Euro-Espoirs: Bien mais peut mieux faire pour les Bleuets

Les joueurs de l’équipe de France, avant leur match de l’Euro-Espoirs contre l’Islande, le 31 mars 2021 au stade Alcufer à Gyirmot, près de Gyor (Hongrie)
Par Stanislas TOUCHOT / © 2021 AFP

Qualifiés le 31 mars pour un match programmé le 31 mai: L’équipe de France Espoirs a rempli en Hongrie sa première mission, atteindre la phase finale de l’Euro, mais doit s’atteler à plusieurs chantiers avant le quart de finale face aux Pays-Bas.

. Une sélection normalisée

Pendant des années, la sélection Espoirs a été celle des attentes déçues, des dérapages incontrôlés, des éliminations impossibles et des improbables casseroles, de l’escapade havraise de Mvila, Ben Yedder ou Griezmann au chambrage malvenu de Kurzawa face à la Suède.

Avec Ripoll, les Bleuets ont joué une demi-finale d’Euro en 2019 en Italie, se sont qualifiés pour les JO et ont donc pris leur billet pour les quarts de finale cette année.

Les Espoirs sont donc redevenus une équipe de haut niveau, mais le potentiel étourdissant de la génération actuelle invite à demander plus que le bilan simplement correct de cette première phase conclue par deux victoires logiques contre Russie et Islande (2-0 à chaque fois) mais ternie par la défaite initiale contre le Danemark (1-0).

“Je retiens la qualification. On savait que ça serait très difficile. On a vu des sélections (Angleterre) avec des grands joueurs éliminés. On voulait être en quarts et l’objectif est atteint”, a déclaré le capitaine Matteo Guendouzi aux médias français présents en Hongrie, dont l’AFP.

“On est une magnifique génération, avec des très grands joueurs à chaque poste et même sur le banc. On a vraiment une très grande équipe mais on sait qu’il faut mettre beaucoup d’engagement et d’intensité dans tout” a ajouté l’ancien milieu de terrain d’Arsenal, toujours convaincu que son équipe “peut faire quelque chose de très grand”.

. Koundé et Edouard, valeurs sûres

La première phase a confirmé ce qui sautait aux yeux à la lecture de la liste des joueurs sélectionnés: au milieu et surtout derrière, le réservoir des Espoirs est immense et de très haut niveau.

Décevants lors du premier match, des joueurs du calibre de Fofana (Leicester) ou Kamara (Marseille) n’ont ainsi plus remis les pieds sur le terrain et ceux qui les ont remplacés, Dagba et Tchouaméni, ont été très performants.

Dans les buts, Lafont a été rassurant et décisif face aux Russes, alors qu’en attaque, Edouard, meilleur buteur de l’histoire des Espoirs (17 buts en 13 matches) a encore marqué deux fois.

“C’est le buteur dans toute sa splendeur. Il n’a pas grand-chose à se mettre sous la dent mais il est capable d’être efficace sur deux ballons qui trainent. Ca fait de lui un buteur assez rare”, a résumé le sélectionneur Sylvain Ripoll, qui a tout de même regretté l’absence de Diaby (Covid), dont la vitesse a manqué.

Derrière, les options semblent infinies mais Koundé s’est détaché, par son aisance technique, sa vitesse, sa lecture du jeu et sa personnalité. Si Didier Deschamps n’a pas besoin de lui chez les A, il sera en mai un patron précieux.

. Camavinga, un coup pour rien ?

Il était l’attraction et il a un peu déçu. Titulaire et perdu contre le Danemark, entré en jeu moyennement face à la Russie puis avec plus de tranchant contre l’Islande, Camavinga n’a pas été très convaincant.

“Le bilan est moyen, forcément”, a reconnu Ripoll. “Mais ça ne change rien à son talent et à son potentiel. C’est un très, très jeune joueur, qui a mis la barre très, très haut, très tôt. Avec son talent et son état d’esprit, il n’y aucune raison de s’inquiéter”, a relativisé le sélectionneur.

Celui-ci doit désormais se pencher sur la suite, avec une liste pour la phase finale qui a peu de chances d’être identique à celle de mars. “La coupure va induire des performances qui vont varier. Il y aura malheureusement des joueurs qui ne seront plus disponibles parce que blessés, a-t-il admis. Il y a des chances que les choses bougent.”