Euro: la Turquie et son “roi” Burak Yilmaz au bord du gouffre

Le capitaine turc Burak Yilmaz après avoir raté une occasion de but contre le pays de Galles à l’Euro le 16 juin 2021 à Bakou
Par Nicolas BLASQUEZ avec Burcin GERCEK à Istanbul / © 2021 AFP

La Turquie et son buteur-vedette Burak Yilmaz, très discret jusque-là, n’ont plus le choix: ils doivent absolument battre la Suisse dimanche à Bakou (18h00) pour espérer arracher leurs billet pour les huitièmes de finale de l’Euro.

Après avoir manqué leur entrée en lice face à l’Italie lors du match d’ouverture du tournoi (3-0), les Turcs ont fait un peu plus illusion contre le pays de Galles, mais ils ont été punis (2-0) de leur manque d’efficacité.

Si une victoire face aux Helvètes assurerait à la Turquie de finir troisième du groupe A, il lui faudra décrocher un large succès pour améliorer sa différence de but calamiteuse (-5) et compter sur des résultats très favorables pour espérer finir parmi les quatre meilleurs troisièmes des six groupes.

Qu’il semble loin le temps où le “roi” Burak, comme il est surnommé en Turquie, survolait la fin de la saison de Ligue 1 pour mener Lille au titre de champion avec notamment sept de ses 16 buts inscrits lors des sept dernières journées…

Il y a à peine plus de trois semaines, il paradait dans les rues de Lille perché sur un bus à impériale avec le trophée de champion de France dans les mains, acclamé par des dizaines de milliers de supporters lillois dont il est devenu le chouchou grâce à son engagement et sa détermination de tous les instants.

Mais à l’Euro, le capitaine turc (35 ans) n’a pas encore répondu aux énormes attentes qui reposent sur ses épaules: avec six tirs, dont seulement un cadré, en deux rencontres, le bilan statistique est famélique pour l’avant-centre aux 29 buts en 69 sélections, qui n’a pas été aidé non plus par ses partenaires, peu inspirés dans le jeu.

“Très en colère”

“Très en colère” après le revers face au Gallois, Yilmaz a sonné la révolte selon le quotidien sportif Fotomaç, qui a écrit vendredi que l’attaquant avait fait son autocritique, tout en ne ménageant pas ses équipiers.

“Nous avons trahi la confiance placée en nous. Ce résultat ne nous convient pas. Nous avons été en dessous des attentes. On n’a pas montré l’ambition ni fait les efforts nécessaires pour gagner lors des rencontres face à l’Italie et le pays de Galles”, a-t-il analysé.

“Nous n’avons pas su tirer les leçons de nos erreurs. Je me vise aussi par ces critiques. Il reste désormais une seule chose à faire: montrer notre vrai visage contre la Suisse et gagner. Nous le devons à notre peuple qui nous a toujours soutenus”, a-t-il ajouté.

Très critiqué en Turquie, le sélectionneur Senol Günes, pourtant héros national pour avoir mené la sélection à la troisième place lors de la Coupe du monde 2002, devrait procéder à plusieurs changements dimanche pour remobiliser son équipe, qui n’a plus son destin en main.

Mais avant de sortir la calculatrice, les Turcs vont déjà devoir battre les Suisses, neutralisés par les Gallois (1-1) mais impuissants face aux Italiens (3-0).

Pour ce faire, ils devront retrouver cette solidité et cette force collective qui leur avait notamment permis de battre la France, championne du monde, en juin 2019 (2-0) ou encore les Pays-Bas (4-2), terrassés en mars dernier par un triplé de Yilmaz, qui revenait pourtant de blessure.

L’attaquant de Lille connaît la recette du succès et tout un pays compte sur ses talents de meneur d’hommes pour redresser la barre et ainsi continuer à rêver d’un joli parcours à l’Euro.