Euro-Espoirs: enfoncer le clou et revenir en mai

L’équipe de France alignée face à la Russie lors du Championnat d’Europe Espoirs à Szombathely, en Hongrie, le 28 mars 2021
Par Stanislas TOUCHOT / © 2021 AFP

Relancée par son succès dimanche sur la Russie, l’équipe de France Espoirs doit désormais plier l’affaire mercredi à Györ contre l’Islande, l’équipe la plus modeste du groupe C, avec une victoire qui lui garantirait de revenir fin mai en Hongrie pour la phase finale de l’Euro.

Samedi à Szombathely, les Bleuets ont offert un maillot dédicacé à Gabor Kiraly, le gardien hongrois aux 108 sélections et au fameux jogging gris. Il serait dommage que ce maillot soit le seul souvenir laissé par les Espoirs français en Hongrie.

Pour laisser une trace plus profonde, ils pourraient par exemple se qualifier pour les quarts de finale, sous les yeux du président de la Fédération française de football (FFF), Noël Le Graët, qui arrive demain en Hongrie. Ils reviendraient alors à partir du 31 mai dans la région de Budapest pour y affronter les Pays-Bas ou l’Allemagne et se battre pour un titre que la France n’a remporté qu’une fois, en 1988.

Or, une victoire mercredi contre l’Islande, déjà battue deux fois, qui a déjà encaissé six buts et qui semble tellement résignée à l’élimination qu’elle a laissé quatre de ses joueurs rejoindre l’équipe A, ne serait pas précisément un exploit pour les Bleuets.

Du coup, l’ambiance s’est considérablement allégée après la victoire (2-0) contre la Russie, alors que la défaite inaugurale contre le Danemark (1-0), au bout d’un match très pauvre, avait énormément déçu le sélectionneur Sylvain Ripoll.

“Forcément, ça a fait du bien et ça permet d’aborder ce match avec notre destin entre les pieds. Après le premier match qu’on a fait, c’est vraiment ce qu’on pouvait espérer de mieux”, a résumé le technicien breton mardi.

Deux finales

Les joueurs, de leur côté, ont assuré que le Danemark avait servi de leçon et qu’on ne les y reprendrait plus à jouer au ralenti alors qu’ils sont arrivés en Hongrie avec un statut de F1 des sélections Espoirs.

“Ça nous a fait du bien de comprendre qu’on n’est pas les rois du monde et qu’on doit faire attention à toutes les équipes. Ça n’est pas parce qu’on a des joueurs qui jouent en Ligue des champions qu’on gagne comme ça. Il faut se bouger”, a ainsi expliqué mardi le latéral droit du Paris SG Colin Dagba.

“Le match contre la Russie nous a rassurés mais il faut rester sur ces bases et même augmenter le niveau, parce qu’en deuxième période on a un peu subi”, a aussi alerté Jonathan Ikoné, plus que précieux dimanche contre les Russes et qui devrait enchaîner face aux Islandais.

D’autres n’ont pas de garanties, à l’image d’Eduardo Camavinga, Matteo Guendouzi, Wesley Fofana ou Boubacar Kamara, les grands perdants du premier match.

“Forcément, quand un match n’est pas bon, avec un groupe aussi homogène, les possibilités de changements existent. J’ai un groupe de 23 joueurs de qualité. Certains vont être déçus mais c’est le haut niveau et une seule chose compte, que l’équipe de France soit en quarts de finale mercredi soir”, a expliqué Ripoll.

Curieusement, le chemin de ces quarts de finale passait par “deux finales”, comme l’ont dit en chœur plusieurs joueurs depuis dimanche. “La Russie c’était la première finale, maintenant il faut gagner la deuxième, il n’y a pas à se poser de questions”, a ainsi déclaré Ibrahima Konaté.

“On sait que c’est le dernier match, ensuite chacun va rentrer dans son club. Il va falloir tout donner parce que l’objectif c’est de revenir fin mai pour continuer cette compétition”, a-t-il ajouté. Fin mai, puis début juin, quand il sera vraiment temps de laisser une trace.