Euro: Jordan Pickford, la forte tête des Anglais

Le gardien anglais Jordan Pickford lors du 8e de finale de l’Euro contre l’Allemagne à Wembley, le 29 juin 2021
/ © 2021 AFP

Longtemps risée du football mondial pour les bourdes de ses gardiens de but, l’Angleterre a enfin trouvé en Jordan Pickford un dernier rempart de premier choix: il n’a pas encaissé de but depuis le début de l’Euro et sera l’un des atouts majeurs lors du quart de finale contre l’Ukraine, samedi.

Shocking! Le football anglais qui a fait éclore des gardiens légendaires comme Gordon Banks, Peter Shilton, Ray Clemence ou même David Seaman, a souvent été trahi ces dernières années par les erreurs des David James, Robert Green et autres Joe Hart.

Sans gardien fiable, pas d’espoir de titre. C’était avant Pickford. A 27 ans, le portier d’Everton a lui aussi été critiqué, mais il fait taire ses nombreux détracteurs avec des prestations impeccables, à l’image de celle contre l’Allemagne, mardi (2-0), premier succès face à cet adversaire en 55 ans dans un match à élimination directe.

Il a remporté un face-à-face avec Timo Werner (32e), détourné au dessus de la barre d’un superbe réflexe une frappe de Kai Havertz (48e), à 0-0, et obligé, par son placement et en restant sur ses appuis, Thomas Müller à trop croiser sa frappe à la 81e à 1-0.

Trois interventions décisives pour un quatrième match consécutif sans encaisser de but dans un tournoi majeur, une performance que seul l’illustre Gordon Banks avait réalisé lors du Mondial-1966 en Angleterre, le seul trophée majeur à ce jour des “Three Lions”.

Samedi, il pourrait l’effacer des tablettes en cas de nouvelle “clean sheet” à Rome, contre l’Ukraine, une performance dans ses cordes, puisqu’il l’a réalisée onze fois lors de ses 15 dernières sorties en équipe nationale.

Avant le début de l’Euro, pourtant, il suscitait plus de craintes que d’espoirs.

Expert en tirs au but

Le Mondial-2018, où il s’était révélé, semblait avoir été complètement effacé des tablettes.

A 24 ans, il avait remplacé un Joe Hart déclinant, entamant la compétition avec trois sélections au compteur et la confiance totale de Gareth Southgate, qui ne s’est jamais démentie, depuis qu’il l’a eu sous ses ordres chez les Espoirs.

Pour sa septième sélection, en huitième de finale, il avait mis fin à 23 ans d’élimination aux tirs au but face à la Colombie (1-1, 5-4 aux tirs au but) en détournant la tentative de Carlos Bacca.

En juin 2019, il avait récidivé face à la Suisse en Ligue des Nations (0-0, 6-5 aux tirs au but), stoppant la frappe de Josip Drmic, après avoir lui-même transformé le 5e tir au but anglais.

Mais en club, Pickford n’a pas toujours été aussi convaincant.

Gardien au style peu académique”à la vitesse où va le jeu moderne, c’est plus difficile de réaliser l’arrêt parfait”, avait-il plaidé dans The Telegraph avant l’Euroses boulettes avec les Toffees, qui lui ont coûté un temps sa place en novembre, ont entretenu le doute sur sa fiabilité.

Un psychologue à ses côtés

“Ce que j’aime chez lui, c’est son calme. Il a parfois été critiqué sous le maillot d’Everton, mais avec celui de l’Angleterre, ce type semble grandir. Il est plus confiant, il contrôle toutes les situations”, a admis Rio Ferdinand à la BBC après le match contre l’Allemagne.

Un aspect que Pickford travaille depuis quelques mois avec un psychologue.

“Dans le football, comme dans n’importe quel sport, ces petits un ou deux pour cent de gainsjuste pour accroître vos capacité sur le terrain et ce que vous pouvez y réussirsont primordiaux”, a-t-il expliqué au Telegraph.

“Investir dans son corps est capital. Que ce soit par la nutrition, la psychologie ou des séances de musculation supplémentaires, je pense que tout aide”, avait-il ajouté.

Après le match mardi, il s’est borné à vouloir “continuer à travailler dur et juste essayer de tout faire bien”.

“Essayer d’être le meilleur Jordan Pickford que je puisse être. C’est tout ce que je peux faire”. Et pour le moment, l’Angleterre s’en contentera volontiers.