Euro: Kulusevski pour déconfiner l’attaque de la Suède

Le milieu de terrain suédois Dejan Kulusevski lors d’un entraînement le 27 mai 2021 à Bastad en Suède.
Par Anthony LUCAS, avec Hélène DAUSCHY à Stockholm / © 2021 AFP

La Suède, déjà qualifiée pour les huitièmes de l’Euro, principalement grâce à une défense intraitable, ne va pas se plaindre de retrouver mercredi Dejan Kulusevski, guéri du coronavirus, sa principale arme offensive en l’absence de la star Zlatan Ibrahimovic.

“Ce n’est pas facile de passer directement du canapé” à l’Euro, reconnaît l’ailier de la Juventus, qui a dû suivre les débuts de la Suède contre l’Espagne (0-0) depuis son sofa, chez lui, à l’isolement après avoir été testé positif au Covid-19.

Après avoir “beaucoup dormi, beaucoup mangé”, mais aussi “lu, médité et regardé des séries” pendant ce repos forcé, il a repris l’entraînement avec ses partenaires la semaine dernière.

Encore trop juste et resté sur le banc contre la Slovaquie (1-0, but sur penalty), il a davantage de chances de tâter le terrain mercredi (18H00) à Saint-Pétersbourg lors de la dernière rencontre du 1er tour, contre la Pologne.

“Je me sens très bien, je pense vraiment que je peux jouer”, a assuré lundi devant la presse la pépite suédoise de 21 ans.

Ce retourpas forcément comme titulairese fait sans pression puisque les “Blagult” (“Bleus et jaunes”) ont entre-temps validé leur billet. Ils sont assurés de terminer au moins parmi les quatre meilleurs troisièmes, même en cas de défaite contre la Pologne.

Polyvalent, peut-être trop

Le gardien polonais Wojciech Szczesny, coéquipier de Kulusevski à la Juve, se méfiera évidemment en connaisseur des délicieuses frappes enveloppées du gaucher suédois. Une spécialité maison qu’il a notamment servie à l’Atalanta Bergame, son club formateur, il y a un mois en finale de la Coupe de l’Italie (2-1).

Avec ce but et ce trophée soulevé avec les Bianconeri, le roux au visage de poupon a terminé sur une bonne note une première saison turinoise à l’image de celle de son club, avec quelques bons moments mais pas au niveau des objectifs.

Sous les ordres d’Andrea Pirlo, sa polyvalence a été sa qualité première: il a été capable de jouer sur l’aile, en milieu offensif mais aussi en deuxième pointe, de temps en temps, aux côtés de Cristiano Ronaldo.

Mais cela a peut-être aussi été sa faiblesse car on n’a jamais trop su quel était le poste de prédilection de ce joueur vif et athlétique, aimant dribbler et prendre les espaces, mais parfois un peu perdu dans les systèmes mouvants de Pirlo.

A Parme, où l’Atalanta l’avait prêté la saison précédente, son caractère explosif avait fait des merveilles avec dix buts et huit passes décisives, incitant la Juve à casser sa tirelire pour le faire venir (44 millions d’euros, bonus compris).

Le choix de la Suède

A Turin, malgré un temps de jeu plus que correct dans le riche effectif bianconero (35 matches, dont 19 titularisations en Serie A), il a dû se contenter de quatre buts et trois passes décisives.

“Je savais qu’en venant ici, cela n’aurait pas été facile, mais c’est dans l’ordre de choses. Si tout avait été simple, cela n’aurait pas été amusant”, a-t-il souligné début mai au micro de Sky Sport en Italie.

“J’ai changé de rôles et de façon de jouer, mais les concepts ont été toujours les mêmes: dialoguer avec les partenaires, jouer près des attaquants et être toujours dans le vif du sujet. J’ai fait moins de passes décisives et moins de buts que la saison précédente, mais c’est logique, je n’ai pas de regrets” avait-il ajouté.

En parallèle à cette adaptation mitigée à Turin, le natif de Stockholmde parents macédonienss’est installé cette saison en équipe de Suède avec désormais 13 apparitions avec le maillot jaune et bleu, qu’il a choisi de porter après avoir représenté la Macédoine du Nord chez les moins de 17 ans.

L’Euro semble, en l’absence de Zlatan Ibrahimovic, forfait après une blessure au genou gauche, l’occasion pour lui de répondre aux attentes grandissantes, dans une ligne d’attaque où a brillé contre la Slovaquie Alexander Isak, 21 ans également. La carte jeune de la Suède pour enfin tourner la page “Ibra”.