

L’astre portugais a désormais porté ce total à 14 et peut encore l’améliorer, lui qui est aussi le premier joueur à inscrire un but dans cinq Euro différents.

Et face à la France, le capitaine portugais a égalé le record du monde en sélection détenu depuis 2006 par l’Iranien Ali Daei avec 109 réalisations.

Le natif de Madère aura l’occasion face à la Belgique de s’installer seul sur le trône du roi des buts en équipe nationale, une motivation supplémentaire pour celui qui a déclaré par le passé que, pour lui, “les records viennent naturellement”.

Après l’Allemagne et la France, c’est un autre choc qui attend la star portugaise et ses coéquipiers mais, comme a souligné Fernando Santos, “cette équipe sait ce qu’il faut faire pour gagner”.