Euro-Espoirs: première phase pour les Bleuets, qui voient bien plus loin

Le sélectionneur Sylvain Ripoll lors d’un entraînement des Bleuets, à Clairefontaine, le 12 novembre 2019
Par Stanislas TOUCHOT / © 2021 AFP

Trois matches en moins de huit jours face au Danemark, à la Russie et à l’Islande: l’équipe de France Espoirs débute cette semaine en Hongrie la première phase de l’Euro, mais son extraordinaire potentiel l’autorise à viser plus haut que la simple qualification pour la phase finale

“On a une équipe avec beaucoup de potentiel. Il y a beaucoup d’attentes et on en est satisfait. Mais tout l’enjeu sur le terrain sera d’être à la hauteur des attentes créées à la lecture de cette liste”, a rappelé lundi le sélectionneur Sylvain Ripoll.

Ces fameux noms qui ont suscité tant de curiosité lorsque Ripoll a dévoilé son groupe la semaine dernière, ce sont ceux de Camavinga (Rennes) ou Ikoné (Lille), déjà passés par l’équipe de France A, de Kamara (Marseille) ou Koundé (Séville), qui en sont très proches, ou encore de Tchouaméni (Monaco), Fofana (Leicester), Badiashile (Monaco) ou Gouiri (Nice), tous auteurs d’une saison de haut niveau dans des clubs d’élite.

Les Bleuets ont pourtant déjà perdu deux éléments de valeur, avec les forfaits de Diaby (Leverkusen, Covid) et Aouar (Lyon, blessure musculaire). Mais au vu des performances de leurs remplaçants Claude-Maurice (Nice) et Laurienté (Lorient) lors de la dernière journée de Ligue 1, il n’y a pas forcément lieu de s’inquiéter.

Qualifiés pour cet Euro en deux morceaux grâce à leur première place en éliminatoires, les coéquipiers du néo-capitaine Matteo Guendouzi, sont tombés dans le groupe C, homogène et qui semble à leur main, face au Danemark, à la Russie et à l’Islande.

Leur statut de tête de série leur a évité d’affronter dès les poules l’Espagne, l’Allemagne ou l’Angleterre, traditionnelles terreurs de la catégorie d’âge, mais ils ont aussi échappé au Portugal, à l’Italie ou aux Pays-Bas.

“Je me méfie de ces histoires de noms ronflants. Le degré de vigilance doit être exactement le même parce qu’on a des adversaires costauds, dangereux, qui vont nous poser des problèmes”, a pourtant assuré Ripoll, qui rappelle que Russie et Danemark ont aussi fini en tête de leurs poules.

objectif, gagner

De toutes façons, les jeunes Français savent bien que leur bref séjour dans l’ouest de la Hongrie ne sera pas une partie de plaisir.

Lundi, ils se sont retrouvés à Clairefontaine, où ils ont subi test PCR et contrôle antidopage. Mardi, ils s’envoleront vers leur camp de base de Bük et mercredi, il sera déjà l’heure de l’entraînement de veille de match contre le Danemark. Ensuite, tout s’enchaînera très vite avec la Russie dès dimanche et l’Islande le mercredi suivant.

“On est habitué à avoir seulement deux ou trois jours de travail avant le premier match”, a relativisé Ripoll. “Pour pallier le manque de temps, on s’appuie sur un groupe qui se connaît bien et sur des choses qui ont déjà été mises en place. Mais c’est vrai qu’avec des joueurs qui ont joué dimanche, on n’a en fait qu’un seul entraînement, celui de veille de match, pour préparer ensemble la rencontre”, a-t-il ajouté.

Mais l’objectif, bien sûr, est de sortir de la poule. “J’ai raisonné performance et court terme, donc je suis centré sur la première phase. L’enjeu est de se qualifier”, avait rappelé le sélectionneur la semaine dernière.

Ensuite, il y aura la phase finale, avec une nouvelle liste, qui sera elle aussi impressionnante, même si certains peuvent encore rêver à l’Euro des grands, avec l’équipe A de Didier Deschamps. Plus tard encore, certains seront peut-être à Tokyo avec l’équipe de France olympique.

Mais cette génération 1998 peut déjà voir grand chez les Espoirs. Guendouzi le rappelait au soir de la qualification, “l’objectif c’est de gagner l’Euro”. Les Bleuets ne l’ont pas fait depuis 1988.