Euro-Espoirs: Amine Adli, la météorite des Bleuets

Le jeune Français Amine Adli à l’attaque avec le Bayer Leverkusen, lors de la réception du Bétis séville en Ligue Europa, le 4 novembre 2021

Par Emmanuel BARRANGUET / © 2021 AFP

En trois matches, Amine Adli a réussi une entrée fracassante en équipe de France Espoirs, où il amène sa fraîcheur et sa joie de jouer. Sa trajectoire se poursuit à Skopje, contre la Macédoine du Nord, mardi (18h30).

Météorite. Arrivé au rassemblement précédent en octobre, l’attaquant du Bayer Leverkusen, 21 ans, a marqué un but contre l’Ukraine (5-0), un but en Serbie (3-0) en octobre, et participé au festival contre l’Arménie (7-0) jeudi, en qualifications à l’Euro-2023 où les Bleuets dominent leur groupe.

A son deuxième rassemblement, il ne se sent déjà plus un nouveau mais “un peu comme les autres, glisse-t-il en conférence de presse. Ça se passe plutôt bien, c’est un plaisir de venir en sélection”.

Et ce mot est important. “Pour moi, c’est primordial, le plaisir au foot, je pense que ça se ressent quand je joue, lance Amine Adli. Et cela signifie aussi prendre du plaisir dans le travail”.

Avec lui, le carré d’attaque a tourné à plein régime contre l’Arménie. Avec Ryan Cherki, Sofiane Diop et Arnaud Kalimuendo, “il y a une vraie connexion, assure Adli. Elle se fait naturellement, on aime tous jouer le même style de foot, technique, on aime combiner, jouer dans les petits espaces”.

Cette complémentarité, “le mérite revient surtout à la valeur et l’intelligence des joueurs”, souligne le sélectionneur, Sylvain Ripoll. “Avec Sofiane à gauche, Amine à droite, donc des pieds inversés, il faut de la coordination, de l’intelligence, il faut qu’ils se regardent, pour ne pas occuper les mêmes espaces”.

“On veut tous s’amuser”

Et la personnalité de l’ancien Toulousain séduit. “Amine a beaucoup d’enthousiasme, dans la vie de groupe et sur le terrain, note Ripoll. Avec sa technique en mouvement, il amène de la vitesse autour du porteur de balle”.

Avec ses coéquipiers de l’attaque, “on veut tous s’amuser, mais en étant décisif, l’important est d’être efficace”, rappelle Adli, qui progresse aussi sur ce plan-là au Bayer Leverkusen, rejoint cet été après trois saisons à Toulouse dans l’équipe professionnelle.

“C’est tout nouveau, je n’avais pas l’habitude de jouer tous les trois jours, avec une intensité plus forte, avec des trêves internationales. C’est plus difficile, mais c’est bénéfique pour l’avenir. J’apprends de nouvelles choses sur l’hygiène, comment récupérer plus rapidement”, raconte-t-il.

“Ça change énormément de la L2, ça va beaucoup plus vite, il y a énormément de transitions, c’est plus physique”, remarque le gamin de Pézenas (Hérault), qui a fait du chemin.

“Il faut que je muscle mon jeu”

“Je suis né à Béziers, j’ai grandi à Pézenas, mes parents vivent encore là-bas. J’y ai joué jusqu’à 12 ans puis je suis passé à l’AS Béziers”, rembobine-t-il.

Son père travaille dans les vignes, et sa mère était femme de ménage, “mais elle a arrêté”, explique Adli.

Puis le joueur a rejoint le pôle Espoir de Castelmaurou, dans la banlieue de Toulouse, avec déjà des certitudes pour l’avenir: “j’avais déjà signé au Téfécé”, explique-t-il.

Désormais en Bundesliga, “je prends des cours d’allemand, mais je m’exprime plutôt en anglais pour l’instant”, note-t-il.

L’Allemand, c’est encore difficile, en anglais, il se met “6,5 sur 10, allez, 7”, rigole-t-il. Mais il est surtout “bien intégré avec Moussa (Diaby, ex-PSG), qui m’a beaucoup aidé”.

Il travaille beaucoup, notamment physiquement. “Il faut que je muscle mon jeu et donc que je muscle mon corps. Je pense que je suis toujours en phase d’adaptation, mais j’ai eu pas mal temps de jeu. Je n’ai pas encore pas pu exprimer toutes mes qualités, on n’a pas encore vu le meilleur Adli”. Mais il est sur la bonne voie s’il continue à cartonner avec les Bleuets.