Euro: l’Autriche veut “écrire une nouvelle page”

Les Autrichiens célèbrent leur victoire contre l’Ukraine et la qualification pour les 8e de finale de l’Euro, le 21 juin 2021 à Bucarest
Par Emmanuel BARRANGUET / © 2021 AFP

“Il ne faut jamais dire jamais, mon ami”, répond le buteur de l’Autriche Marko Arnautovic quand un journaliste évoque la malédiction contre l’Italie en grands tournois, avant de tenter d'”écrire une nouvelle page d’histoire” samedi en 8e de finale de l’Euro.

“Nous ne restons pas là en nous disant que nous avons atteint notre objectif avec les huitièmes et qu’après ce match on part en vacances, tout le monde veut rester ensemble et écrire une nouvelle page d’histoire”, lance le buteur de Shanghai.

La première page, c’était d’enfin sortir de la phase de poules. La nouvelle serait de battre la “Nazionale” après quatre défaites en quatre matches de Coupe du monde, de 1934 à 1998. Les deux nations ne se sont jamais affrontées en phase finale d’un Euro. L’Italie a aussi gagné la finale de Jeux olympiques de Berlin en 1936 (2-1 a.p.).

Mais la nouvelle Autriche est “une équipe jeune, qui a faim, nous voulons passer ce tour” et voir les quarts, poursuit le turbulent “Arnie”, suspendu un match à l’Euro pour des insultes contre un joueur de la Macédoine du Nord.

Lui n’a “pas peur du tout” de l’Italie, même si “c’est une équipe de classe mondiale”. “Le coach (Roberto Mancini) aussi est de classe mondiale, ils l’ont montré sur le terrain, ils n’encaissent pas de buts depuis 11 matches”, ajoute-t-il.

“S’ils se lèvent du mauvais pied…”

Atteindre les 8e, “ce n’était qu’une partie du travail”, met en garde le milieu Florian Grillitsch, élu meilleur joueur de la victoire contre l’Ukraine (1-0).

“L’Italie est le favori tout le monde le sait”, poursuit le joueur d’Hoffenheim, mais “dans un grand jour, pourquoi ne pas le faire?”

“Si nous sommes dans un grand jour et qu’ils se lèvent du mauvais pied”, sourit Marcel Sabitzer, un des atouts de cette équipe pour son sens de la passe.

Tous les joueurs autrichiens passés devant les médias les jours précédant le match rappellent cette statistique effrayante: l’Italie n’a pas encaissé de buts depuis 11 matches, ni perdu depuis 30 matches!

Grillitsch éprouve un “énorme respect” pour l’Italie, “mais nous n’avons pas à nous sentir petits par rapport à eux”, assure-t-il.

Comment battre l’Italie? “Avec nos armes”, répond Sabitzer. “Nous allons courir, mais nous avons beaucoup de joueurs pour ça, et aussi des joueurs de ballon. Il y aura des moments il faudra juste savoir réagir”, développe-t-il.

“Si elle se ferme bien en défense”

Les armes de l’Autriche, l’ancien international italien Aldo Serena, sur le banc pour la victoire au “Mondiale” 1990 (1-0), s’en méfie.

“C’est une équipe pas simple à jouer”, explique-t-il à l’AFP, “elle a des valeurs collectives remarquables. Si elle se ferme bien en défense, elle pourrait gêner le jeu de l’Italie”.

“Je crois que l’Autriche ne jouera pas à visage découvert”, poursuit l’ancien attaquant (24 sélections, 5 buts), “elle cherchera à ne pas donner prise aux contre-attaques rapides de l’Italie et va chercher à jouer placée, avec un barycentre assez bas”.

Serena attire aussi l’attention sur les individualités de l’Autriche.

“Arnautovic a été une météorite ici en Italie (2009-2010 à l’Inter, 3 matches, NDLR), il est sur courant alternatif, mais il est capable d’inventer quelque chose, de porter le coup décisif. Même dans un jour moyen, il peut tirer une +giocata+ (un geste d’exception, NDLR) à partir de rien”, prévient l’ancien des trois grands, la Juventus, l’Inter et l’AC Milan.

“Baumgartner me plaît beaucoup”, ajoute-t-il, “c’est un milieu très offensif, dynamique, avec une belle frappe, il est assez complet”.

Et si “on ne découvre pas” David Alaba, “le leader qu,i à la fois, donne le rythme et lit très bien le jeu en défense”, Serena a aussi repéré “les courses à haute intensité de (Konrad) Laimer”.

“Nous avons assez de joueurs pour exploiter un ou deux ouvertures”, embraye Baumgartner. “Si on les élimine, nous serons des héros…”