Euro Espoirs: Guendouzi, capitaine panache

Le milieu français Matteo Guendouzi (g) lors du match de qualification à l’Euro Espoirs contre la Slovaquie, à Strasbourg, le 12 octobre 2020
Par Stanislas TOUCHOT / © 2021 AFP

Regonflé par un prêt réussi au Herta Berlin, Matteo Guendouzi guidera l’équipe de France Espoirs jeudi (21h) à Szombathely (Hongrie) face au Danemark pour son entrée dans l’Euro, avec l’énergie, l’autorité et la flamme de victoire qui brûle en lui depuis l’enfance.

Il y a deux ans, en Italie, Guendouzi avait débuté son premier Euro Espoirs dans la peau d’un remplaçant trépignant sur le banc. Il l’avait fini titulaire, courant partout, replaçant ses équipiers, les guidant, les poussant sans cesse.

Depuis, il est devenu un cadre du groupe de Sylvain Ripoll et a naturellement récupéré le brassard de capitaine après la grave blessure de Jeff Reine-Adelaïde. Il a aussi fait quelques visites, sans jouer, au sein de l’équipe de France A de Didier Deschamps, mais sans jamais perdre l’enthousiasme de retrouver ceux de son âge.

“On est très fiers d’être là. Certes, notre objectif à tous est d’être installé durablement en A mais on donne tout pour les Espoirs”, a-t-il répété vendredi depuis le camp de base des Bleuets, posé à Bük, une très tranquille petite ville de l’ouest de la Hongrie.

Dans un groupe extrêmement talentueux, rempli d’éléments solidement installés dans des clubs du haut de tableau des meilleurs championnats européens, Guendouzi est avant tout le garant de la bonne attitude.

“Au-delà de ses caractéristiques techniques, sa capacité à bien gérer le ballon, le tempo, à déclencher le pressing, Matteo c’est surtout de l’enthousiasme, de la générosité, de la fraicheur, une garantie sur le fait qu’on va vivre les évènements et pas les subir”, a résumé son sélectionneur vendredi.

“Pour mon pays”

Ce fort caractère, le milieu de terrain formé au Paris SG et passé par Lorient avant de rejoindre Arsenal et Unai Emery, à qui il avait tapé dans l’oeil, le tient de son enfance.

“Depuis très jeune, j’ai toujours eu cette mentalité de toujours vouloir gagner. Déjà petit, quand je perdais ou que je faisais match nul, j’avais de l’énervement. Même en arrivant à Arsenal, où il y avait de très grands joueurs, je suis resté moi-même et ça a fait de moi un leader dans l’équipe”, a-t-il expliqué.

“C’est quelque chose de très naturel pour moi d’être là pour mon équipe. Je vis chaque match pour le gagner et je crois le transmettre à mes coéquipiers sur le terrain. Ils peuvent avoir confiance en moi comme moi j’ai confiance en eux”, a-t-il ajouté.

La rage de vaincre l’a aussi parfois amené à quelques accrochages et quelques embrouilles, de celles qu’un capitaine est censé éviter. “Le brassard, ça donne des responsabilités. Mais je serai toujours le même joueur sur le terrain, à donner le maximum, à toujours mouiller le maillot, à me battre pour mes équipiers, mon maillot, mon pays. Ca, ça ne changera jamais”, a-t-il pourtant assuré vendredi.

En puberté

En club aussi, la forte personnalité du jeune homme aux longs cheveux bouclés fait parfois des vagues. “C’est un jeune joueur. C’est comme s’il traversait la puberté, il est un peu rebelle. Il doit savoir où se trouve la limite, il doit apprendre, vachement apprendre”, a résumé fin février Pal Dardai, l’entraîneur hongrois du Herta Berlin.

En rupture avec Arsenal et son coach Mikel Arteta, Guendouzi a tout de même réussi à trouver en Allemagne la continuité à laquelle il aspirait. “J’étais venu pour reprendre du temps de jeu et du plaisir sur le terrain et c’est totalement ce que j’ai réussi à faire. Je suis très heureux de ce prêt”, a-t-il lâché vendredi.

L’esprit libre, il peut se donner à 100%, la seule façon qu’il connaisse, aux Espoirs et à leurs ambitions, forcément élevées quand on voit les noms qui composent la liste.

“On a les qualités pour aller très loin. Avec la génération qu’on a, la barre est forcement mise très haut”, a-t-il admis. “On peut faire quelque chose de très grand, j’en suis convaincu.”