Euro: le grand huit va partir, destination Wembley!

Le Stade de Wembley, à Londres, avant le coup d’envoi du match de groupes de l’Euro entre la République tchèque et l’Angleterre, le 22 juin 2021
/ © 2021 AFP

Dans cet Euro inédit organisé dans onze pays, Wembley concentre désormais, plus que tous les autres stades, les espérances des seize participants aux huitièmes de finale, disputés de samedi à mardi, mais aussi les craintes redoublées liées à la pandémie.

Le mythique stade londonien accueille deux huitièmes, Italie-Autriche samedi, puis un classique européen entre l’Angleterre et l’Allemagne mardi. Doivent aussi s’y disputer les demi-finales (6-7 juillet) et de la finale (11 juillet).

En dépit des doutes grandissants, et publiquement exprimés lundi dernier par le chef du gouvernement italien Mario Draghi sur la faisabilité de terminer le tournoi à Londres en raison de la situation sanitaire au Royaume-Uni, le gouvernement britannique a affiché sa confiance et même augmenté la jauge autorisée pour le “Final 4” (60.000 spectateurs contre 22.000 et 40.000 pour les huitièmes).

Histoire de démentir la rumeur d’une possible délocalisation à Budapest ou ailleurs.

Le sélectionneur italien Roberto Mancini assure revenir avec plaisir dans ce stade où il a quelques mauvais souvenirsune finale de Ligue des champions perdue avec la Sampdoria en 1992mais aussi quelques bons, comme la finale de Coupe d’Angleterre remportée comme entraîneur de Manchester City il y a dix ans.

“Dans un tel stade, magnifique, on doit bien jouer parce que ce stade le mérite”, a lancé Roberto Mancini après avoir pu fouler la pelouse avec ses joueurs.

Après avoir brillé chez elle, à Rome, lors d’un premier tour sans fausse note, la Nazionale veut montrer samedi (21h00) qu’elle sait aussi voyager: elle s’avance favorite contre l’Autriche de David Alaba, même si “Das Team” a terminé son premier tour au sprint.

Dantesque pour le Portugal

Le “grand huit” de l’Euro s’élancera quelques heures plus tôt d’Amsterdam (18H00) avec le premier huitième Galles-Danemark.

Il s’agit aussi du premier déplacement pour les Danois qui ont conquis leur billet chez eux à Copenhague lors d’un 1er tour aux allures de montagnes russes émotionnelles, entre la grande frayeur liée à l’arrêt cardiaque de Christian Eriksen et la qualification brillamment arrachée lors du dernier match contre la Russie (4-1).

“Nous ressentons une grande force”, a assuré le sélectionneur danois Kasper Hjulmand, en saluant la “force mentale et physique” de ses joueurs.

Les sommets ne vont pas manquer pour ce “grand huit” qui va aussi perdre d’autres stars, après l’éviction du Polonais Robert Lewandowski.

Il n’y en aura par exemple plus qu’un, dimanche à Séville, entre Romelu Lukaku et Cristiano Ronaldo, de nouveau face à face après les joutes en Italie pour le titre de meilleur buteur (remporté par l’inoxydable “CR7”).

Pour conserver la couronne acquise en 2016, le Portugal est face à un parcours absolument dantesque: en cas de succès contre la Belgique, l’un des grandissimes favoris avec sa génération dorée Hazard-De Bruyne-Lukaku, la séduisante Italie peut attendre en quarts Ronaldo and co, avant une demie possible contre la France ou l’Espagne…

Pour espérer arriver jusque là, les Bleus doivent eux éviter le faux-pas face une Suisse solide mais a priori largement à portée de Kylian Mbappé, Antoine Griezmann et Karim Benzema, lundi à Bucarest.

Angleterre-Allemagne, quelle histoire!

L’Espagne, relancée par le 5-0 final de son groupe contre la Slovaquie après des débuts fades, semble davantage en danger face à la Croatie de Luka Modric, qui sera paradoxalement le seul représentant du Real Madrid lundi sur la pelouse de Copenhague.

Au regard de cette moitié de tableau épicée, l’autre partie offre un paysage a priori plus digeste pour les Pays-Bas, opposés dimanche en huitième à la République tchèque. Les “Oranje” peuvent raisonnablement déjà penser aux demi-finales.

Les deux seuls autres “ogres” de leur partie de tableau s’expliqueront en effet dès les huitièmes, avec ce Angleterre-Allemagne rappelant certains matches entrés dans la postérité.

Les Anglais se souviendront évidemment surtout de la finale du Mondial 1966déjà à Wembleyremportée à l’arraché (4-2 a.p.) avec un fameux “but fantôme” de Geoff Hurst dont on ne sait toujours pas, 55 ans après, s’il a bien franchi la ligne.

Les Allemands préféreront le souvenir de la demi-finale du Mondial-90, en Italie, remportée aux tirs au but. L’Anglais Gary Lineker en avait gardé cette maxime devenue légendaire: “Le football est un jeu simple: vingt-deux joueurs courent après un ballon et à la fin, les Allemands gagnent toujours.”

Les coéquipiers de Thomas Müller pourront aussi s’appuyer sur la qualification de leurs aînés en demi-finale de l’Euro 1996, à Wembley, face aux Anglais, là aussi aux tirs au but: l’actuel sélectionneur des “Three Lions” Gareth Southgate avait manqué sa tentative.

Pour les retrouvailles à Wembley, mardi, l’histoire reste à écrire.