Euro: le Danemark et ses héros inattendus

Andreas Cornelius porte en triomphe Martin Braithwaite, dernier buteur du Danemark lors du 8e de finale de l’Euro gagné contre le pays de Galles le 26 juin 2021 à Amsterdam
Par Camille BAS-WOHLERT / © 2021 AFP

Et si le Danemark était la belle histoire de cet Euro? Après avoir frôlé le pire avec l’arrêt cardiaque de Christian Eriksen en plein match, les Danois se retrouvent quasiment à la surprise générale en quarts de finale après leur démonstration face aux Gallois (4-0) samedi.

“Maintenant, ils tremblent”, titre dimanche le tabloïd Ekstra Bladet à l’adresse des futurs adversaires du Danemark, qui a remporté son seul titre européen il y a tout juste 29 ans, lorsqu’il avait été invité de dernière minute de l’Euro-1992 en remplacement de l’ex-Yougoslavie.

En quarts samedi face aux Pays-Bas ou la République tchèque, la sélection dirigée par Kasper Hjulmand pourra s’appuyer sur des héros inattendus mais en pleine confiance.

“On a beaucoup de grands joueurs, cela serait mentir que de dire que nous nous attendions à nous retrouver là, mais c’est une grosse satisfaction de se retrouver en quarts”, résume Kasper Dolberg, l’un de ces joueurs décisifs.

. Dolberg le finisseur

Titularisé pour la première fois dans cet Euro, en l’absence de Yussuf Poulsen, blessé, Dolberg n’a pas laissé passer sa chance. L’attaquant de Nice a signé un doublé et a fait l’unanimité.

C’était une “performance royale de Kasper”, a analysé son sélectionneur Kasper Hjulmand. Sur son ancien terrain de jeuDolberg a porté le maillot de l’Ajax entre 2016 et 2019-, l’attaquant, élu “homme du match” par l’UEFA, a fait abdiquer le pays de Galles à lui tout seul, ou presque, avec son agressivité et un premier but superbe.

Retrouver Dolberg à ce niveau est une belle surprise, tant sa saison 2020-21 a été difficile avec une collection improbable de blessures, une contamination au Covid-19 et une opération de l’appendicite.

“C’était le match de sa vie”, estime même Flemming Toft, le commentateur-vedette de la chaîne de télévision TV2.

. Kjaer, le capitaine courage

“Difficile de trouver de nouveaux superlatifs”, explique le quotidien Jyllands-Posten, pour qualifier la prestation du capitaine danois qui a fait preuve d’une impressionnante constance depuis le début du tournoi .

Kjaer s’est “lancé à corps perdu dans tous les duels (…) et a une fois de plus bien géré son équipe”, renchérit le quotidien de référence Politiken.

Exemplaire lors du malaise cardiaque d’Eriksen, leader technique de son équipe, le défenseur de l’AC Milan est devenu le patron de son équipe et a été omniprésent en défense.

Seule contrariété pour le capitaine danois de 32 ans: touché à la cuisse droite, il est sorti à un quart d’heure du terme de la rencontre.

. Damsgaard le dynamiteur

Rien ne semble pouvoir perturber Mikkel Damsgaard, devenu à 20 ans le plus jeune buteur danois de l’histoire dans un Euro, contre la Russie lundi dernier (4-1).

Celui qui est surnommé le “tourbillon de Jyllinge” est “là non seulement pour rester, mais pour jouer un rôle plus important”, prévient Flemming Toft.

Timide en début de rencontre et sevré de ballons, le joueur de la Sampdoria est à l’origine du premier but de Dolberg. “A partir de ce moment-là, il est entré dans le jeu avec brio et a contribué à plusieurs reprises à créer des occasions grâce à des touches, des décisions judicieuses et un bon sens tactique”, s’est félicité Politiken.

. Braithwaite, le bulldozer

Plutôt discret en première période, Martin Braithwaite s’est réveillé en seconde période: il a été un rouage essentiel de l’attaque danoise en deuxième mi-temps, a jugé Politiken. “Il a parachevé l’humiliation des Gallois”, a souligné le journal.

Décisif sur le second but de Dolberg, l’attaquant, très peu utilisé au Barça, a marqué le quatrième et dernier but danois à la limite du hors-jeu, dans le temps additionnel. “Braithwaite le méritait”, a tweeté l’internationale danoise Pernille Harder, à l’issue de la rencontre.