Euro: Le Danemark échoue, mais reste le chouchou

Les joueurs danois remercient leurs supporters après la défaite en demi-finale de l’Euro contre l’Angleterre le 7 juillet 2021 à Wembley
Par Jérémy TALBOT, avec Camille BAS-WOHLERT à Copenhague / © 2021 AFP

Petit Poucet au jeu enchanteur, le Danemark ne rentre pas avec la coupe à la maison, mais a semé des graines pour l’avenir et suscité un énorme élan de sympathie de Copenhague à Wembley, où la belle histoire de l’Euro s’est refermée sur un penalty controversé.

Abattus au coup de sifflet final mercredi soir, les demi-finalistes vaincus ont cherché du réconfort auprès de leurs supporters tout de rouge vêtus en tribune, les uns et les autres s’applaudissant durant plusieurs minutes, avant de quitter la pelouse, finalement, sous l’ovation du public anglais.

Sur les réseaux sociaux, une pluie d’éloges s’est abattue sur les partenaires de Kasper Schmeichel, battus uniquement en prolongation par l’Angleterre archifavorite après un penalty généreusement accordé.

“Tellement fier d’être Danois et de la façon dont notre équipe a réussi à renaître de ses cendres et inspiré tout un pays et le monde. Nous gardons la tête haute et regardons vers un avenir radieux”, a réagi Thomas Sorensen, l’ancien gardien de la sélection nordique.

“Le Danemark, quel tournoi. Vous avez gagné le coeur de beaucoup, vous avez rendue la Scandinavie fière. BRAVO!”, a écrit la Ballon d’Or norvégienne Ada Hegerberg.

L’union et la force

La dixième nation au classement mondial, arrivée à l’Euro sur la pointe des pieds, a ému la planète foot et au-delà après l’arrêt cardiaque dont a été victime son meneur de jeu Christian Eriksen, à Copenhague lors du premier match contre la Finlande.

Placé en position latérale de sécurité par son capitaine Simon Kjaer, réanimé à même la pelouse devant ses partenaires en larmes, le joueur de l’Inter Milan s’en est sorti après plusieurs jours à l’hôpital.

“Le Championnat d’Europe restera dans les mémoires à cause de l’épisode avec Christian Eriksen, et comment la sélection nationale nous a unis en tant que nation”, relève jeudi le quotidien de référence Politiken.

Les responsables politiques du petit pays nordique, peuplé de moins de six millions d’habitants, ont également remercié leurs improbables héros, alors que des Danois déçus et fiers se sont rassemblés dans les rues, jusque tard dans la nuit, entonnant l’hymne des supporters “On est Rouges, on est Blancs”.

“Vous avez uni le Danemark autour de vous, montré une cohésion exceptionnelle lorsque c’était vraiment le moment, on a rarement été aussi fiers! Merci pour le voyage”, a écrit sur Instagram la Première ministre Mette Frederiksen, dont le fil est depuis six jours composé exclusivement de photos de football.

“Respect! C’est triste mais respect pour l’équipe danoise, le collectif danois, la communauté danoise!”, a félicité la cheffe du parti populaire socialiste, Pia Olsen Dyhr, sur Facebook. “Et quel match a joué Kasper Schmeichel!”, a-t-elle ajouté.

La prestation du gardien de Leicester, “un mur”, lui vaut les louanges de la presse. “Un arrêt magnifique après l’autre, et plusieurs d’entre eux rappelaient les arrêts miraculeux de son père lors de la finale du championnat d’Europe de 92”, a écrit le quotidien Berlingske.

“Place au Mondial”

Séduisante dans le jeu, solide de part et d’autre du terrain, la sélection danoise a offert l’image d’une équipe unie. Sur l’ouverture du score à Wembley, le banc des remplaçants a bondi comme un seul homme.

A la fin de la rencontre, les joueurs ont également entouré et consolé Joachim Maehle, l’arrière droit de 24 ans qui a éclaté en sanglots, s’estimant coupable du penalty concédé.

Le défenseur “Jannik Vestergaard a pris soin de son jeune collègue”, relève le journal Ekstra Bladet, pour qui le joueur de l’Atalanta Bergame est “sans aucun doute l’un des plus grands héros danois de l’Euro”.

Avec lui, Pierre-Emile Hojbjerg, Kasper Dolberg et surtout Mikkel Damsgaard, auteur de l’ouverture du score, l’inspiré sélectionneur Kasper Hjulmand dispose de jolies cartes en main pour voir plus loin.

“Nous sommes désolés de ne pas être allés en finale, mais je peux dire avec certitude que nous allons attaquer à nouveau. Notre futur est plein d’espoir et on peut y croire, car ces gars-là sont exceptionnels”, a salué le technicien de 49 ans, heureux que l’équipe ait “reçu beaucoup d’amour et de soutien”.

En Une du quotidien Jyllands-Posten, cette conclusion: “L’Euro est terminé, place au Mondial” fin 2022 au Qatar.