Euro: le Danemark se (re)prend à rêver

Le coach danois Kasper Hjulmand après la victoire 4 à 1 du Danemark sur la Russie, au Parken Stadium de Copenhague le 21 juin 2021 (Danemark) dans le cadre de l’Euro 2020.
Par Camille BAS-WOHLERT / © 2021 AFP

Galvanisé par sa nette victoire contre la Russie et sa qualification acquise de haute volée après un début d’Euro cauchemardesque, le Danemark se prend à rêver d’un destin triomphal, comme lors de son titre surprise de 1992.

“Le courage, la cohésion, la camaraderie, l’unité et la capacité des joueurs à se ressaisir et à jouer les grands matchs, je leur tire mon chapeau”, a salué le sélectionneur Kasper Hjulmand après le triomphe contre les Russes (4-1) lundi soir.

Les Danois, qui vont affronter le pays de Galles samedi à Amsterdam, sont devenus la première sélection à atteindre les huitièmes de finale d’un Euro en ayant perdu ses deux premiers matches.

En 2016, le Portugal s’était lui aussi qualifié de justesse avec seulement trois points. “Et comment ça s’est fini? Ils ont remporté l’Euro”, a rappelé la chaîne TV2, qui verrait bien les Danois suivre le même chemin.

L’équipe semble armée d’une nouvelle force après avoir traversé l’épreuve de l’arrêt cardiaque de sa star Christian Eriksen, en plein match contre la Finlande il y a dix jours. Ramené à la vie après de longues minutes d’angoisse sur la pelouse du stade de Copenhague, il a finalement été sauvé même s’il a dû se faire implanter un défibrillateur miniature.

Nouveau départ

“Tant de choses se sont passées, donc maintenant l’Euro commence vraiment pour nous. Nous avons une chance fantastique de faire un très bon tournoi après un début très difficile”, assure le gardien Kasper Schmeichel.

Accompagnée par des psychologues après le traumatisme Eriksen, les Danois avaient déjà montré du coeur contre la redoutable Belgique dans une ambiance déjà folle, mais avaient dû concéder la défaite (1-2).

“Si quelqu’un mérite (de poursuivre la compétition), c’est bien ces joueurs. Je n’arrive pas à croire qu’ils aient pu se reprendre comme ça après ce qu’ils ont traversé. Nous sommes ensemble depuis presque quatre semaines et c’est fou ce que les joueurs ont vécu pendant cette période”, a souligné Kasper Hjulmand.

Pour la presse danoise, l’équipe est indubitablement “historique”, sur le plan mental comme sur le plan sportif.

“La magie est revenue à Parken quand le Danemark s’est propulsé jusqu’à l’Europe”, a jubilé la télévision publique DR, intarissable sur la beauté du premier but du jeune talent Mikkel Damsgaard (20 ans).

Force mentale

“Avec une cape, un haut-de-forme et une baguette magique incrustée sur sa jambe droite (…) le benjamin de l’équipe a plongé le stade en extase”.

Une délivrance, suivie de trois autres buts qui ont plongé les fans et toute l’équipe dans l’euphorie.

Les Rouge et Blancs ont l’habitude d’être là où on ne les attend plus.

En 1992, le Danemark, repêché à la dernière minute après l’exclusion de la Yougoslavie en pleine guerre dans les Balkans, n’était pas franchement préparé et avait transformé sa décontraction en triomphe.

Aujourd’hui, c’est sa détermination qui convainc.

“Le Danemark mérite sa deuxième place”, a reconnu le sélectionneur de la Finlande Markku Kanerva, beau joueur alors que son équipe est menacée de passer à la trappe. “Les Danois ont montré une telle qualité de jeu ainsi qu’une telle force mentale…”

Face au pays de Galles, il faudra faire preuve de flexibilité.

“C’est une bonne équipe”, note le sélectionneur, “qui, comme nous, change de système et de position”.

Mais le défenseur Christian Norgaard est confiant.

“Si nous disputons ce match avec la même énergie et la même attitude, je crois que nous pouvons obtenir un autre bon résultat”, assure-t-il.