Euro: la Belgique tombe (encore) de haut

La déception du milieu belge Kevin De Bruyne après la défaite en quart de finale de l’Euro face à l’Italie, à Munich, le 2 juillet 2021
Par Benoît NOEL / © 2021 AFP

Une défense doublement fautive et une animation offensive tellement prévisible: la Belgique a quitté l’Euro vendredi en quart de finale, dominée (2-1) par l’Italie qui a joué comme les “Diables Rouges” auraient voulu le faire.

“L’objectif était d’avoir la possession au milieu de terrain et de leur faire mal sur les ailes. Mais nous n’y sommes pas parvenu”, a constaté, dépité, le gardien de but Thibaut Courtois.

Car ce sont les Italiens qui ont mis le pied sur le ballon dans l’entre-jeu et qui se sont montrés dominants sur les côtés, grâce notamment à des prestations étincelantes de Lorenzo Insigne et du malheureux Leonardo Spinazzola, sorti blessé en fin de rencontre.

La Belgique a donc le plus souvent subi et a été trahie par sa défense vieillissante.

Une erreur de… débutant du pourtant expérimenté Jan Vertonghen (35 ans), auteur d’une mauvaise relance plein axe, a mis les siens en mauvaise posture dès la demi-heure et le but de Nicolo Barella.

Un quart d’heure plus tard, c’est un manque de pressing de Toby Alderweireld (32 ans) qui permettait à Insigne de doubler la marque d’une splendide frappe enroulée.

Du pain béni pour la “Nazionale” qui a continué à jouer haut, plutôt que de mettre en place son (jadis) traditionnel “catenaccio” défensif.

“Difficile à digérer”

Pénalisée par les nombreuses pertes de balles de Thomas Meunier et de Thorgan Hazard sur leurs côtés, les Belges ont souffert pendant 90 minutes.

Aux avants-postes, les “Diables Rouges” n’ont été dangereux qu’en contre-attaque, à l’exception de vingt premières minutes plutôt maîtrisées.

Mais, comme attendu, le géant Romelu Lukaku a souvent été privé de ballons, pris en tenaille par le tandem Bonucci-Chiellini. Les longs ballons arrivaient rarement tandis que “Big Rom” loupait l’immanquable en fin de partie.

“L’Italie était trop forte, trop intelligente, trop bonne”, résume le quotidien flamand De Morgen dans son édition de samedi

“Cela aurait dû être l’année où la Belgique aurait pu remporter la coupe tant convoitée. Malheureusement, ce ne fut pas le cas”, se lamente le journal De Standaard. “Sur le papier, cette génération dorée mérite mieux qu’une élimination en quart de finale. Mais dans la pratique, il s’avère tellement difficile d’obtenir ce prix mérité”.

La Dernière Heure/Les Sports est, elle, inquiète: “La génération dorée ne gagnera pas encore de tournoi cette année. Et elle n’en gagnera peut-être jamais. Ce nouvel échec sera difficile à digérer”.

Car sous Roberto Martinez, les Belges évoluent selon le même système (3-4-2-1) et avec les mêmes hommes depuis cinq ans.

Un système d’abord efficace, puisqu’il a permis aux joueurs de l’entraîneur catalan d’atteindre la 3e place du Mondial-2018 (meilleur résultat de leur histoire) et de figurer en tête du classement mondial Fifa depuis trois ans.

Se réinventer

Mais un système auquel les adversaires se sont adaptés durant cet Euro. Les Belges ont d’abord été bousculés par les Danois et les Portugais, avant d’être mangés par la “Nazionale” de Roberto Mancini.

Il va donc falloir se réinventer rapidement, car le Mondial-2022 au Qatar, c’est dans seize mois.

Réinventer une défense, car on imagine mal le trio centenaireVertonghen (35 ans), Vermaelen (34) et Alderweireld (32)sortir intact de la désillusion de l’Euro.

Et réinventer un jeu offensif en espérant que Kevin De Bruyne et Eden Hazard retrouvent un physique solide. Car sans ses deux milieux créateurs à 100%, le Belgique devient une équipe banale.

Et quand on évoque un renouvellement, se pose bien sûr, comme toujours, la question du sélectionneur.

Roberto Martinez est sous contrat jusqu’au Mondial-2022 et, samedi, la presse belge ne réclamait pas son départ.

L’entraîneur, lui, se voulait plus énigmatique: “Je ne veux pas parler sur un coup de tête ou être dans l’émotionnel. Le temps de l’analyse viendra plus tard”.